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- Chaîne d'artistes -

Tali fait des bonhommes

Tali est une jolie rousse que j’ai rencontrée en 1992 au Continental, sur la rue Saint-Denis dans le cadre d’une réunion d’auteurs qui allait donner naissance au magazine de bande dessinée Iceberg. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et Iceberg a fondu. Délaissant la BD, Tali s’est dirigée vers le dessin animé.

Comment t’es-tu retrouvée à l’ ONF ?

C’était lors d’une entrevue pour un travail d’illustration : la dame a regardé mes dessins et m’a demandé si j’avais déjà fait de l’animation. J’ai répondu que non et que je n’y avais jamais pensé. Elle m’a dit : « bin, tu devrais parce que ton style de dessin s’y prêterait bien ». Elle m’a donné le nom d’une productrice du studio anglophone de l’ONF Je l’ai appelée et quand je suis arrivée au rendez-vous, il y avait cinq personnes autour d’une table. On m’a demandé si j’avais du matériel filmé à leur montrer, j’ai dit : « non, j’en ai jamais fait ». Alors la productrice a choisi un de mes dessins en me demandant de revenir avec un petit bout de film.

Au deuxième rendez-vous, j’avais huit secondes à lui présenter et là, comme j’ai vu qu’elle était impressionnée, je me suis dit : faut que tu mettes le pied dans la porte. J’ai demandé si je pouvais m’installer dans un local pour continuer mon dessin animé comme apprentie. Un des réalisateurs qui était présent m’a dit qu’il avait de la place dans son bureau. J’ai donc pu continuer ; je n’étais pas payée mais j’étais heureuse. Au bout d’un moment, ils m’ont donné un petit contrat rémunéré pour faire de la recherche de scénario. Là j’étais super heureuse ! J’avais trouvé une idée pour un film dont l’action se passerait sur une plage, ce qui me permettait de dessiner des bonhommes de différentes morphologies. J’ai écrit mon scénario, mais ça en est resté là parce que le studio ne montrait pas d’intérêt à produire le film.

Heureusement quelqu’un m’a appris que le studio d’animation francophone organisait un concours qui s’appelait « cinéastes recherchés ». Pour pouvoir s’inscrire, il fallait avoir un story board et un bout de film. J’avais les deux. Je me suis inscrite, j’ai soumis un projet et j’ai gagné. C’est comme ça que j’ai réalisé  À l’ombre. Pendant l’élaboration du film, j’ai travaillé avec Fernand Bélanger qui était le monteur, puis il est plus devenu mon mentor. Plus tard, René Lussier est venu faire la musique et j’ai encore travaillé avec eux pour mes deux films suivants.

Et de quoi tu parles dans tes films ?

Bien qu’il soit muet, À l’ombre parle de la couche d’ozone. La pirouette, c’est sur la façon de consommer la nourriture et sur la distance entre ce qu’on cultive ou qu’on élève, et ce qui se retrouve dans notre assiette. Mon troisième, c’était Madame Poule, un film sur les mamans qui doivent gérer les caprices de leurs enfants. Et là, je suis en production pour un nouveau film.

Ta façon de travailler ?

Je dessine sur papier, je photographie chaque dessin et je les envoie dans un ordinateur pour un remontage et aussi pour vérifier si l’animation est correcte.

Quel est le côté le plus plaisant dans ce métier ?

C’est quand on voit le dessin qui prend vie, surtout lorsqu’on arrive à l’étape du son. Puis, on est pas restreint par la réalité dans le propos du film : tu peux faire tout ce que tu veux et tu te sens comme un dieu, vu que c’est toi qui contrôle tout. Ce qu’il y a d’agréable aussi, c’est qu’il m’arrive d’être invitée à l’étranger pour des festivals et de rencontrer d’autres réalisateurs.

Le plus difficile ?

Pour créer un mouvement, tu dois dessiner cent fois le même bonhomme. Ce qui est platte aussi, c’est lorsque t’as fini ton film : t’as plus d’emploi, pas de chômage, rien. Il faut soumettre un autre projet en espérant qu’il sera accepté.

Tali, on arrive au bas de la page, c’est le moment de la question qui tue : c’est quoi ta démarche artistique ?

Dans ma belle campagne de Dunham, je me lève le matin, je me fais des toasts, pis je vais faire des bonhommes.

Vous pouvez voir ses films sur le site web de l’ONF

http://www.onf.ca/film/a_l_ombre/

http://www.onf.ca/film/chez-madame-poule

http://www.onf.ca/film/pirouette

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