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La bande riveraine, c’est payant !

Paulette Vanier

C’est du moins ce qu’affirme l’UPA dans un document publié en 2017 et intitulé Les bandes riveraines du Québec.* D’ailleurs, en 2016, l’organisme lançait sa campagne Opération bandes riveraines dans le but d’inciter le monde agricole à mieux protéger ses cours d’eau et ses berges. Les environnementalistes ne sont désormais plus les seuls à vanter les mérites de cette pratique qui a fait largement ses preuves sur le plan non seulement écologique, mais également économique.

D’entrée de jeu, on affirme dans le document : « Le sol, c’est le pilier de votre entreprise. En limitant l’érosion de sol fertile, la bande riveraine permet de réduire les coûts reliés aux pertes de sol et à l’entretien des cours d’eau. Elle retient également les nutriments et favorise la présence d’une faune bénéfique aux cultures (insectes pollinisateurs, oiseaux insectivores, insectes prédateurs, etc.) »

L’absence de bande de protection végétale d’une largeur suffisante peut même générer des frais pour le fermier, poursuit-on, en l’obligeant à réaliser des travaux additionnels sur ses terres : restauration de berges, dégagement de sorties de drains, creusage des cours d’eau obstrués. En outre, l’absence de prédateurs qu’on retrouve normalement dans une bande riveraine peut entraîner un usage accru de pesticides dans les champs. Jumelée à de bonnes pratiques culturales, la bande riveraine permet donc de réduire ces divers coûts. Elle assure également l’efficacité des systèmes de drainage souterrain. En effet, elle contribue à freiner l’érosion des berges et, en conséquence, la dispersion des sédiments dans les cours d’eau, ce qui permet d’atténuer les problèmes liés à l’obstruction des drains souterrains et de favoriser un bon égouttement des terres.

Contrairement aux mythes qui circulent, indique-t-on par ailleurs, « la bande riveraine ne devrait pas être perçue comme une dépense, mais comme un investissement ». En effet, on a pu démontrer, études à l’appui, que la perte de superficie cultivable engendrée par une bande riveraine de trois mètres était compensée par les gains générés par un meilleur contrôle de l’érosion des terres fertiles et une augmentation de la biodiversité.

Ainsi, semer jusqu’au bord du cours d’eau pourrait entraîner plus de dépenses que de revenus, du moins si l’on se fie aux résultats d’une étude réalisée par le MAPAQ dans la région de Nicolet sur les terres de dix producteurs. On a en effet observé que le rendement dans les deux premiers mètres cultivés à proximité d’un cours d’eau était de 25 % moins élevé que dans le reste du champ, différence qui s’expliquerait par diverses causes, dont la variabilité de la profondeur des racines, la compaction des sols en bordure des champs et l’absence de méthode de contrôle des mauvaises herbes, les herbicides étant interdits sur le bord des cours d’eau.

En tenant compte de cette baisse de rendement et du coût de production en vigueur, les auteurs estiment que si, en 2015 ou 2016, on avait cultivé du maïs grain sur une bande riveraine de deux mètres de large (soit l’équivalent de 1/5 d’hectare), le déficit aurait été de 10,14 $ alors que, en champ, cette même superficie aurait produit des revenus de 84,46 $.

Bien sûr, il y a des coûts associés à l’implantation d’une bande riveraine, coûts qui peuvent donner lieu à une aide financière par le biais du Programme Prime-Vert, du Programme de mise en valeur de la biodiversité en milieu agricole de la Fondation de la faune du Québec ou de programmes à caractère particulier et initiatives locales. Les agriculteurs intéressés peuvent communiquer avec leur fédération régionale ou leur club-conseil.

Rappelons que tout propriétaire dont le terrain ou la terre est bordé par un cours d’eau est tenu par la loi de maintenir une bande riveraine, aménagée ou laissée en l’état, de trois mètres. Quant au fossé, la bande qui le borde doit être d’un mètre.

Rappelons aussi qu’il est reconnu que la bande riveraine contribue de diverses manières à la santé des écosystèmes de la planète en :

–         stabilisant les berges ;
–         filtrant les matières fertilisantes et les pesticides provenant du champ
–         retenant les sédiments emportés par l’eau de ruissellement ;
–         améliorant la qualité de l’eau ;
–         favorisant la biodiversité de la faune et de la flore.

De plus, elle embellit le paysage, rafraîchit le bord de l’eau, assure la pollinisation des plantes cultivées et permet de contrôler les ravageurs. Bref, qu’ils soient économiques, agronomiques, environnementaux ou récréatifs, les avantages que présente une bande riveraine bien aménagée sont innombrables.

* www.bandesriveraines.quebec

 

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