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- Édito -

Le fléau

Pierre Lefrançois

Il y a un an, à pareille date, nous ignorions ce qui s’apprêtait à nous tomber dessus. On croyait encore que ce « nouveau virus chinois » sévissait bien loin de chez nous et on n’y prêtait qu’une attention distraite. Ni le virus (SRAS-CoV-2) ni la maladie qu’il provoque (COVID-19) n’avaient encore été officiellement nommés. On ne comptait alors qu’environ 220 000 cas dans le monde et quelque 9 000 morts. Au Québec, on n’avait recensé que 94 cas et 1 seul décès. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) n’avait pas encore décrété qu’il s’agissait d’une pandémie.

Le 18 mars 2020, incrédules, les Québécois tombent des nues alors que le premier ministre François Legault leur annonce que « ça va bien aller » et qu’un Horacio Arruda encore inconnu les supplie de tout faire pour « aplatir la courbe » en toussant dans leur coude, en se lavant les mains et en pratiquant la « distanciation sociale », un concept dont on ignorait encore l’existence.

Puis est venu le grand confinement, ici comme presque partout ailleurs sur la planète, durant cette première vague de la pandémie. On prend alors l’habitude de compter les morts, chaque jour, surtout des aînés, notamment dans les CHSLD. En mai 2020, au pire de cette première vague, environ 125 Québécois meurent chaque jour de la COVID-19.

Ça se calme et on a droit à un certain répit en juillet, août et septembre, avant que la seconde vague arrive en octobre. Fin janvier 2021, on semble avoir passé le sommet de la courbe tandis que les vaccinations commencent au compte-gouttes. À l’échelle mondiale, depuis le début de la pandémie, plus de deux millions de personnes sont décédées après avoir été infectées par le virus. Au Québec, on s’approche de la marque des 10 000 décès. Il semble qu’il faudra attendre l’automne 2021 pour qu’une majorité de Québécois soient vaccinés, alors qu’on pense qu’une troisième vague pourrait nous frapper dès ce printemps, peut-être même en mars. Bref, on n’est pas sortis du bois !

Courage !

Fatigue, découragement, désespoir et déroute morale se font de plus en plus sentir autour de nous. C’est un terrain propice à l’affaissement du système immunitaire d’une part et au dérapage de la raison de l’autre, défaillances du corps et de l’esprit. Le corps est plus faible, moins résistant. L’esprit déjante, on manque de jugement.

Ce n’est surtout pas le moment de nous laisser aller. Pour survivre au fléau, il est impératif de garder courage. Malgré la fatigue, il faut éviter de s’effondrer. En dépit de la déroute morale, on doit prendre garde au délire. Sans le courage, le fléau aura raison de nous.

L’humanité n’en est pas à sa première catastrophe. Entre 1939, début de la seconde guerre mondiale, et 1945, date de l’armistice, on estime qu’environ 60 millions de personnes ont péri sous les affres du conflit, soit une moyenne de dix millions par année. Avec un peu de courage, nous survivrons aux deux millions de victimes de la COVID. Avec un peu de courage, nous ferons en sorte de limiter les dégâts au lieu de provoquer un dérapage qui ferait croître de manière exponentielle le nombre de décès.

Le mot « courage » vient de « cœur ». Ayons du cœur au ventre. Ayons le cœur de rester debout et sains d’esprit, par amour pour nous. On a le droit de trouver cela difficile, mais on n’a pas le droit de baisser les bras. Nier la réalité ou accepter la fatalité sans lever le doigt, c’est manquer de cœur, dans un cas comme dans l’autre.

Il y a de l’espoir tant que bat le cœur. Courage !

 

 

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