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Sara Mills rencontre Janine Carreau

Sara Mills

Janine devant une de ses œuvres  (Photo : Pierre Gauvreau)

SM : Qu’est-ce qui vous a amenée à vous intéresser à l’art en général et à la peinture en particulier ?

JC : Quand j’étais enfant, ma grand-mère faisait des courtepointes magnifiques. Ma mère faisait du très beau « scrap-booking » ; sa sœur habitait New York. On y allait tous les ans et, en 1963, elle m’a accueillie pendant un mois. Elle me trimballait pas mal, elle affectionnait le Metropolitan Museum. Mes parents étaient abonnés à des journaux de N.Y. Bref, il y avait un environnement. Quand j’ai voulu peindre, ma mère m’a équipée. Puis il y eut l’Expo 67, le choc de la lumière de La balançoire de Renoir.

Quels ont été vos premiers pas dans le métier ?

En amateur : 1966 dans un café de Saint-Jean-sur-Richelieu. Professionnellement à la Place des Arts en 1980, invitée par Henri Barras qui avait remarqué un de mes tableaux.

Quelles sont les expériences qui ont marqué votre travail ?

D’Iberville, j’ai fait du pouce ou pris le bus, presque tous les jours, pour me rendre à l’Expo 67. J’ai fait tous les pavillons. L’année suivante, je suis partie 40 jours en Europe : France, Italie, Tchécoslovaquie, etc., un voyage culturel d’exploration. En 1973, je suis repartie seule 70 jours : France, Italie et un mois à Londres, où tous les jours j’allais au British Museum et à la National Gallery. Au retour, je me suis mise à peindre. En 1979, j’ai vu chez la peintre Helen Duffy, à Toronto, un journal quotidien d’un an. J’ai eu un choc. J’ai cherché à personnaliser cette vision.

Quel est l’objectif de vos recherches, et quel rôle y jouez-vous ?

J’ai fait un choix conscient très jeune, je voulais vivre une vie libre de création. Je rencontre Pierre Gauvreau en 1972 à l’ONF. En 1976, nous commençons à vivre ensemble, et nos vies s’organisent autour de la création. À ce moment, j’étais photographe pigiste, et lui, réalisateur. En 1979, on se retire à Abercorn ; il écrit Le temps d’une paix ; je me réoriente vers la peinture. En janvier 1980, je commence le journal. J’ai fait à ce jour 8 années de journaux quotidiens. 1980-1981-1982 : pastels ; ce journal donne des structures à mes tableaux. 1984 : collages. 1992 : photos ; ce journal fut le plus difficile, ce fut une année épique. 2002-2003-2004 : peintures ; paradoxalement, ce journal me fait perdre les structures. Moins de repères, plus de lumière. Le journal, c’est comme des gammes, ça mène ailleurs. C’est un genre de marathon. À la fin, je suis vraiment prête à passer à autre chose.

Dans quelle part de votre processus créateur trouvez-vous le plus de satisfaction ?

J’adore participer à l’aventure des cadavres exquis inspirés du jeu surréaliste où chaque artiste participe à une œuvre sans voir ce que l’autre fait. J’en ai fait plus de deux cents depuis 1982. Les plus récents avec Pierre et la comédienne Pascale Montpetit.

Quelles personnes ou quelles choses ont eu une importance majeure dans votre travail ?

Personnes connues : Pierre Gauvreau, Charles Binamé et Helen Duffy. Merci la vie ! Personnages mythiques : Claude Gauvreau, Carlos Castaneda, André Malraux, etc. Lectures. Musique, récemment Leonard Cohen et Loco Locass. De manière globale, avoir accès à Montréal et vivre à Saint-Armand-les-vents.

Où peut-on voir et trouver vos œuvres ?

À la galerie Gala, à Montréal. Chaque année, en février-mars, Pierre et moi participons à l’exposition-encan Parle-moi d’amour à la Galerie des Impatients. Il y a 260 œuvres exposées, la moitié par les personnes qui fréquentent les ateliers de la Fondation de l’art brut et de l’art thérapeutique et l’autre moitié par des artistes reconnus. Les toiles sont exposées entremêlées. C’est si varié et si inattendu. Aventure géniale.

Avez-vous un projet en rêve ?

Continuer de peindre et de monter des expositions, seule ou avec d’autres. J’aime la synergie des grandes aventures. Pour l’instant, je travaille à assembler l’exposition Gauvreau en toute liberté, pour octobre.

Quel conseil donneriez-vous à un débutant ?

« Les seules voies à suivre se découvrent par le désir. » (Claude Gauvreau) Découvrir le plus tôt possible si on veut être un technicien ou un créateur ; dans ce cas, ne pas s’enfarger dans la technique.

Que feriez-vous si vous gagniez le gros lot de la 6/49 ?

Il faudrait d’abord que j’achète un billet ! Je préférerais faire une autre grande et satisfaisante exposition à la galerie Espace-création de Loto-Québec en co-commissariat avec Louis Pelletier.

Quel artiste allez-vous rencontrer pour la prochaine entrevue ?

Je dois d’abord lui demander.

Notes :

La Galerie Gala est située au 5157,  boulevard Saint-Laurent, à Montréal.
www.gala.netc.net

Fondation de l’art brut et de l’art thérapeutique : Téléphone : 514-842-1043

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