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Carole Dansereau, artiste en devenir

Hélène Lessard

On ne naît pas artiste, on le devient. Érasme

Depuis quand sais-tu que tu es une artiste ?

Je trouve très difficile de m’afficher comme artiste, car cela nécessite de définir l’art. Je me définirais plutôt comme une artiste en devenir ! Si être artiste, c’est être capable d’exprimer ses préoccupations, ses croyances, ses émotions qui sont de l’ordre de l’universalité et qui touchent les gens, que cela soit à travers différents domaines – la poésie, la littérature, l’écriture, la danse, la musique, la peinture, la sculpture, le jardinage, l’alimentation, les arts visuels et j’en passe – alors je peux dire que oui, je suis artiste. J’essaie de créer ma vie en touchant à plein de choses. Le plus souvent, j’essaie de me déstabiliser en sortant de ma zone de confort. C’est comme cela que je me sens vivante, que je sens que j’appartiens à ma communauté et que j’y suis enracinée.

Toute petite, j’aimais utiliser les crayons de couleur et la peinture, mais les commentaires de certains de mes éducateurs m’ont fait comprendre que je n’avais pas les talents en dessin pour poursuivre dans ce sens là. Comme j’aimais chanter et qu’on disait de moi que j’avais une belle voix, alors j’ai chanté à l’église, dans différentes chorales dont la dernière, Le Chœur des Armand. J’aimais également la danse et, jeune adulte, je dansais avec différentes troupes (danse moderne, africaine, baladi). Ces modes d’expression devenaient pour moi une façon d’exprimer mes émotions, de partager une vision du monde et de me sentir unie et en relation intime avec les autres. Je ressentais ainsi mon humanité.

Par quel biais as-tu fini par accepter de t’adonner à la créativité ?

Ayant choisi le métier d’enseignante, puis de directrice d’école, j’ai eu la chance de côtoyer des enseignants extraordinaires, des gens investis et remplis d’une mission, des personnes passionnées qui ont accepté de partager leurs multiples intérêts, dont celui voué au domaine artistique. Ce fut pour moi une révélation. J’ai compris que je pouvais moi aussi m’exprimer par le biais des arts visuels.

Je me suis donc inscrite à divers ateliers de créativité. Le premier se déroulait à Montréal à l’Atelier Sfumato avec l’artiste Carole Pellerin. Puis, j’ai rencontré Seymour Segal, artiste très connu avec qui j’ai suivi pendant plusieurs années des ateliers qui, sans aucun doute, m’auront permis de comprendre l’importance du processus dans la réalisation d’une œuvre artistique.

Plus tard,  j’ai cherché à intégrer différentes techniques. Je me suis donc inscrite aux ateliers d’estampes en apprenant le monotype et la gravure sur bois offerts par Bernice Sorges, artiste de Dunham reconnue internationalement. Entre-temps, j’ai suivi des ateliers avec Marie-Claude Bouthillier, à Montréal, une artiste en arts visuels dont les œuvres figurent dans plusieurs institutions et musées du Québec et avec qui j’ai appris à travailler avec différents médiums, sur différents supports.

Pour parfaire mes connaissances, je me suis inscrite, quand j’ai pris ma retraite en 2011, à un certificat en arts visuels à l’université Bishop, puis au diplôme de 2e cycle en art-thérapie à l’Université du Québec. Mais je n’ai pas complété ces deux formations, car j’ai fait le choix de m’investir totalement et sans contraintes pédagogiques à la réalisation de projets artistiques. Ayant découvert, par l’université, le monde du textile, j’ai suivi diverses formations sur la sculpture en feutre dont une avec Marjolein Dallinga, conceptrice de costumes pour le Cirque du Soleil, et plusieurs autres formations avec Élisabeth Wannaz, artiste en art textile de notre région, reconnue pour ses magnifiques chapeaux et pour sa confection de vêtements plus originaux les uns que les autres. J’ai également participé à des ateliers mensuels à Dunham avec l’artiste Hélène Lessard. Là, j’ai rencontré d’autres collègues avec qui nous avions la possibilité de vivre, de partager et d’échanger sur différentes techniques artistiques.

Tu habites la région depuis longtemps ?

« Ayant habité en banlieue sur la rive sud de Montréal jusqu’en 2000, j’ai choisi de m’établir sur une petite fermette à Notre-Dame-de-Stanbridge. J’ai appris à cultiver et à prendre soin de nos quatre jardins, du verger, en plus de faire l’élevage de petits animaux dont j’avais une très grande peur. J’ai appris à cuisiner tous ces produits extraordinaires que la ferme nous donne et à surmonter certaines peurs liées, notamment, à la conservation des légumes par la lactofermentation, pratique culinaire alors inconnue parmi mon entourage.

Ne sachant pas ce qui m’attendait, je me suis lancée en politique municipale. J’en suis maintenant à mon deuxième mandat comme conseillère à Notre-Dame. Je suis également collaboratrice depuis trois ans pour le journal de ma municipalité et pour le journal Le Saint- Armand, pour lequel je rapporte les activités de Notre-Dame et contribue à la chronique Gens d’ici, un défi que je me suis donné concernant cette forme d’écriture. »

Tu es une personne éclectique… Comment arrives-tu à concilier autant d’activités ?

Ça m’amène forcément à partager mon temps entre les arts visuels et mes autres champs d’intérêts. En arts comme dans ma vie personnelle, je recherche la manière dont je vais représenter ou exprimer ce que je ressens. Je me considère comme une artiste en arts visuels, car je m’exprime en deux ou trois dimensions au moyen de différents médiums : textile, feutre, soie, acrylique, monotype, gravure sur bois, selon le sujet.

Le contexte social et environnemental dans lequel nous évoluons m’interpelle et cela demeure, assez souvent, mon sujet de prédilection. Très intuitive et mue par le désir de dire quelque chose, je crée en laissant émerger l’imaginaire.

À l’écoute de la spontanéité du geste et de la fluidité du mouvement, je revisite ensuite l’essentiel de ma réalisation. Aussi, je m’amuse à déconstruire, reconstruire et amalgamer différents matériaux de récupération ou autres et à intégrer diverses techniques. Enfin, j’aime bien me provoquer et déstabiliser l’observateur de mes œuvres. L’humour, le côté enfantin et la recherche de situations opposées caractérisent le sens de ma recherche artistique.

Dans tout ce processus de création, j’éprouve et ressens un réel sentiment de liberté. D’ailleurs c’est la partie que je préfère. Si nous faisons une analogie avec les saisons, je préfère nettement le printemps, où nous semons, travaillons le sol, rêvons et anticipons ce que nous allons récolter que l’automne, où nous récoltons le fruit de nos labeurs. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme ça.

J’imagine que c’est ça aussi l’art : apprendre à mieux se connaître.

Mais, en tant qu’artiste, est-ce que tu exposes tes œuvres ?

Je participe à des expositions collectives ici dans la région, sur la rive sud, à Montréal et des expositions annuelles avec les membres de Encreguenille du Studio Bernice Sorges. Avec deux autres artistes, j’ai participé à une exposition d’estampes au salon Senthé à Montréal. Je ne sais pas quand je vais faire une exposition solo. Pour le moment, cela ne fait pas partie de mes priorités.

 

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