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Le SAM et son centre équestre

Mario Paquette, président du Centre, Michelle Pitre, bénéficiaire, et France Groulx, présidente de la Fondation Équestre Missisquoi. (photo : Franôis Renaud)

Pour la première fois depuis 18 mois, j’allais remettre les pieds dans ce bâtiment dont j’avais appris à apprécier les puissantes effluves en allant recueillir, pour le compte du journal Le Saint-Armand1, le témoignage de Mario Paquette, président du Centre équestre. À l’époque, monsieur Paquette tenait à remercier les membres de la Caisse populaire Desjardins de Bedford de leur appui financier, lequel lui avait permis d’investir 100 000 $ pour rafraîchir les écuries, réparer le toit du manège intérieur et construire dix nouvelles stalles pour accueillir des chevaux en pension.

Au cours de cette entrevue, j’avais appris que, en plus d’héberger des chevaux et de leur dégourdir les pattes pour le compte des propriétaires qui payent pension, Mario Paquette avait également une autre passion, l’équitation thérapeutique. Ce jour-là, il m’avait expliqué qu’il était l’un des rares instructeurs certifiés en équitation thérapeutique et qu’il achevait une formation qui allait bientôt lui permettre de former des instructeurs et des bénévoles. Il avait alors ajouté avec beaucoup de conviction que cette forme de traitement méconnu avait des effets bénéfiques, tant sur le physique que sur la psyché des patients.

Un peu plus d’un an plus tard, fidèles au plan d’affaires du Centre équestre, Christelle Bogosta, France Groulx, Mélanie Hains et Mario Paquette ont entrepris de créer la Fondation Équestre Missisquoi, et c’est pour nous informer de leur démarche que les fondateurs invitaient le public à un cocktail au cours duquel nous allions en apprendre davantage sur le fonctionnement et les objectifs de la fondation.

Dans un premier temps, France Groulx, qui en est la présidente, nous a appris que Mario Paquette faisait partie de la petite douzaine d’instructeurs certifiés en équitation thérapeutique au Québec, et qu’il était le seul membre masculin de ce sélect aréopage. À son tour, Mario allait nous apprendre que, suite à sa formation d’instructeur, il avait formé six thérapeutes pour l’entourer et que le Centre équestre de Bedford offrait actuellement des services d’équitation thérapeutique à une vingtaine de clients et qu’il était en mesure d’en accueillir une dizaine d’autres.

Prenant la parole à son tour, Michelle Pitre, un petit bout de femme dotée d’une énergie peu commune, allait témoigner de son histoire d’amour avec les chevaux : « Moi, je suis née avec le syndrome de l’ataxie de Friedrich, une maladie dégénérative d’origine génétique qui entraîne une incapacité à coordonner l’action des muscles et provoque des problèmes d’équilibre et d’élocution. »

Bang !

Cette simple petite phrase, prononcée d’une voix claire et sur un ton posé, portait une telle charge émotive que les larmes me sont montées aux yeux. Cette femme souriante, mère de deux grands enfants de 25 et 24 ans, se tenait fièrement debout devant les invités et nous racontait calmement les effets quasi-miraculeux qu’avaient eu sur elle ses séances d’équitation thérapeutique.

« Quand j’ai commencé à venir ici, je tenais difficilement sur mes jambes et j’avais peur de m’approcher d’un cheval, même pour le caresser. Aujourd’hui, j’ai non seulement du plaisir à brosser et bichonner mon cheval, mais j’arrive à monter seule et à me tenir debout dans les étriers. J’arrive même à me coucher sur le cheval et à faire divers exercices de coordination. Pour quelqu’un qui a été en mode échec depuis son enfance, je puis vous dire que le contact avec les chevaux a vraiment changé ma vie pour le mieux. Aujourd’hui, je parviens à faire des choses que je n’aurais jamais crues possibles… comme me tenir debout devant vous, toute seule, et oser prendre la parole en public pour vous raconter mon histoire ! »

