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Le Québec festif

Éric Madsen

Caricature de Jean-Pierre Fourez

Si un Martien venait à atterrir au Québec durant l’été, il serait surpris et étonné de voir le nombre ahurissant de festivals qui se déroulent dans la belle province. L’un n’attend pas l’autre. Du festival western aux FrancoFolies en passant par les festivals du jazz, du rire, du cinéma, de la gibelotte, du chant marin, de la pomme de terre, voire même de la mouche noire, les occasions de fêter ne manquent pas.

Existe-t-il un festival de l’anguille sous roche ? Comment expliquer ce déluge d’occasions de faire la fête, si ce n’est la brièveté de nos étés et le besoin impérieux d’être dehors durant la belle saison.

Si notre martien se tapait tous ces festivals, imaginez un peu de quoi il aurait l’air à la fin. Deviendrait-il insomniaque (festival Nuits d’Afrique), obèse (festival de la poutine), alcoolique (festival de la bière), sourd (Kiss au festival d’été de Québec), diabétique (festival du sirop d’érable) ou encore paisible après le festival de la musique douce, voire contemplatif après celui du lancer de la tomate sur toile ? À quand le festival du fromage bleu suivi du festival des tracteurs à gazon ? Je propose que, sur le passeport des voyageurs étrangers qui arrivent à Dorval, une mention spéciale accompagne le tampon et qui se lirait comme suit : « Attention : vous pénétrez dans une zone de perturbation festive, pas toujours de bon goût, éclectique et qui ne dure que quelques mois. La modération est recommandée. » Car il faut bien l’admettre, la multitude de festivals au pays à de quoi donner le vertige. Bien qu’ils ne soient pas tous intéressants, ces événements ont le mérite d’être des « portes ouvertes » sur des localités qui autrement resteraient dans l’anonymat le plus complet. Qu’irions-nous faire à Saint-Tite en plein mois de janvier ?

Il n’y a pas si longtemps, nous avions ici un festival qui était promis à un bel avenir. Malheureusement, après trois éditions de festivités cinématographiques, la fête s’est terminée. Dommage ! Mais j’y pense, organisons un festival hivernal et non-participatif : le festival du poêle à bois, où chacun reste chez soi, les pieds au chaud, à bouquiner un bon livre.

Bonne fin d’été.

Éric Madsen

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