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- Édito -

Après le 8 juin, briser le silence

La Rédaction

Notre journal entame sa troisième année et se porte bien. À l’équipe de base sont venus s’ajouter de nombreux collaborateurs et collaboratrices (et il y a encore de la place !).

L’opération « CURE » du 8 juin nous a surpris, comme tout le monde, et nous ne pouvions pas passer l’événement sous silence. Sans vouloir singer les grands médias qui nous ont abreuvés de clichés, images et propos tordus, nous avons voulu vous donner le résultat des réflexions d’une équipe pour qui la vie en communauté n’est pas un vain mot. Voici donc :

APRÈS LE 8 JUIN, BRISER LE SILENCE

Il y a toujours des « après » : l’après-guerre, l’après-11 septembre, l’après-tsunami. Chez nous, il y a maintenant l’après-8 juin.

Après le grand show policier qui a mis brièvement Saint-Armand sur la carte, le ronron quotidien a repris. L’objet du spectacle ? Quelques producteurs d’herbe folle et leurs promoteurs. Un vrai bon film agricolo-policier avec 300 bons et quelque 35 méchants. Au moment où nous organisons un festival de film, ça aurait pu être bon. Hélas ! le film est mauvais. Beaucoup d’air brassé, des sourires complices, un soupçon de honte. C’est vrai que tout ça n’est pas très bon pour la morale, ni pour l’exemple à donner aux jeunes. De toute façon, il n’y a plus de morale et, pour ce qui reste de jeunes… Pour l’économie locale par contre, la culture du cannabis, ce n’est pas négligeable. Ça fait vendre des 4 x 4 et ça permet de se payer des douceurs dans ces temps de vache folle, de lait vendu une misère et de maigre marge bénéficiaire pour le maïs.

Pourtant, la banalisation qu’on fait de cet événement est dramatique. Soyons clairs : le cannabis en soi et sa consommation, ce n’est pas pire que le tabac, l’alcool ou le jeu. Le fléau, c’est l’organisation criminelle qu’il engendre. L’existence d’un véritable réseau criminel dans une communauté crée une culture, une mentalité et installe des comportements délinquants, notamment chez les jeunes qui apprennent qu’on n’est pas tenus de respecter les lois et qu’on peut obtenir ce qu’on veut par la tricherie, l’intimidation et la violence.

L’État contrôle l’alcool ? Il y a toujours autant d’alcooliques mais il n’y a plus de bootleggers comme durant la prohibition.

L’État contrôle le jeu ? Il y a toujours autant de joueurs compulsifs mais il n’y a plus de tripots. Il y a Loto-Québec qui fait de juteux profits !

L’État contrôle le tabac ? S’il y a un peu moins de fumeurs, c’est surtout à cause du prix exorbitant des cigarettes et des campagnes de sensibilisation anti-tabac.

Quand nos dirigeants auront compris que le « pot » est là pour rester et que la répression est inefficace, peut-être découvriront-ils qu’en légalisant et en contrôlant le cannabis, le marché clandestin s’effondrera (ne soyons pas hypocrites, au profit de l’État !).

Puisque le 8 juin a rompu le sceau du silence, parlons ouvertement du type de communauté dans laquelle nous aimerions vivre. Après-tout, il ne saurait être question qu’une minorité de criminels dictent les règles du jeu à une majorité d’honnêtes gens.

Le temps du cinéma muet est révolu. Vive le cinéma parlant !

La rédaction

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