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- Affaires municipales -

Gestion des déchets à Saint-Armand

Vie (d’ange) municipale
Daniel Boulet et Pierre Lefrançois

Dans ce numéro, et dans ceux qui suivront, nous nous attacherons à expliquer les enjeux qui entourent la gestion des déchets dans le monde, au Québec et à Saint-Armand. Histoire d’aider chacun de nous à bien comprendre ce qu’il en retourne et de nous permettre de prendre, collectivement, des décisions éclairées.

Autrefois, on considérait les déchets, quelle que soit leur nature, comme des choses qu’il pressait de faire disparaître de notre vue. Les moyens utilisés pour en disposer n’importaient guère. Mais les temps changent et la gestion des déchets doit désormais tenir compte d’une foule de facteurs : environnement, économie, santé publique, etc.

Les dépotoirs sauvages sont désormais strictement interdits, on ne peut plus brûler ses déchets sur son terrain comme on le faisait autrefois, ni les entreposer dans un coin « plus ou moins discret » de sa propriété ou de sa terre. Les citoyens du monde entier sont aujourd’hui confrontés à la nécessité d’apprendre à trier leurs déchets : ceux qui peuvent être recyclés, ceux que l’on peut composter et ceux qu’il faudra faire enfouir ou incinérer convenablement, c’est-à-dire d’une manière qui causera le moins de dommage possible aux nappes d’eau souterraines, aux cours d’eau et à l’air que nous respirons. Parce qu’on n’a plus le choix.

Une responsabilité municipale de poids

Qui donc est responsable de la gestion des déchets au Québec ? Ce sont les municipalités, les petites comme les grandes. C’est dans le cadre de l’exercice de cette responsabilité que le conseil municipal de Saint-Armand a récemment décidé d’acheter, au coût d’environ 195 000 $, un camion d’occasion destiné au ramassage des déchets domestiques.

Pour l’heure, le véhicule en question assure le ramassage des bacs de recyclage et des bacs d’ordures ménagères à enfouir. Ce qui a pour nom la « cueillette à deux voies ». Mais il est clair que nous devons nous orienter, aussi rapidement que possible, vers une « cueillette à trois voies », qui inclura également le compostage des matières organiques. Ce qui se fait déjà dans plusieurs municipalités du Québec, de même qu’un peu partout dans le monde.

Et on n’a pas encore mentionné les autres catégories de déchets : résidus de construction, déchets encombrants (gros meubles, électroménagers, matelas, etc.), appareils électroniques ou informatiques, déchets dangereux (peinture, piles électriques, bonbonnes de produits divers, médicaments périmés, huiles à moteur, etc.), qui n’entrent dans aucune des catégories précitées. On n’a pas non plus mentionné les déchets commerciaux ou industriels, y compris ceux des fermes qui sont, il faut en convenir même si l’on consent à leur accorder un statut particulier, des entreprises industrielles

Toutes ces choses doivent donc être gérées par nos élus, à même l’argent de nos taxes municipales. Ça nous concerne donc tous au premier chef.

Quelques chiffres pour commencer

À l’échelle de la province, les municipalités réclament à l’unanimité le financement par Québec de la construction d’usines de compostage, dont elles auraient besoin pour commencer enfin à collecter les matières organiques sur tout le territoire et faire en sorte que le Québec atteigne l’objectif prévu de 60 % de réduction des déchets à la source. Objectif que l’on aurait dû atteindre en 2008 selon le plan national…mais bon. Chaque Québécois génère environ 180 kg par année de matières organiques, composées de résidus alimentaires, de feuilles mortes, de rognures de gazon et autres matières compostables. Il contribue ainsi à la génération d’environ 1,3 million de tonnes de matières organiques provenant du secteur résidentiel. De ce tonnage, un peu plus de 100 000 tonnes, principalement des résidus verts, étaient récupérées en 2006 pour des fins de mise en valeur, ce qui représente un faible taux de récupération de 8 %. On est très loin du compte !

