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- Gens d'ici -

Chester Tittemore et Leona Lachapelle

Éric Madsen

Chester Tittemore et Leona Lachapelle  (Photo : Archives Tittemore)

Nous avons passé quelques heures en compagnie de Chester Tittemore et sa conjointe Leona Lachapelle.

Ils habitent aujourd’hui une maison toute modeste au cœur du village de Saint-Armand qui accueillait autrefois le bureau d’immigration, à proximité de la gare ferroviaire reliant Montréal et Boston.

Chester, 84 ans et Leona, 79 ans, ont célébré leur mariage à Bedford en 1950, et ils ont voyagé jusqu’à White River Junction, dans le Vermont, pour leur voyage de noces. Chester se souvient encore d’avoir cherché à s’approvisionner en eau fraîche pour se désaltérer tandis qu’ils voyageaient ! À leur retour, ils ont installé leurs pénates dans un appartement à Bedford. Leona y a travaillé en usine pendant un an avant de « partir en famille ». Chester et Leona ont eu six enfants : quatre filles et deux garçons.

Malheureusement, dans les toutes premières années de leur mariage, Chester a développé une allergie sérieuse à l’eau de Bedford à un point tel que le médecin a dû le mettre au repos pendant six mois durant lesquels il ne pouvait faire aucun effort intense. Chester a dû faire preuve d’ingéniosité pour faire vivre sa famille. Au fil des ans, il aura été vendeur de pommes, représentant pour la Southern Canada Power (l’ancêtre de Hydro-­Québec) et même vendeur de pain pendant 5 ans. C’est grâce à sa débrouillardise qu’il a également été producteur de tabac pour le vendre ensuite à Imperial Tobacco pour la modeste somme de 29 cents la livre !

Le couple Tittemore a acheté la ferme du père de Chester en 1960. C’est le grand-père de Chester (un maître d’école bien fortuné) et son frère qui avaient bâti la magnifique maison sise sur 186 acres. Il leur a fallu deux ans (de 1899 à 1901) pour la construire, utilisant du bois provenant de la ferme et de la forêt avoisinante. Dans les premières années de cette exploitation fermière, Chester a dû se résigner à vendre une partie de son bétail pour acheter son quota laitier. N’y arrivant pas, il est donc parti à la recherche d’un autre emploi. C’est à l’usine de fabrication de fermetures éclair qu’on retrouve Chester pendant 12 ans. L’usine a fermé ses portes en 1971

Les jeunes et moins jeunes de la région se souviennent d’un chauffeur d’autobus scolaire patient et sympathique qui les a transportés du domicile à l’école et retour, de 1974 à 2006. Les disputes, les bagarres, les cris, les larmes et toutes les émotions de jeunesse, il les a connus, sans perdre son sang froid ou sa douceur. Tout au long de ces années, Chester a maintenu un carnet de route presque vierge, car il n’a connu que deux accidents sans conséquences graves : dans un premier temps, l’ autobus a glissé sur une flaque de fumier ; le deuxième incident implique une voiture patrouille de la Sureté du Québec que conduisait une jeune patrouilleuse novice. Elle a percuté l’arrière de l’autobus alors que celui-ci était arrêté à un feu de circulation. Nombreux sont les habitants de Pigeon Hill et de Morses Line qui se souviennent du petit autobus scolaire jaune de Chester : toujours à l’heure …

À la retraite, Chester s’est senti bien triste ; il avoue avoir été quelque peu déprimé. Il a donc entrepris de cultiver des fraises et de s’adonner au jardinage.

Seriez-vous surpris d’apprendre que neuf généra­tions de Tittemore habitent la région de Saint-Armand ? C’est sans doute la plus ancienne famille de la municipalité. L’arrière-arrière grand-père de Chester est venu vivre dans la région de Pigeon Hill il y a 245 ans, en 1753 ; à l’époque, ce lieu portait le nom de Saint-Armand Center. Il y aurait sans doute lieu d’afficher une plaque commémorative pour signaler ce fait historique important !

Chester se souvient encore d’une époque où les habitants anglophones de Saint-Armand Est ne côtoyaient pas les habitants francophones de Saint-Armand Ouest. Au fait, tous les enfants Tittemore sont bilingues aujourd’hui. Chester applaudit les efforts de sa mère qui a été enseignante aux États-Unis, et qui a tenu à ce que son fils jouisse d’une bonne éducation ; Chester a tout simplement transmis ces mêmes valeurs à ses propres enfants.

Leona et Chester se reposent aujourd’hui après de longues années de vie active. Chester a fait une mauvaise chute après avoir été bousculé par un cheval effarouché ; il s’en remet tranquillement à l’aide de physiothérapie. Il anticipe avec plaisir son retour à la culture des fraises l’été prochain.

Nous, les lecteurs du journal Le Saint-Armand, souhaitons une belle vie paisible à Léona et Chester et nous les remercions

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