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Agrile du frêne : ça continue

Mathieu Voghel-Robert

Ce n’est qu’une question de temps avant que l’agrile n’atteigne la MRC de Brome-Missisquoi. Or, comme l’affirment la plupart des experts, une fois sa présence confirmée, il est déjà trop tard. Petit, l’insecte pond ses œufs sous l’écorce et quand on constate la dégradation d’un frêne, celui-ci est déjà condamné. La situation de ce ravageur a beaucoup évolué depuis le dernier article qu’on a publié à ce sujet dans Le Saint-Armand.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a confirmé la présence de l’agrile dans la municipalité de Terrebonne, dans Lanaudière, et dans quelques localités autour de la ville de Bradford en Ontario, le 19 décembre dernier. Cette expansion vers Lanaudière et le nord du Québec survient après qu’on ait confirmé sa présence à Granby, en novembre, et à Marieville, en octobre, soit tout près de chez nous. Depuis la première apparition dans le sud du Québec, à Chambly et à Carignan en 2011, voilà que l’expansion s’est confirmée de Sainte-Julie à Saint-Jean-sur-Richelieu et de Longueuil à Granby.

Solidarité politique ?

Un sommet sur l’agrile s’est tenu à Montréal le 10 mars dernier afin d’établir un plan de lutte commune pour l’île de Montréal, avec des résultats mitigés, l’entente ne tenant pas compte des arbres en terrains privés. La Ville, qui consacre chaque année 1,8 million $ à la lutte contre l’insecte, n’arrive pas à contrer sa progression. « Si l’agrile du frêne était un virus mortel pour l’homme, on déclarerait l’état d’urgence. Il faut savoir que dans certaines villes américaines qui ont connu cette épidémie-là, à un moment donné, ils ont fait venir l’armée », a expliqué Sylvain Ouellet, conseiller de Projet Montréal, sur les ondes de Radio-Canada.

C’est bien de détecter l’agrile, mais il faut également savoir quels arbres sont atteints, ce qui ne va pas de soi. La ville de Montréal a inspecté moins de 4 % des 200 000 arbres en terrain public sur son territoire. Il en coûte 200$ pour traiter un seul frêne au moyen d’un insecticide à base de margousier, le seul que la ville emploie pour l’instant et qui est efficace durant deux ans.

La situation est très différente en région, où la majorité des arbres ne font pas partie de l’inventaire public. Encore faut-il que les gens sachent qu’ils ont des frênes sur leur terrain. Le Québec héberge près de 70 % des frênes du pays. Le plus grand vecteur de propagation est l’homme. Si vous constatez que vos frênes dépérissent, avertissez l’ACIA et achetez votre bois de chauffage localement afin de ne pas avoir à le déplacer.

Surveillez cet insecte qui a une carapace vert irisé.
(Photos : l’Agence canadienne d’inspection des aliments)

Depuis son apparition au Michigan en 2002, le ravageur venu d’Asie a décimé des dizaines de millions de frênes. Il n’y a toujours pas de prédateurs en assez grand nombre pour éradiquer son expansion. Sa propagation naturelle est plutôt lente, mais l’homme a grandement accéléré sa dispersion en Amérique du Nord. L’insecte a la particularité de tuer tous les frênes à sa portée. Aux États-Unis, 22 États — surtout dans l’Est — sont assujettis à une réglementation sur le transport du bois de chauffage en raison de la présence de l’agrile.

Cette disparition de masse rappelle le ravage causé par la maladie hollandaise de l’orme d’Amérique, ou l’éradication presque totale du châtaignier américain par une maladie venue d’Asie au tournant des années 1900, laquelle avait décimé des milliards d’arbres en quelques décennies.

Coordonnées de l’Agence canadienne d’inspection des aliments :

www.inspection.gc.ca/phytoravageurs 

ou appeler au numéro 1-866-463-6017.

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