Les municipalités demandent aussi au gouvernement provincial de payer pour la construction d’usines thermiques qui devront prendre la relève des sites d’enfouissement vers l’an 2020. Rappelons que dès le 1er janvier 2009, plusieurs sites d’enfouissement du Québec devaient fermer, faute de pouvoir se conformer aux normes visant à protéger la santé publique et l’environnement.

Il n’y a pas, aujourd’hui, d’infrastructures en quantité suffisante pour traiter les quelque millions de tonnes de matières potentiellement valorisables au Québec. Il faut donc construire des sites capables de les accueillir et de les valoriser. Et il faudra financer ces infrastructures à l’échelle nationale. Elles devront être gérées à l’échelle régionale. Et les municipalités, les petites comme les grandes, devront y participer. Un bon chantier collectif qui pourrait contribuer à parer aux effets dévastateurs de la crise économique en cours, si on s’y mettait dès maintenant. Ce qui donnerait du travail à plusieurs personnes de la région et contribuerait à solutionner, à long terme, une bonne partie des problèmes associés à la gestion municipale des déchets.

Chez nous

Dans notre région, les déchets qui ne sont pas recyclés sont enfouis sous terre. Le site d’enfouissement le plus important est situé à Cowansville (rang Saint-Joseph). Il est géré par quatre municipalités : Dunham, Cowansville, Bedford et Farnham. Ce site, qui a pour nom Régie Intermunicipale d’Élimination de Déchets Solides de Brome-Missisquoi (R.I.E.D.S.B.M.), se conforme à toutes les normes e n v i r o n n e m e n t a l e s nationales et fédérales en matière de protection de l’environnement et de la santé publique. La municipalité de Saint-Armand débourse à peu près 30 000 $ par année pour enfouir nos déchets à cet endroit. Le ramassage des ordures coûte aux environs de 60 000 $ et il faut compter quelque 27 000 $ pour le traitement des matières recyclables. Dans l’ensemble, la gestion des déchets coûte actuellement dans les 120 500 $ par année aux Armandois (soit environ 6 % du budget municipal) et cette somme est appelée à croître par la force des choses.

Saint-Armand compte un peu plus de 1 200 âmes vivant dans moins de 700 résidences éparpillées sur un vaste territoire. Ça représente une « ronne » d’environ 140 km chaque fois que le camion de la municipalité doit ramasser l’un de nos bacs (recyclage, ordures et bientôt matières compostables). En 2008, les collectes d’ordures domestiques à Saint-Armand ont produit quelque 625 080 kg de déchets qui ont été enfouis à Cowansville. Il y en avait presque deux fois moins en 2005. On peut se demander pourquoi, puisque la population de la municipalité est loin d’avoir doublé. Pour la même période, l’ensemble des municipalités voisines (incluant, en plus de Saint-Armand : Notre-Dame, Saint-Ignace, Pike River, Stanbridge-Est et Stanbridge-Station) connaissait une hausse globale de l’ordre de 10 %. On peut raisonnablement penser qu’autre chose que des ordures ménagères d’Armandois a ainsi été ramassé et enfoui à nos frais.

Les défis d’aujourd’hui

Nos élus municipaux doivent donc trouver le moyen de fournir à leurs contribuables des services visant à leur permettre de se débarrasser adéquatement de tous les types de déchets qu’ils produisent. Dans le domaine résidentiel aussi bien que dans les secteurs commerciaux et industriels, secteur agricole y compris. Ils doivent non seulement le faire au meilleur coût possible, mais aussi en tenant compte des exigences environnementales actuelles. Ils doivent notamment faire en sorte de réduire rapidement les quantités de déchets à la source et faire preuve d’ingéniosité pour que ça ne nous coûte pas trop cher.

Dans les prochains numéros du journal, nous tâcherons de voir si la stratégie adoptée par nos élus est en mesure de livrer la marchandise et nous explorerons les diverses voies qui pourraient nous permettre d’y arriver.

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