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Le culte (et la culture) des arbres en pays nippon (2)

Clin d’œil du japon
Paulette Vanier

Une avenue de Tokyo bordée de cerisiers en fleurs

Photos : Paulette Vanier

Quand on arrive en pays nippon, on est tout de suite frappé par la vénération dont font l’objet les arbres et qui se manifeste non seulement par les soins que les Japonais leur procurent, mais par les festivités qui accompagnent les différentes saisons de leur cycle végétatif.

Festivals

Faune tokyoïte pique-niquant sous les cerisiers

Ce culte de la nature et des arbres s’exprime tout particulièrement lors de la floraison des cerisiers ornementaux que, semble-t-il, les Japonais fêtent depuis la fin du 8e siècle. Les météorologues suivent de près le « front de leur floraison » et émettent des bulletins météo en conséquence, car nul ne voudrait manquer le spectacle de cette s p l e n d e u r éphémère. Ce front se déplace du sud (janvier) vers le nord (fin avril), s’arrêtant à Tokyo vers la fin mars. C’est alors par dizaines de milliers que les Japonais se rendent dans les parcs en famille ou entre amis pour célébrer Hanami, le festival des cerisiers en fleurs. On s’installe dans l’herbe, on pique-nique, on boit du saké, on chante, on rigole.

En avril et mai, c’est le festival de la glycine (Fuji Matsuri) que l’on célèbre en plusieurs endroits du Japon. Cette plante grimpante aux grappes de fleurs spectaculaires est habituellement supportée par une structure de métal ou de bambou sous laquelle sont installés des bancs permettant de les contempler et de profiter de l’ombre de la plante durant les grosses chaleurs. Certains spécimens de glycine ont plus de 300 ans, comme en témoignent leur tronc qui, vu par un Occidental, paraît surdimensionné.

Un géant ravagé par l’âge, béquillé et pansementé

Le spectacle des arbres changeant de couleur à l’automne fascine tout autant les Japonais, qui célèbrent cette transformation ô combien passagère entre la mi-septembre et la fin novembre, selon l’endroit où ils vivent. C’est Momiji Gari, le temps des feuilles rougissantes que, à l’instar des cerisiers en fleurs, on souligne par des festivités depuis le 8e ou 9e siècle. Encore une fois, les météorologues suivent de près ce « front rougissant » qui avance du nord au sud cette fois, émettant des bulletins météo quotidiens au profit du public qui ne voudrait pour rien au monde manquer le spectacle de la nature se parant de ses plus belles couleurs.

Ah ! Les arbres… Des jardiniers en prennent le plus grand soin, des peintres les immortalisent sur leurs toiles, des photographes sillonnent le pays pour fixer sur pellicule les plus beaux spécimens, des

poètes les célèbrent en vers, des botanistes leur donnent des petits noms amoureux, les gouvernements leur confèrent un statut équivalent à celui des plus grandes œuvres architecturales ou artistiques. De son côté, le peuple les adule, les fête, les chante, les rit et, quand ils meurent, les pleure. Ici, au pays du Soleil Levant, nains ou géants, ils ne laissent personne indifférent.

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