Le témoignage touchant de Michelle Pitre visait à mette en lumière le puissant pouvoir thérapeutique du contact avec un cheval. Après sa présentation, Mario Paquette nous a parlé des bienfaits que l’équitation thérapeutique avait apportés à de jeunes autistes et à des étudiants qui éprouvaient des problèmes d’apprentissage ou qui avaient de la difficulté à développer leurs compétences sociales. « De fait, conclura-t-il, le véritable thérapeute dans cette relation c’est le cheval lui-même ! »

Plus tard, alors que j’écrivais ces lignes, mon attention a été attirée par une entrevue radiophonique que le comédien français Jean Rochefort accordait à l’animatrice Catherine Perrin de la SRC à l’occasion de la parution de son autobiographie. Au fil de cette conversation, le sympathique comédien a longuement parlé du profond équilibre que lui procurait la fréquentation des chevaux : dans sa jeunesse, c’est la pratique de l’équitation qui lui avait permis de surmonter une grave dépression, et c’est elle également qui allait contribuer à construire cette confiance en lui-même qui ferait qu’il oserait monter sur scène pour affronter le public. À l’âge adulte, cet amour des chevaux allait devenir le prétexte de sa longue amitié avec les comédiens Philippe Noiret et Jean-Pierre Marielle, et il lui offrirait même l’occasion unique, lors d’un diner officiel à l’Élysée, de converser longuement et sur un ton franchement confidentiel avec nulle autre que Sa Majesté Élisabeth II, elle-même grande passionnée de chevaux !

En somme, les nombreux bienfaits que peuvent apporter le contact étroit et soutenu avec les chevaux ne sont plus à démontrer et, tout comme Jean Rochefort ou la Reine Élisabeth, une femme comme Michelle Pitre, de jeunes autistes ou des adolescents en difficulté peuvent désormais profiter des propriétés thérapeutiques qu’apporte la fréquentation des chevaux. Cette belle démocratisation des bienfaits de la thérapie équestre se heurte toutefois à une barrière de taille : le clivage entre les moyens financiers des uns et des autres.

« En ce qui me concerne, racontera Michelle Pitre, je ramasse mon argent et je viens prendre une série de traitements ; quand la caisse est à sec, j’interrompt les traitements et je me mets en mode épargne. Ce n’est pas la fin du monde, mais il est clair que, durant les périodes où je ne peux pas m’offrir de séances de thérapie équestre, je cesse de progresser, même que je régresse un peu. »

« En somme, reprendra Mario Paquette, ici, au Centre équestre de Bedford, nous sommes en mesure d’offrir des services d’équitation thérapeutique à une clientèle qui ne cesse de s’élargir, mais dont les capacités financières ne lui permettent pas toujours de s’offrir les services de thérapeutes spécialisés. Et c’est précisément pour permettre au plus grand nombre de patients de profiter de nos services que nous avons eu l’idée de créer cette fondation. »

L’objectif de la Fondation Équestre Missisquoi consiste, dans un premier temps, à réunir autour d’elle un maximum de sympathisants convaincus des bienfaits de l’équitation thérapeutique ; comme l’abonnement coûte la modique somme de 2 $, les créateurs de la fondation sont confiants qu’ils pourront bientôt s’entourer d’un nombre significatif de membres qui épauleront ses actions. « Ce que nous visons à faire, nous expliquera Mario Paquette, c’est d’attirer un  maximum de membres, lesquels  constitueront une sorte de petite armée de bénévoles qui nous appuiera lors de la tenue de divers événements que nous comptons mettre sur pied. Ce sur quoi nous misons, c’est que ces activités que nous tiendrons au fil de l’année généreront des profits qui, eux, serviront à financer la mission de la fondation. »

Au cours des mois qui viennent, le journal Le Saint-Armand vous informera des diverses activités que tiendra la Fondation équestre Missisquoi ; en attendant, nous vous lançons l’invitation : sortez un « p’tit deux » et devenez membre ! Par ailleurs, si vous souhaitez donner davantage, ne vous retenez surtout pas… La fondation a le statut d’organisme de bienfaisance et peut vous remettre un reçu officiel pour fin d’impôts !

Nos lecteurs peuvent envoyer leur cotisation ou leur don à :

Centre équestre S.A.M.
17, rue Marzialli
Bedford, QC
J0J 1A0

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