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Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi :

Assemblée annuelle (suite et fin)
Claude Montagne

Tel que précisé à la fin du texte paru sur le sujet dans le dernier numéro du Saint-Armand, voici un résumé de la présentation de Mme Maude Forté, agronome coordonnatrice de la Zone d’intervention prioritaire phosphore (ZIPP).

Nous avons rencontré Mme Forté le 23 août, pour conclure ce reportage. Sa présentation du 19 juin au Centre communautaire de Saint-Armand comprenait deux volets :

  • Présentation du programme ZIPP ;
  • Présentation traitant des facteurs de succès de l’implication du milieu agricole dans les activités visant à contrer l’érosion et les eaux de ruissellement.

Programme Zipp

C’est en 2009 que fut créé un comité priorisant une intervention au sujet du phosphore dans la zone de la baie Missisquoi. Un partenariat fut mis en place pour lequel des remerciements sont adressés à M. Ernest Gasser, Mme Heïdi Asnong, M. Paul Petit, M. Serge Breault, M. Martin Bellefroid ainsi qu’aux municipalités, au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimen tation (MAPAQ) et à l’OBVBM pour leur implication et leur soutien.

En 2010, on espère rencontrer tous les producteurs pour mobiliser le milieu en informant à l’avance, en planifiant et en permettant une orientation multidisciplinaire.

Le partenariat impliquera les Clubs-conseils en agroenvironnement Pleine terre (CCAE) et Dura Club dans le but d’apporter un soutien à long terme aux producteurs.

En 2009, on a recueilli 23 échantillons d’eau et, en 2010, 30 autres complèteront l’échantillonnage. Les cours d’eau Tipping près de Pike-River et East Swamp dans le secteur de Clarenceville seraient les plus dégradés.

La ZIPP de la baie Missisquoi comprend 65 producteurs agricoles, 4 municipalités, 2 MRC et 5 cours d’eau en milieu agricole. Le territoire est occupé à 79 % par des terres en culture (dont 70 % en maïs grain), à 18 % par des forêts et boisés, à 2 % par des terres en milieu humide et dénudé, à 1 % par des zones urbaines et industrielles, et on y élève l’équivalent de 3 539 unités animales.

Approche résolutive

Les zones inondables ne sont pas rentables pour les agriculteurs, d’où la création du programme Prime-Vert lancé en 2005 en collaboration avec le MAPAQ et renouvelé en 2009. Il s’agit de signer une entente de 15 ans avec le gouvernement dans laquelle l’agriculteur s’engage à ne pas cultiver la partie inondable. En contrepartie, ce dernier reçoit un montant équivalent à 90 %de la valeur de ce fond de terre. À date, pas un seul agriculteur de la zone du ruisseau Tipping qui se déverse dans la rivière aux Brochets n’a accepté de signer cette entente…

La solution de rechange consiste à vendre ces terres inondables à Canards illimités ou à Conservation de la nature Québec, dégageant ainsi les agriculteurs de la responsabilité de les entretenir alors qu’elles ne sont pas rentables.

Mme Caroline Sévigny, agronome, a d’ailleurs créé, à l’intention des agriculteurs intéressés par l’une de ces approches, un logiciel permettant de déterminer leur rentabilité.

L’installation d’avaloirs reliés à des drains et de chutes enrochées constitue une autre solution proposée à titre individuel aux agriculteurs, en collaboration avec le MAPAQ, les CCAE, l’OBVBM, les entrepreneurs locaux et les municipalités.

Prime-Vert

Le programme comprend un diagnostic spécialisé destiné à évaluer l’état d’érosion des sols et des berges, et qui peut être remboursé à 100 %. Il présente plusieurs avantages dont celui d’établir une vue d’ensemble de l’entreprise afin d’en découvrir les problématiques et de trouver des solutions, en priorisant les interventions à faire par une planification à court et à moyen terme et, ainsi, d’accélérer le processus. En zone riveraine, une aide maximale de 36 000 $ est offerte.

Le retrait des animaux des cours d’eau demeure une priorité. L’aide peut atteindre les 40 000 $, dont un maximum de 20 000 $ pour les clôtures. On doit s’inscrire à ce volet au plus tard le 31 mars 2011 et les travaux doivent être terminés avant le 31 mars 2013.

D’autres subventions sont prévues pour l’implantation de bandes riveraines herbacées permanentes. On prévoit également limiter l’érosion au moyen d’un couvert végétal, de tranchées filtrantes et de puits d’infiltration. En outre, l’aménagement de haies brise-vent permettra de réduire l’érosion éolienne et la dérive des pesticides utilisés dans les vergers.

Enfin, d’autres volets complètent le programme Prime-Vert, notamment la culture de plantes qui occuperont le sol durant l’hiver et seront détruites ou enfouies au printemps : moutarde, radis, sarrasin, etc. À cela s’ajoute l’introduction de pratiques de conservation des sols et de l’eau.

Le dernier volet concerne l’équipement servant à appliquer les pesticides pour en réduire la dérive aérienne, et améliorer l’efficacité et la sécurité.

En conclusion, le milieu agricole est complexe. S’y confrontent divers facteurs tels l’environnement, l’économie et les valeurs sociales. Il s’agit donc de trouver le moyen de réconcilier ces facteurs afin d’assurer un milieu agro-alimentaire respectueux de la nature et de l’humain qui l’exploite…

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