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- Dossier Eau -

ON N’A PLUS L’EAU QU’ON AVAIT !

La Pollution de la Baie Missisquoi et de ses affluents
Louis McComber

Assemblée citoyenne organisée par Québec solidaire Brome-Missisquoi
Le 10 mars 2015, 19h3
Salle Georges Perron, 14,
rue Philippe-Côté, Bedford

Il existe au Québec environ un demi-million de lacs et 4500 rivières. À vol d’oiseau, la carte du Québec ressemble à une éponge parsemée de plans d’eau qui couvrent 12 % de son territoire. En s’approchant de ces plans d’eau toutefois, on se rend compte qu’on n’a plus l’eau qu’on avait !

Activités minières, foresterie, activités industrielles et agricoles ont transformé plusieurs de nos cours d’eau et lacs en égouts à ciel ouvert, même si des efforts considérables, mais de loin insuffisants, ont été consentis par les gouvernements pour contrer les impacts de l’activité humaine sur nos systèmes hydrauliques.

Brome-Missisquoi ne fait pas exception à ce diagnostic. Des organisations citoyennes se sont formées aux quatre coins du comté pour au moins attirer l’attention sur la dégradation de nos plans d’eau à Waterloo, Lac Brome, Bromont, Cowansville, Frelighsburg, Philipsburg, Bedford, en tentant de mettre en place des mesures d’assainissement des milieux aquatiques. Un rapport publié en 2011 par le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) indique que 11 plans d’eau étudiés pour le bassin versant de la Yamaska avaient été infestés par une fleur d’eau d’algues bleu-vert.

Le journal Le Saint Armand a publié dernièrement une série d’articles sur la pollution aquatique de la Baie Missisquoi et de la rivière aux Brochets dans lesquels on apprend que l’usine d’eau potable de Bedford, qui pompe son eau de la Baie Missisquoi, a été contaminée par des cyanotoxines et que des avis de non-consommation ont été émis en 2002 et 2011. Au cours des dernières années, les municipalités de Notre-Dame-de-Stanbridge, Stanbridge East et Frelighsburg ont aussi fait face à de sérieux problèmes de pollution de leur approvisionnement en eau potable par des coliformes fécaux.

Certes, des berges bétonnées ou gazonnées, des installations septiques inappropriées, des terrains gavés d’engrais et de pesticides contribuent à cette pollution. Cependant, cette pollution provient surtout du type d’agriculture pratiquée dans la région depuis une cinquantaine d’années, qui a fait disparaître les petites fermes familiales au profit d’une agriculture industrielle beaucoup plus mécanisée et ayant recours à des quantités toujours plus grandes d’engrais et de pesticides (herbicides, insecticides, fongicides…), commandant des investissements de plus en plus importants qui mettent souvent les agriculteurs à la merci de leurs institutions financières. Ce modèle d’agriculture industrielle est aussi responsable d’une forte empreinte carbone à cause de sa grande dépendance vis-à-vis du pétrole pour faire tourner la machinerie, mais aussi des engrais et pesticides qui sont des produits dérivés du pétrole.

Cette orientation agricole encadrée et soutenue par l’État est un moteur important de l’économie de notre comté. Comment sortir de cette impasse écologique ? Peut-on ménager la chèvre et le chou ?

Pourquoi Québec solidaire Brome-Missisquoi ?

L’analyse générale que fait Québec solidaire de la gestion de l’État québécois, est que les politiciens des grands partis se soumettent trop souvent aux dictats d’intérêts privés au détriment du bien public. Sous prétexte de politiques d’austérité, les services rendus à la population par le secteur public se précarisent, marginalisant les moins bien nantis tandis que les plus fortunés se tournent vers l’entreprise privée pour acheter des services en santé ou en éducation par exemple. La recherche de solutions pour contrer la dégradation rapide des écosystèmes, directement tributaire de nos modes de production, souffre aussi d’un sousinvestissement public voire d’un désintérêt politique, menaçant la vie même en société.

Le type de développement économique soutenu par les États, canadien et québécois, au cours des 50 dernières années dans les domaines minier, forestier, agricole et certainement dans le développement du tissu urbain ont produit des dommages écologiques considérables tant dans l’ensemble du Québec, que dans notre propre comté. Peut-on encore boire l’eau du robinet ? Manger les poissons de nos innombrables cours d’eau ? Se lancer à l’eau avec les enfants par une belle journée d’été ? Faire confiance aux produits alimentaires vendus dans nos grandes surfaces ? Respirer l’air des villes ?

Comment s’engager dans un développement économique qui ne détruirait pas nos écosystèmes ? Qui n’accélèrerait pas le changement climatique, par exemple ? Poser ces questions, c’est déjà replacer l’intérêt général, social et planétaire devant celui des multinationales et des grands groupes financiers qui, au nom du profit et de leur valeur en bourse, contribuent largement à la destruction des habitats où nous vivons tout en marginalisant de larges secteurs de la population.

Ceci étant dit, Québec solidaire Brome-Missisquoi convoque cette assemblée citoyenne pour être à l’écoute de ceux et celles qui sont directement affectés et concernés par la dégradation écologique de nos milieux de vie.

Panelistes invités

Cette assemblée publique veut poser ces questions à l’échelle de notre comté. Comment se portent nos écosystèmes et particulièrement la baie Missisquoi, qui borde la limite ouest de Brome- Missisquoi ? Quels sont les efforts déployés pour ralentir tout au moins cette dégradation de nos écosystèmes ? Que pouvons-nous faire de plus ? En faisons-nous assez ? Mais aussi, quelle est la responsabilité politique de l’État québécois pour ce qui est de redresser la situation.

Pour nous engager dans cette discussion, nous avons invité :

Pierre Lefrançois  : rédacteur en chef du journal Le Saint-Armand qui a publié la série de dossiers sur la pollution de la Baie Missisquoi et de son bassin versant.

Richard Lauzier  : agronome à la retraite, qui s’est directement impliqué dans d’importantes mesures d’assainissement des cours d’eau et dans l’aménagement des bandes riveraines.

Louise Gratton  : biologiste et écologiste, secrétaire du Corridor appalachien qui propose des mesures pratiques de conservation des écosystèmes.

Louise Vandelac  : professeure à l’Institut des sciences de l’environnement, de l’UQAM, co-directrice de la revue scientifique Vertigo, et co-fondatrice d’Eau Secours. Elle a travaillé sur les enjeux et les impacts de l’agroindustrie sur la santé des écosystèmes hydriques et la nôtre.

Louis McComber  : anthropologue et membre du Comité de coordination de Québec solidaire Brome- Missisquoi se chargera de l’animation de la soirée.

Renseignements  :
Louis McComber
l.mccomber@serpentine.ca
(579) 436-8010

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