Annonce
Annonce
- Édito -

La lumière au bout du tunnel

Pierre Lefrançois

Caricature : Jean-Pierre Fourez

Comme beaucoup de régions rurales, l’Armandie est, depuis plusieurs années, aux prises avec la dévitalisation. Mais il se pourrait que la donne soit en passe de changer. Divers signes indiquent en effet qu’il pourrait exister une issue à la décroissance qui semble frapper inéluctablement nos campagnes : des jeunes d’ici, qui s’étaient exilés en ville pour étudier et démarrer une carrière, songent à revenir, des jeunes gens d’ailleurs ont aussi découvert la région et peuvent maintenant songer sérieusement à s’y installer, des bébés-boumeurs au bord de la retraite reluquent également l’endroit. Dans ce numéro du journal Le Saint-Armand, nous explorons ce phénomène, à l’intention des anciens du coin, des nouveaux arrivants et des gens de passage qui pourraient rêver de venir vivre avec nous.

En 2010, un sondage commandé par la coalition Solidarité rurale du Québec (SRQ) indiquait que plus de 700 000 adultes québécois vivant en zone urbaine envisageaient désormais de s’installer dans un milieu rural, dont près de la moitié dans les cinq années suivantes. La tranquillité de la campagne, le rapprochement de la nature et la fuite du stress de la ville étaient les principales raisons invoquées. Ces résultats étonnaient tellement Jacques Proulx qui, à l’époque, présidait SRQ, qu’il a demandé à ce que le sondage soit repris afin de s’assurer qu’il n’y avait pas d’erreur.

 « Ce portrait n’est pas unique au Québec, indique Mme Bolduc, l’actuelle présidente de SRQ. Dans tous les pays occidentaux, les régions qui se sont dépeuplées au profit des grands centres tendent désormais à se repeupler. C’est en partie en raison des bébés-boumeurs qui y retournent pour amorcer leur retraite, mais il n’y a pas que ça, les jeunes aussi s’y retrouvent… Les gens ont retrouvé de la fierté dans les régions et ont désormais foi en leur milieu ». Mme Bolduc croit que l’apparition de nouveaux leaders régionaux inspirants est certainement à l’origine de ce changement de cap. « Ces données montrent aussi que le travail des dernières années pour enrayer l’exode des régions commence à donner des résultats ».

Selon l’Institut de la statistique du Québec, ce sont les régions adjacentes à Montréal qui ont le plus profité de la migration interrégionale. Ainsi, avec des taux nets variant de 0,5 à 1 %, la Montérégie, les Laurentides, Lanaudière et Laval ont terminé l’année 2009-2010 avec plus d’habitants qu’elles en ont perdus. La Montérégie s’illustrait avec le plus grand gain d’habitants en valeur absolue, soit de 6500. Et, en 2014, la tendance se maintient toujours.

 « Cette inversion de tendance est un bon signal, souligne Claire Bolduc. Ce n’est plus vrai que les régions se vident de leur sang neuf. Nous sommes même devant un mouvement de fond qui va aller en s’accentuant à l’avenir. » L’ancien président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, soulignait volontiers que l’économie a profondément changé en raison de la mondialisation, et que les progrès en matière de techniques de communication ont fait disparaître la contrainte de la distance.

Des territoires ruraux comme notre Armandie, en proie à la dévitalisation, commencent à voir la lumière au bout du tunnel. Nos espaces vont se repeupler à un rythme accéléré au cours des prochaines années et nous serons de plus en plus nombreux à nous partager ce territoire. Faudra faire preuve d’ouverture, de solidarité et d’un impératif esprit de collaboration pour que ce développement territorial ô combien nécessaire se déroule de manière harmonieuse et durable.

Information et solidarité

Pour que le développement d’une région, avec tout ce qu’il implique de complexité, se déroule de manière harmonieuse et durable, deux ingrédients essentiels doivent être présents : l’information et la solidarité. Parce que pour agir de manière efficace, il faut d’abord savoir, connaître les données, pouvoir apprécier de manière aussi précise que possible le contexte dans lequel nous vivons ; le journal Le Saint-Armand fait son affaire de cet ingrédient. Ensuite, il faut que les citoyens (les nouveaux et les anciens), les élus, les institutions, les commerçants, les gens d’affaires et toutes les forces vives du territoire travaillent de concert pour que le développement du territoire puisse s’articuler de manière à répondre aux véritables besoins des gens d’ici. Cela se nomme « solidarité », « collaboration », « entraide » ou tout autre terme permettant de désigner ce second ingrédient indispensable.

Nous croyons fermement que, sans l’information et la solidarité, le développement durable du territoire de l’Armandie sera impossible ou deviendra une imposture innommable au service d’intérêts qui n’ont rien à voir avec les gens qui l’occupent. Nous méritons tous (nous sommes environ 12 000 âmes au dernier décompte) que naisse un esprit de corps territorial dans la région afin que chacun puisse y vivre paisiblement. Je suis Armand(e), tu es Armand(e) et nous allons nous entraider.

Laisser un commentaire

Nous n’acceptons pas les commentaires anonymes et vous devez fournir une adresse de courriel valide pour publier un commentaire. Afin d’assumer notre responsabilité en tant qu’éditeurs, tous les commentaires sont modérés avant publication afin de nous assurer du respect de la nétiquette et ne pas laisser libre cours aux trolls. Cela pourrait donc prendre un certain temps avant que votre commentaire soit publié sur le site.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Avez-vous lu?
Consulter un autre numéro: