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L’eau, le vent et le poète

Texte et photos : Marie-Hélène Guillemin-Batchelor

Raôul Duguay, ému de chanter chez lui.

Saint-Armand, samedi 11 septembre, 20 heures. L’église Notre-Dame-de-Lourde est pleine à craquer. Du fond de l’allée centrale, s’élance Raôul Duguay, comme un grand oiseau noir dans sa longue redingote. Il avance, majestueux, ses bras de chef d’orchestre nous invitent à chanter a capella des A..A..A..A.., que nous entonnons avec grande joie. Lorsqu’il atteint la scène, le public est déjà emballé. Sa première chanson, Allô, parle de foultidude. Notre poète a un don pour inventer des mots qui foisonnent dans ses chansons. Il nous parle de l’amour qu’il porte à Saint-Armand : « Mes molécules flottent parce que ici je suis chez moi ». Saint-Armand l’inspire : « comme la vie…les semences, les labours, les floraisons et les moissons, c’est dans ce cycle qu’on est privilégié de voir la beauté du monde ».

Et il la défend bien cette beauté du monde, puisque le spectacle s’appelle « J’ai soif » et nous parle de l’eau. Ses thèmes futurs toucheront tous les éléments. Dont du vent. Du vent de Saint-Armand-Les-Vents dont la chanson si belle chatouille nos oreilles. Quand il nous dit avoir sur la colline, à Pigeon-Hill, « planté des pensées au beau milieu des temps… », on réalise que cet endroit de rêve est le nôtre. Cela fait du bien à entendre. A la fin de cette chanson, Raôul Duguay nous offre un puissant solo de flűgelhorn, instrument à vent à mi-chemin entre la trompette et le cor de chasse, dont il tire des sons magnifiques. Le public applaudit vivement. Ses œuvres, nous dit-il, naissent du silence et de la solitude « …quand je suis tout seul, j’ai tout le monde en dedans de moi… », mais il ajoute : « on est jamais très seul quand on sait partager ».  Ses chansons, La Solitude, Chérie, des ballades d’amour, m’ont beaucoup fait penser à celles de Léo Ferré. Saint-Armand était sous le charme de cette poésie sans âge qui restera gravée dans le temps.

Justement, cette poésie, Raôul Duguay s’en sert merveilleusement bien pour nous rappeler la fragilité de notre terre et combien l’eau y est importante, celle des rivières comme celle des larmes. Ces chansons La Rivière et  Les Saisons sont des épopées humaines où il raconte « la récolte des rêves… » et quand « …tout le monde boira dans notre âme… ». D’ailleurs, il entame sa deuxième partie du spectacle avec La mer à boire, qui a bien servi la cause de la Coalition Eau Secours. Il nous parle de la baie Missisquoi, des algues bleues et de l’urgence de protéger l’eau qui est le berceau de toute vie. Avec sa chanson Heureusement, (« …heureusement que tu es là… »), Raôul nous a siffloté des chants d’oiseaux, si bien que l’on s’est tous mis à siffloter à qui mieux-mieux en riant. Joie de vivre. C’est ce qu’il dégage : une extrême joie de vivre qu’il partage généreusement avec nous.

Reprenant son fantastique flűgelhorn, il nous sort une autre superbe mélodie.

Raôul était accompagné de trois musiciens aussi « allumés » que lui.

Vibrante, vivante et langoureuse. Je pense au Concerto d’Aranjuez. On est tous totalement envoûtés. On voudrait que ça dure une éternité. Le philosophe en lui nous demande, en citant Carl Young : « …êtes-vous branchés sur l’infini… ? »

À ce stade, je suis branchée sur toute l’énergie qu’il produit  et sur son monde intérieur, qu’il me transmet. Il y a un goût de bonheur qui flotte dans notre église.

Quand il chante Le Voyage, les mots qui touchent nos pensées : « …Il n’y a de repos que pour celui qui trouve… Il n’y a de repos que pour celui qui cherche … La vérité est une poignée de sable qui glisse…Tout est toujours à recommencer… La terre, l’eau, le soleil, la lumière ne nous appartiennent pas… Nous appartenons à la terre, aux étoiles et à la lumière. »  Un bel Hymne à la terre et à la quête de vérité sur notre existence.

Raôul Duguay, vous nous avez bien ensorcelés avec vos belles paroles…

Mais vous saviez ce qu’on voulait… en final et en rappel ! Tapant des pieds, frappant des mains, criant encore et encore… il ne restait plus qu’à vous exécuter, Monsieur Duguay : La Bittt à Tibi a été réclamée, La Bittt à Tibi, on l’a eue ! Et chanter à tue-tête, ça fait chaud au cœur !A…A…A…A…Tamdidelam tadlédidelidelam… Merci d’avoir commencé votre tournée chez vous, à Saint-A r m a n d – l e s – V e n t s …AN..AN..AN..AN !

 

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