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Manuel d’agriculture biologique sur petite parcelle

Mathieu Voghel-Robert

Jean-Martin Fortier

Un événement hors de l’ordinaire s’est déroulé en septembre dernier. Un agriculteur, de Saint-Armand en plus, était en pleine tournée médiatique. D’abord à RDI Économie en entrevue avec Gérald Fillion le 14, puis à Médium large à la radio de la SRC le 17.

Le 30 août dernier, le propriétaire de la Grelinette lançait Le jardinier-maraîcher, Manuel d’agriculture biologique sur petite surface à la Maison du développement durable à Montréal. Sous la bannière d’Écosociété, le livre se veut une référence pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans le bio maraîcher avec peu de moyens. « Fait par un agriculteur pour les agriculteurs », affirme fièrement son auteur, Jean-Martin Fortier.

Il a été le premier surpris de l’invitation et de l’intérêt de la tête d’affiche « économie » de la société d’État. « C’est vraiment rare qu’on voie un agriculteur à RDI Économie », rigole-t-il. Mais il en est très heureux. C’est une émission phare de la chaîne d’informations continue et ça lui a donné une bonne visibilité. « J’ai même appris que Gérald prenait des paniers de légumes à la Grelinette l’an dernier, poursuit-il. »

L’idée du livre a germé alors qu’il travaillait avec Équiterre afin d’outiller les aspirants agriculteurs au démarrage de leur jardin. Les livres de référence et les manuels techniques ne satisfaisaient pas l’approche de la culture en petite surface. Les ouvrages sur l’agriculture biologique sont surtout rédigés en fonction de plus grandes superficies et impliquent donc une mécanisation du travail : des tracteurs. Ils sont également écrits par des agronomes qui offrent plusieurs modèles et « c’est un peu mêlant », confirme le propriétaire de la Grelinette.

La culture du rendement

« On s’est demandé pourquoi nous avions réussi. C’était à cause du modèle, alors on l’a partagé », explique simplement le jeune agriculteur. La réussite ne se résume pas qu’à l’autosuffisance, à la quantité de récolte ou à la noblesse de l’intention. La Financière agricole a souligné la qualité des rendements de l’entreprise par un prix lors du concours Tournez-vous vers l’excellence en 2008. Ce n’était pas la première fois que la Financière agricole reconnaissait leur travail. En 2005, l’institution leur avait accordé une prime à l’établissement et un prêt totalisant 100 000 $. Ce n’est pas le genre d’organisme à faire dans la charité. « C’était de très gros montants en fonction de la superficie de culture, affirme Jean-Martin Fortier. Il y a eu un travail d’éducation à faire, mais les résultats étaient là. Il fallait les convaincre avec des chiffres. » Justement, les rendements financiers sont au rendez-vous dès la quatrième année de récolte. La ferme dégage alors des profits de 100 000 $ pour un hectare de culture. Lors de son passage à l’émission Médium large sur les ondes radio de Radio-Canada, dans le cadre de la sortie du livre, Laure Waridel, auteur de la préface du manuel, et écologiste notoire, défie quiconque de comparer ces rendements à l’hectare à ceux de n’importe quelle culture « conventionnelle ».

Marie-Hélène et les légumes de la Grelinette

Le projet a mûrement été réfléchi et le plan d’affaires finement travaillé. Il est d’ailleurs en ligne depuis 2007 afin de démontrer son sérieux. C’est aussi une manière de témoigner des rendements de l’agriculture biologique évoqués lors de la Commission Pronovost sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois.

« Pour les jeunes agriculteurs, c’est un guide de référence, pour les amateurs, c’est des trucs de professionnels », explique l’auteur. Et le livre défend un tout autre modèle que celui en place. Pour 36 000 $ d’équipements, vous êtes en mesure de démarrer un potager rentable. Chaque étape de la méthode est expliquée en détail, de la conception à la récolte, en passant par la préparation de la terre et des semis. Des tableaux et dessins permettent une meilleure compréhension. La rentabilité de chaque légume est soigneusement calculée et des fiches détaillent la particularité de chacun d’eux.

« Saint-Armand, c’est la Floride du Québec ! » lance Jean-Martin à la blague. Disons que le climat, la qualité des terres et leurs petites tailles entourées de boisés favorisent grandement les projets de petite envergure. La MRC encourage cette diversité agricole et l’agrotourisme. Il y a même un projet de vidéo promotionnelle pour vanter les outils de la région afin d’aider la relève, notamment la banque de terres. En plus, la courte distance avec le bassin démographique de la grande région de Montréal permet de garantir un écoulement des produits. Les marchés fermiers se multiplient en ville, mais aussi partout alentour. « Ici, les légumes arrivent deux semaines d’avance, c’est vraiment un bel endroit pour faire de l’agriculture. »

« Il faut se réapproprier les bonnes vieilles pratiques agricoles saines », conclut Jean-Martin Fortier. Et pas question d’attendre le politique. Pour La Grelinette, l’avenir est tracé dans la continuité : produire, profiter des bénéfices de la région, mais pas de plan d’expansion, et vous pourrez continuer de jouir de leur mesclun !

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