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- Affaires municipales -

Saint-Armand hérite d’un coin de paradis  

Marie-Hélène Guillemin-Batchelor

Photo : Marie-Hélène Guillemin-Batchelor

La Falaise de Saint Armand, cet îlot de maisons perchées dans la forêt sur le début de la montée du Vermont, est située entre Philipsburg et la frontière canado-américaine.

Bâti dans les années 1950, l’endroit était alors un domaine privé qui, dès 1962, fut administré par ses résidents réunis au sein d’une association corporative. Dans les années 1990, il en coûtait annuellement environ cinquante dollars par résidence pour assurer l’entretien des chemins et le déneigement des rues, à l’exception de la route principale qu’on a asphaltée et dont la municipalité avait la responsabilité.

L’Association de La Falaise possédait des bouts de terrains dont certaines parcelles abruptes ont été aménagées en escaliers et entretenues afin de ménager un accès au lac Champlain. Ces voies d’accès, qui sont inscrites dans l’acte de vente de la plupart des résidents, constituent un atout majeur pour qui veut descendre pêcher, faire du kayak ou méditer sur un bout de rocher.

Les réunions de l’association avaient pour but d’assurer le bien-être de ses résidents.  Par exemple, il avait été résolu de ne pas ériger de lampadaires dans les rues afin de conserver le privilège d’observer les étoiles, ce qui est de plus en plus rare et précieux de nos jours, l’éclairage artificiel étant par ailleurs, comme on le sait maintenant, un facteur de stress pour l’être humain et pour les animaux.

Un demi-siècle plus tard, les résidents de La Falaise ont pris de l’âge et l’intérêt pour l’association s’est effrité. Quant aux nouveaux arrivants, ils ne trouvaient pas d’intérêt dans une association et ne voyaient pas d’inconvénient à abandonner l’idée de vivre dans un domaine privé. En juin 2009, les administrateurs de l’association ont décidé de remettre le domaine de La Falaise à la municipalité de Saint-Armand. Et tout ce qui venait avec : les parcelles de terrain, les accès au lac, l’étang, ainsi qu’un encaisse de 8 000 $. Les résidents ont été consultés et ont voté majoritairement en faveur de la cession.

Cependant, l’Association de La Falaise ayant négligé, après 2009, d’actualiser sa corporation, cette dernière est devenue inactive. Par conséquent, elle ne pouvait légalement être dissoute. Pour que la municipalité puisse en prendre possession, des délégués désignés ont dû la réactiver pour ensuite la dissoudre. Il a fallu deux ans pour réunir les documents et les mettre à jour.

Donc, le 25 juin dernier, les résidents de La Falaise ont été convoqués afin de finaliser la dissolution de l’Association de La Falaise. Le maire Réal Pelletier a demandé aux résidents présents s’ils avaient des suggestions d’aménagements ou d’améliorations futures pour cet endroit un peu sauvage qui fait partie du sanctuaire d’oiseaux de Phillipsburg et que l’on peut maintenant appeler un quartier de Saint-Armand.

Il a été convenu que, au lieu des chemins de cailloux blancs à l’allure campagnarde, on préférait l’asphalte. On a suggéré d’installer des panneaux de signalisation d’arrêt à chaque coin de rue et d’embellir de fleurs l’entrée du quartier. La majorité des résidents présents a approuvé ce projet. Il a été impossible d’avoir une idée du coût que cela occasionnerait et on ignore encore si les taxes municipales connaîtront une hausse consécutive. Nous l’apprendrons lors de la publication du prochain budget municipal, à la fin de décembre 2011.

Il a été vaguement question de la réfection des accès au lac, sans rien de très concret pour l’heure. On a aussi parlé de chiens qui jappent et de vitesse excessive sur nos routes…

On n’a pas encore soulevé la question de l’épandage hivernal de fondants et d’agrégats sur les chaussées qui seront pavées. Les fondants seront-ils inévitables ? Si oui, auront-ils un impact sur l’eau de nos puits et celle de la baie ? Affecteront-ils la qualité de nos promenades pédestres hivernales ?

Il n’a pas encore été question, non plus, d’une solution quelconque pour contrer le bruit incessant des trains routiers de la route 133, laquelle deviendra bientôt une autoroute. Il y a environ 5 ou 6 ans, un épais boisé protégeait les résidents du bruit de la circulation. Celle-ci ayant été rasée, la tranquillité de l’endroit a disparu avec les arbres. La quiétude des nuits sur La Falaise en est sérieusement affectée : le chant des rainettes ou des ouaouarons et le hululement lointain du hibou sont couverts par la pollution sonore provenant de la route.

Il serait peut-être envisageable, comme on le fait souvent aux abords d’autoroutes à haute densité de camions, d’ériger un mur anti-bruit pour permettre à cet endroit charmant de retrouver le calme de la campagne. Il n’est jamais trop tard pour rétablir le droit à la quiétude et au bien-être.

Il est permis d’espérer que nos élus y verront avec sagesse au cours des mois qui viennent et que les résidents de La Falaise seront régulièrement consultés au sujet des aménagements devant assurer la préservation de ce petit coin de paradis.

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