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- Édito -

On sait jamais

Éric Madsen

Le 2 novembre dernier avaient lieu les élections de mi-mandat chez nos voisins du sud, avec le résultat que l’on connaît désormais. À travers certains États, en plus de l’élection des candidats aux postes du Sénat et à la Chambre des représentants, des référendums étaient imposés aux électeurs. L’un d’entre eux, la proposition 19 de la Californie, a été plus médiatisé que les autres. S’il avait été accepté par la population, ce projet de loi aurait décriminalisé la possession (dite raisonnable) de marijuana. Un lobby bien organisé veillait à promouvoir son adoption et, le jour du scrutin, aux abords des bureaux de vote, les pro-pot scandaient : « Yes we can… nabis ! » Toutefois la proposition 19 a été rejetée.

Au même moment se poursuivait à Sherbrooke le procès d’Armandoises et d’Armandois accusés d’en faire le trafic.

Ce n’est pas d’hier que le débat soulève des questions morales. Au Canada, tout comme dans certains États américains, la possession de mari à des fins thérapeutiques n’est plus un crime. Les résultats d’études sérieuses démontrent qu’il n’est pas plus néfaste de fumer un joint que de prendre une bonne cuite. Selon des analystes, un État qui prendrait le contrôle de la vente de cannabis pourrait y trouver son compte. Il économiserait en frais juridiques (on parle de six millions de dollars pour le procès de nos concitoyens), couperait l’herbe (sans jeu de mot) sous le pied des producteurs et des trafiquants, et pourrait engranger des revenus se chiffrant en millions. Utopique peut-être, mais pas si fou que ça. L’UPA pourrait recruter de nouveaux membres, la SAQ, embaucher du personnel supplémentaire pour la vente au comptoir, la SQ, avoir plus de temps pour chasser les voleurs de grand chemin et patrouiller notre territoire, Revenu Québec, taxer un nouveau produit, Agriculture Québec, engager d’autres agronomes. On pourrait voir des reportages à la Semaine verte, désengorger les tribunaux, faire mal aux Hell’s, rendre le monde peut-être moins violent, qui sait…

Le Mexique s’est réjoui du fait que la proposition 19 n’ait pas été adoptée. Drôle de discours pour un pays qui, dans sa lutte contre les narcotrafiquants, se trouve aux prises avec les pires difficultés humaines. (Rien que cette année, 10 000 meurtres ont été imputés aux guerres que se livrent les cartels de la drogue.) Moins violent…chapeau ! Et bonne chance à cette mère de famille dans la jeune vingtaine qui, dernièrement, a accepté le poste de chef de police dans l’une des villes mexicaines les plus criminalisées. Dans le combat contre le crime organisé, les femmes auraient-elles une approche moins répressive, plus près des gens, plus près des jeunes ?

Après la défaite, les pro-marijuana californiens ont laissé entendre qu’ils reviendraient avec encore plus de détermination aux prochaines élections, dans deux ans. Ici, on va sûrement encore dormir au gaz.

En passant, bonne année à tous et bonne lecture !

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