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- Gens d'ici -

Hommage à Clément Édoin et Jacqueline Provost

Éric Madsen

Photo : Éric Madsen

À Saint-Armand, dans le secteur Pigeon Hill, vit un couple que plusieurs connaissent de longue date. Nous vous présentons aujourd’hui le portrait de Clément Édoin et de sa compagne Jacqueline Provost.

Tous deux natifs de Saint-Armand, Clément est né dans sa maison actuelle, bâtie par son grand-père en 1885. Âgé de 79 ans, encore bien actif et toujours souriant, prenant la vie du bon côté, il se réserve des travaux quotidiens pour ne pas perdre la main. Jacqueline, 72 printemps, est née sur la côte à Pigeon pas très loin de son prétendant. Ils se sont mariés en septembre 1951 et, trois ans plus tard, la famille grandissait avec la venue d’un garçon, l’aîné de deux frères et d’une sœur qui ne tarderaient pas à suivre. Ils ont aujourd’hui neuf petits-enfants et un arrière-petit-enfant. Tout comme son père, Clément a toujours été cultivateur, ayant acheté la ferme de 130 acres de ses parents en 1954. En 1968, il se porte acquéreur d’une ferme voisine de 138 acres afin de l’annexer à son entreprise. Et avec l’aide indéfectible de son frère Alfred, il s’occupe d’une ferme assez grosse pour l’époque. Jacqueline de son côté, avant la venue des enfants, a travaillé quelque temps dans une « manifacture » de Bedford. Mais pour réussir en agriculture à cette époque, l’aide de tous était nécessaire, et la somme de travail obligeait femmes et enfants à trimer dur, « les garçons faisaient leur train, avant d’aller à l’école », dira Jacqueline.

Électrifiée en 1952, la ferme prospère et, animé d’une passion transmise par son père, Clément fait l’élevage de chevaux de trait et de vaches à lait canadiennes, qui marqueront sa vie. Avec des Percherons, des Belges, des Canadiens, il travaillait dans les champs, faisait les sucres, ouvrait même près de 20 km de chemin l’hiver avec ses voisins, ramassait le fourrage, etc. Certains de ses chevaux étaient de pure race, d’autres moins forts, voire aveugles, mais celui qui allume encore les yeux de Clément, c’est John, son Standerbread. « Il travaillait tous les jours. Ah ! qu’il était beau », avouera-t-il. Ce n’est qu’en 1975 qu’il arrêtera de travailler avec ses chevaux, un peu à regret.

Ce qui a fait la renommée de la famille Édoin est sans contredit l’élevage de la Canadienne, cette vache « robuste, qui mange moins, pas malade », dira Clément. Introduite en Nouvelle-France, elle a perduré malgré son déclin, et elle retrouve ses lettres de noblesse ; elle a été récemment introduite aux Îles-de-la-Madeleine. « Nous avons eu jusqu’à une centaine de têtes, et cinq années de suite nous avons reçu le titre du meilleur troupeau au Québec », poursuit-il. Et croyez-moi, des médailles, des trophées, des plaques honorifiques, ils en ont reçus, tellement qu’aujourd’hui toutes ces récompenses sont rangées, ayant eu raison de la « patience à l’époussetage », me dira Jacqueline, sourire en coin. Une plaque parmi tant d’autres, celle de l’exposition de Bedford les remerciant « pour la contribution à l’événement en étant exposant depuis plus de 70 ans ». Sans aucun doute, ils auront contribué à faire connaître les éleveurs de Canadiennes, au-delà de nos frontières. Aujourd’hui, il lui reste une quinzaine de têtes, qu’il « dorlote » pour passer le temps. À travers tout ça, il se dit fier de n’avoir jamais manqué « les sucres », et Jacqueline de renchérir aussitôt de n’avoir « jamais vu quelqu’un aimer la terre de même ! ». Clément a été élu conseiller municipal en 1960, poste qu’il occupa durant six ans. La famille s’est grandement impliquée dans les loisirs de l’époque, dans les activités des Fermières, ainsi que dans les bonnes œuvres de la Fabrique. C’est en 1990 que le couple vend ses terres au fils aîné, relève oblige.

Aujourd’hui le couple vit des jours paisibles, gardien du pont couvert, ils se disent « bien contents de vivre à ses côtés, d’avoir gardé le patrimoine », et d’endurer un peu « les cyclistes. Oh ! là là ! » ajoute Jacqueline en riant. Un de ses beaux souvenirs : « notre cinquantième organisé par nos enfants ». Et pour l’avenir ? « Qu’il y ait plus de place pour les jeunes qui veulent s’installer ».

Et pour demain ? « Bah ! il va retourner jouer dans ses affaires, puis moi j’ai de la visite, alors… ». Alors, merci Clément et Jacqueline pour cette agréable rencontre qui nous aura permis d’en connaître un peu plus sur vous, sur des personnes d’une grande gentillesse. Merci encore.

À la prochaine fois…

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