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- Dossier Eau -- Édito -

CYANOBACTÉRIE : Où en sommes-nous ?

Pierre Lefrançois

 

En dépit des propos rassurants tenus dans les pages de notre dernier numéro par le député de Brome-Missisquoi et ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, nos lecteurs sont nombreux à continuer de s’inquiéter de la présence des algues bleu-vert (cyanobactéries), qu’on a pu observer encore cet été dans nos plans d’eau. On a même vu, malgré un printemps tardif et un été lent à se manifester, des fleurs d’eau dès le mois de juin dans la baie Missisquoi, alors qu’elles se manifestent généralement plus tard en saison.

Cependant, on cherchera en vain des rapports ou avis émis par les ministères de l’Environnement ou de la Santé. En fait, il n’y en a pas vraiment eu depuis 2013, année où le ministère de l’Environnement n’avait testé que 121 plans d’eau dans tout le Québec. Les résultats indiquaient alors que pas moins de 70 % des lacs étaient infectés. Comment savoir si les algues toxiques polluent encore nos eaux ou si la situation s’améliore ? Comment savoir quels plans d’eau ont été affectés cet été ? On ne trouvera la réponse ni au ministère de l’Environnement ni à celui de la Santé. La raison en est que, après le battage médiatique des étés 2006 et 2007 et suite à la panique qui s’est emparée du Québec au sujet des cyanobactéries, Line Beauchamp, alors ministre de l’Environnement, estimait que son ministère, de même que les responsables de la santé publique, s’étaient alarmés outre mesure. Dorénavant, fut-il alors décidé, on ne chercherait plus à dresser une liste exhaustive des plans d’eau touchés par les cyanobactéries.

Vol13n1_aout_sept_2015_0Selon Richard Carignan, professeur au département de sciences biologiques à l’Université de Montréal, les bilans partiels qu’on dresse depuis ne permettent pas de se faire une idée juste de la situation. Il doute aussi de l’efficacité des plantations riveraines que l’on demande aux résidents d’installer chez eux. « Deux ou trois petits arbres ne vont pas régler le problème, qui est causé à 95 % par l’apport excessif en phosphore d’une agriculture non durable ». Nous avions publié cette information dans nos pages l’an dernier et force est de constater que les autorités n’ont toujours pas manifesté une volonté ferme de changer les choses ou, au moins, de reconnaitre la gravité de la situation.

En admettant que les propos que tenait le ministre Paradis dans notre dernier numéro étaient sincères, il nous faut maintenant reconnaître qu’il aura beaucoup à faire pour convaincre ses confrères d’agir, et espérer qu’il se donnera la peine de le faire, comme il nous l’a promis. Monsieur notre député-ministre, nous sommes vraiment nombreux à compter sur vous… Vous nous avez dit : « Je ne baisserai jamais les bras ». Il ne reste plus beaucoup de temps avant  qu’il ne soit trop tard pour agir.

 

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