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- Édito -

Basta les motos !

La rédaction

Le 9 juillet, le Devoir publiait, sous la plume d’Hélène Buzzetti, correspondante parlementaire, un article intitulé « Les motos bruyantes dans la mire de Québec. »

« Faire du bruit à moto au Québec, écrivait-elle, pourrait devenir chose du passé. Du moins, si le gouvernement passe comme prévu à l’action et pérennise l’utilisation des sonomètres pour mesurer les décibels crachés par les pots d’échappement des bolides à deux roues. »

En effet, un projet pilote lancé en 2013 par la Société de l’assurance automobile du Québec dans le but de tester l’utilisation de sonomètres et qui s’est terminé en mai dernier a permis de constater que 43 % des motos testées étaient en infraction en ce qui concerne la limite de son permise par la loi (qui est de 100 décibels). Autrement dit, presqu’une fois sur deux, la moto qui passe devant votre propriété est en infraction.

Partout ou presque dans nos villages et nos campagnes, les motos sont considérées comme une engeance. Parlez-en, par exemple, aux résidents du chemin Saint-Armand ou du chemin Dutch, à Saint-Armand, et vous n’entendrez que larmes et gémissements, même de la part de certains citoyens possédant eux-mêmes une moto (peu bruyante, il va de soi). Ou encore, à ceux de Venise-en-Québec, petite municipalité dont le maire, Jacques Landry, se bat depuis des années pour faire respecter le règlement sur les nuisances par les motocyclistes.

D’aucuns songent même à déménager, mais pour aller où ? Y a-t-il un endroit où l’on puisse se mettre à l’abri de ces hordes de motos hurlantes dont plusieurs sont équipées, en plus, de radios crachant leur tintamarre à un volume qui permet aux conducteurs et à leurs passagers de l’entendre par-delà les pétarades de leur bécane surdimensionnée. Et l’impose également aux oreilles des riverains, déjà agressées, malmenées par les rugissements de leur pot d’échappement modifié, adapté ou non homologué.

Les motocyclistes invoquent généralement l’argument de la sécurité pour justifier le bruit de leur moto. Lequel argument est réfuté tant par les experts que par certains motocyclistes eux-mêmes, qui n’estiment nullement nécessaire d’avoir une machine bruyante pour se sentir en sécurité sur la route. L’auteur du site français Passion Moto Sécurité (http://moto-securite.fr/motards-bruit/), lui-même amateur invétéré de moto, va même jusqu’à dire : Le grand argument de la sécurité ! Assez amusant dans la mesure où on observe facilement que les motos les plus bruyantes sont les plus accidentogènes (surtout les sportives) et celles qui sont conduites de la façon la moins sûre (…) celles qui roulent le plus vite entre les voitures. Si c’est vrai là-bas, il y a des chances que ce le soit ici également.

Québec va-t-il aller de l’avant avec la mesure visant à pérenniser l’utilisation des sonomètres par les policiers tel qu’il l’a enchâssée dans sa plus récente modification du Code de la sécurité ? Nous l’espérons, mais au-delà de cette mesure, nous souhaitons surtout que les contrevenants soient mis à l’amende, que le travail de sensibilisation auprès des motocyclistes se poursuive, que la population se mobilise de sorte que nos campagnes retrouvent un peu de ce côté bucolique qui en a convaincu tant de s’y établir ou d’y rester. Et que la même logique s’applique aux VTT, ces autres machines infernales qui circulent à toute vitesse sur nos routes ou à proximité des résidences, en complète violation de la réglementation et du droit de chacun à la jouissance paisible de sa propriété.

  1. J’aimerais remercier le Journal Saint-Armand de reprendre le flambeau sur la question et lui signaler mon appréciation du texte ci-dessus. Votre éditorial est «criant de vérité».
    Le bruit des motocyclettes hors-norme est une nuisance à la santé publique, sans compter de nombreux autres impacts négatifs sur la qualité de vie des résidents permanents, notamment sur la valeur des propriétés en marge des circuits empruntés. Par ailleurs, et comme en témoigne l’illustration accompagnant votre article, cette manifestation de testostérone est incompatible avec le cadre bucolique que l’on vient chercher en circulant sur nos routes de campagnes. Il s’agit pour moi d’un vrai paradoxe : s’affirmer par le bruit pour ensuite savourer la quiétude de l’endroit.
    Enfin, je suis heureux d’apprendre que le gouvernement s’intéresse enfin au problème, mais je crains qu’il nous faille attendre une autre décennie (comme pour le dossier Internet) avant de voir aboutir une solution concrète.

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