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- Dossier Eau -

Qualité de l’eau : ça bouge à la MRC !

Christian Guay-Poliquin

En juin 2015, la MRC de Brome-Missisquoi prenait position en adoptant le cadre règlementaire sur la gestion des eaux de surface et du contrôle de l’érosion. Elle mettait alors en vigueur un ensemble d’amendements aux règles de zonage qui visent à empêcher que les interventions sur le territoire altèrent la qualité de l’eau qui ruisselle vers nos rivières et nos lacs. Il s’agit là, il faut le souligner, d’un geste politique significatif dans la lutte contre les cyanobactéries présentes dans la baie Missisquoi et, à plus large échelle, dans la protection des plans d’eau de l’ensemble de la circonscription.

Dans le but d’en apprendre plus sur les mesures qui ont été mises en œuvre depuis l’adoption du cadre règlementaire, Le Saint-Armand a rencontré Johanne Bérubé, directrice générale de l’Organisme de Bassin Versant de la Baie Missisquoi (OBVBM), l’agronome Enrique Martin de Villodres, coordonnateur du projet en cours1, ainsi que Simon Lajeunesse, coordonnateur de la gestion de l’eau pour la MRC de Brome-Missisquoi.

En assumant son rôle dans l’aménagement et le développement du territoire, la MRC souhaitait s’attaquer aux problèmes à la source de sorte que nos activités et nos installations aient le moins d’impacts possible sur l’environnement.

Il s’agit en premier lieu de veiller à la qualité des eaux de surface, c’est-à-dire du ruissellement lors de la fonte des neiges ou à l’occasion des crues suivant des pluies abondantes, lesquelles sont d’ailleurs de plus en plus fréquentes en raison du réchauffement climatique. Pour ce faire, de nombreuses mesures ont été mises en place, dont l’exigence de laisser des bandes riveraines de deux mètres en zone agricole et de trois mètres sur les terrains résidentiels. Aussi, chaque année à la mi-mai, la pépinière de la MRC offre à prix modique une grande variété d’arbustes matures aux résidents du comté qui veulent revitaliser leurs berges.

De plus, la MRC multiplie les efforts pour valoriser et protéger les milieux humides et le couvert forestier car ce sont eux, il faut le répéter, qui ont la capacité de réguler l’écoulement des eaux. Aussi, la nouvelle réglementation entourant les chantiers de construction est considérée à la fois comme nécessaire et novatrice. En effet, on a longtemps négligé les quantités importantes de sédiments qui, avec les précipitations, s’écoulent directement de ces chantiers vers les cours d’eau.

Conséquemment, la MRC et l’OBVBM se sont associés pour embaucher un agronome pour les trois prochaines années afin de coordonner un nouveau projet subventionné par le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Le projet vise à réduire la pollution diffuse associée aux eaux de ruissellement dans les secteurs agricoles dégradés et les secteurs où des travaux d’entretien des cours d’eau sont décrétés.

Plus précisément, ce projet comporte deux volets. Le premier se penche sur les secteurs vulnérables à l’érosion du territoire de la MRC qui ont été identifiés à l’aide de l’outil Geodep2. Le ruissellement de surface dans les zones mal égouttées est un des facteurs qui contribue aux exportations diffuses de phosphore et d’azote vers les cours d’eau. En corrigeant cette problématique, on contribue par le fait même à réduire, à la source, la contamination diffuse de l’eau. On sait à cet effet que ce sont 10 % de la superficie des terres cultivées qui causent plus de 50 % de l’apport en phosphore dans nos cours d’eau.

L’agronome qui coordonne le projet rencontre les producteurs agricoles de ces secteurs et propose un plan d’intervention destiné à réduire l’érosion provenant de ces terres cultivées. Les interventions tiennent compte de la réalité des producteurs et du financement disponible pour la mise en œuvre de diverses actions (culture intercalaire, culture de couverture, ouvrages hydroagricoles, bandes riveraines élargies favorisant la biodiversité, etc.)

Selon l’agronome Enrique Martin de Villodres, qui travaille auprès des producteurs agricoles disposés à réaménager certains secteurs de leurs terres cultivables, régler le problème d’érosion des sols c’est aussi travailler à augmenter le rendement global. D’ailleurs, rappelle-t-il, les travaux effectués sont financés jusqu’à hauteur de 90 % par une subvention du MAPAQ et confèrent invariablement une valeur accrue aux propriétés concernées.

L’implantation du projet se déroule sur une base volontaire, explique l’agronome, mais la réception positive que reçoivent les initiatives proposées démontre que la sensibilisation des dernières années commence à porter fruit. Dans les faits, plus de 80 % des producteurs rencontrés pour cette première année du projet ont accepté de mettre en place les recommandations proposées.

Progressivement, nous changeons notre façon de voir et de faire les choses. Les gens de la région sont de plus en plus conscients de l’état lamentable des cours d’eau. Une volonté de changer les choses se fait sentir. « Ce n’est pas encore gagné, conclut Simon Lajeunesse de la MRC, mais ça commence réellement à bouger et nous pouvons nous en réjouir ». Pour la directrice de l’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi, les résultats obtenus pour cette première année du projet démontrent l’importance d’accompagner les producteurs agricoles dans la mise en place des actions.

Pour en savoir plus sur le projet d’accompagnement en cours, les producteurs agricoles peuvent communiquer directement avec Enrique Martin Villodres, de l’OBVBM, en composant le 450-266-4900, poste 296.

Aussi à l’agenda

  • Dans sa campagne de sensibilisation, la MRC de Brome-Missisquoi lance un concours de photographies de bandes riveraines. Il y a plusieurs prix à gagner. Consultez le site de la MRC. (http://brome-missisquoi.ca/concours-photographie-ta-bande-riveraine/)
  • L’OBVBM tiendra son assemblée générale annuelle le 19 juin prochain, à 19 heures, à la salle communautaire de Saint-Armand, au 444, chemin Bradley. Il y présentera les résultats de la première année du projet Interventions ciblées sur le contrôle des eaux de ruissellement et la conservation des sols dans les secteurs dégradés de Brome Missisquoi. Bienvenue à tous.

1     Interventions ciblées sur le contrôle des eaux de ruissellement et la conservation des sols dans les secteurs dégradés de Brome Missisquoi, de l’Organisme Bassin Versant de la Baie Missisquoi

    Cet outil de gestion permet de mesurer la vulnérabilité des champs au ruissellement de surface, à l’érosion et aux pertes de phosphore vers les cours d’eau, de même que d’évaluer les retombées de scénarios alternatifs sur ces exportations de phosphore. L’outil a été développé principalement sur la base des connaissances résultant des observations faites dans le bassin versant de la rivière aux Brochets au cours des vingt dernières années par l’équipe de l’IRDA (Institut de Recherche et de Développement en Agroenvironnement).

 

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