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15e anniversaire du domaine du Ridge

Denis Paradis, l’homme aux trois passions
Jean-Pierre Fourez

Photo : Courtoisie de La Presse

Si vous voulez rencontrer Denis Paradis, armez-vous de patience car, comme dit la chanson : « Il est passé par ici, il repassera par là. » Mais une fois que vous le tenez, il est tout à vous.

Personnage public, Denis Paradis est bien connu dans le comté de Brome-Missisquoi où il est actif depuis plus de 30 ans. Il est membre de la grande famille Paradis, qui est en quelque sorte une institution à Bedford. Les parents de Denis, Louison et Jeannette, étaient d’origine modeste. Lui était camionneur et elle travaillait dans une manufacture à Bedford. Ils ont eu quatre enfants : Denis, Pierre, député provincial de Brome-Missisquoi depuis 1980, Louise et enfin Guy, avocat établi à Bedford.

Passion du droit

Les trois garçons étudient le droit à l’Université d’Ottawa et deviennent tous avocats. Pendant ses études, Denis, qui a déjà un baccalauréat en commerce, est très actif non seulement à l’université où il est élu président de l’association étudiante mais surtout à Bedford où il s’implique dans la vie communautaire et notamment dans l’organisation de l’Exposition agricole annuelle à titre de secrétaire-trésorier. En 1975, avec son frère Pierre, il ouvre un premier cabinet d’avocats dans le sous-sol de la maison familiale, rue Champagnat, à Bedford, avant de déménager les bureaux dans l’historique maison Cornell, près de l’hôtel de ville. Rapidement, ils se spécialisent dans le droit agricole et deviennent LA référence au Québec. La clientèle accourt de tous les coins de la province, heureuse de trouver des spécialistes en agriculture connaissant bien les problèmes de mise en marché des produits et les rouages administratifs.

Le bâtonnier du Québec de l’époque lui suggère de rédiger  un manuel de droit agricole pour les membres du Barreau et les étudiants en droit. Ce manuel fait encore référence aujourd’hui. Denis devient président des Avocats ruraux.

La fin des années 1970 est très occupée car, parallèlement à son travail d’avocat, Denis crée la Société d’édition du lac Champlain,  qui publie plusieurs revues agricoles mensuelles (horticulture, élevage porcin, production laitière, etc.,) tirant à 50 000 exemplaires. Il ouvre aussi une première agence de voyages à Bedford, les Voyages Bacchus. Il enseigne le droit agricole au Barreau puis, en 1993, devient bâtonnier du Québec … et donc patron de 16 000 avocats.

Au terme de sa carrière politique, dont nous parlerons dans la prochaine section, il est revenu au droit. Depuis 2006, il est avocat conseil au cabinet Dunton Rainville. Il s’affaire particulièrement à mettre en contact des PME québécoises avec les gouvernements de l’Algérie et, jusqu’à récemment, de la Lybie.

Passion de la politique

Denis se sent appelé par la politique et se lance dans l’arène électorale en 1995 lors d’une élection fédérale partielle. Il est élu député pour le Parti libéral du Canada. Il sera réélu en 1997, 2000 et 2004.

Durant son séjour à Ottawa comme député, il est tour à tour secrétaire parlementaire du ministre de la Coopération internationale, du ministre de la Francophonie, puis du ministre des Affaires étrangères. De 2002 à 2003, il est secrétaire d’État pour l’Amérique latine et l’Afrique ainsi que pour la Francophonie. De 2003 à 2004, il est ministre des Institutions financières.

Lorsqu’il évoque ces années trépidantes, Denis est intarissable sur les anecdotes et les aventures qu’il a vécues. Il est particulièrement fier de son programme d’échanges étudiants au Canada et de son action en faveur de l’environnement (lacs Memphremagog et Champlain).

Ce qui l’a le plus réjoui durant les trois années où il fut ministre d’État, ce sont les rencontres informelles avec les chefs d’État et les hauts dirigeants d’organismes internationaux au cours de ses missions diplomatiques. Sa simplicité naturelle a favorisé des contacts fructueux qui lui ont permis d’aborder sans crainte des sujets sensibles comme les droits de la personne ou la place des femmes. Il entretient toujours des liens amicaux avec certains de ces personnages hauts en couleur.

Les aléas de la vie politique ont fait que, aux élections de 2008 et de 2011, la population a préféré le Bloc québécois, puis  le Nouveau parti démocratique. Déçu mais bon joueur, Denis est rentré dans ses terres pour se consacrer à temps partiel à son métier d’avocat et à temps presque plein à ses vignes, sa troisième passion.

Passion de la vigne

L’année 2011 marque le 15e anniversaire du vignoble du Domaine du Ridge. En effet, c’est en 1996 que Denis a planté ses 2000 premiers pieds de vigne, acquis de François Samray, du Vignoble de l’Ardennais. Depuis l’achat de sa maison de Saint-Armand il y a 30 ans et où il vit avec Viviane, sa conjointe, il rêvait de faire son propre vin et d’exploiter sa terre. Les débuts sont assez folkloriques car ce sont ses amis politiciens, juges, journalistes et avocats qui l’ont aidé à la plantation des premières parcelles. Progressivement, la superficie cultivée est passée à 50 000 plants (40 000 au Domaine du Ridge, 5 500 à la Sablière et 4 500 au Champ des Vastel). On dit qu’il faut environ sept ans entre la jeune pousse de vigne et le premier verre de vin et, pour un homme bouillant comme Denis, son vignoble a été une école de patience dont il récolte aujourd’hui les fruits.

Au fil des années, trois vins ont acquis leurs lettres de noblesse : le Vent d’Ouest, un vin blanc sec qui a causé toute une surprise en remportant la médaille d’or d’un concours international lors d’une dégustation à l’aveugle ; le Clos du Maréchal, un vin rouge, premier à être classé Vin certifié du Québec ; les Champs de Florence, rosé vedette qui prend de plus en plus de place sur les tablettes de la SAQ.

Connu sous le nom de Domaine du Ridge, le vignoble de Saint-Armand fonctionne grâce à une petite équipe dynamique. Beaucoup d’investissement et de travail : c’est le prix à payer pour un début de rentabilité.

Denis est président de l’Association des vignobles de Brome-Missisquoi (17 vignobles), qui se définit comme région viticole, verte et en santé. Infatigable, il a des projets plein la tête et les tiroirs. Le 18 septembre, il reçoit 100 conseillers de la SAQ pour faire les vendanges, manière originale de fêter le 15e anniversaire du vignoble et de faire connaître ses vins.

À plus long terme, il aimerait développer des produits de soins corporels à partir des résidus de raisin ainsi que des produits de distillation (alcool, marc …). Des études de marché sont en cours. Des surprises pour bientôt ?

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