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- Chronique de mon terroir -

Le Vignoble Centaure

Marc Thivierge

Photos : Nancy Violy

La première question qui vient en tête quand on voit les produits du vignoble Centaure, c’est : pourquoi avoir choisi ce look à la grecque, des bouteilles qui rappellent l’antique amphore ? Poser la question, c’est en quelque sorte y répondre, car un des leitmotivs des propriétaires est d’avoir des produits différents, de se démarquer des autres vignobles. Les propriétaires du Centaure ont donc mis beaucoup d’efforts autant dans la présentation du produit que dans son contenu. Ils ont gardé en tête l’optique de prioriser cette démarche et de tenter d’être unique. Et ce n’est pas raté !

Mais avant d’arriver à Dunham, de prendre possession de terres et d’y implanter un vignoble, il y a un long parcours. Presque toute une vie s’est jouée. L’histoire commence ici, à Frelighsburg en fait, où tous jeunes, Robert Boulais et son frère passent le début de leur vie (14 à 20 ans) dans le verger de papa. Après avoir migré à Beloeil, ensuite à Sainte-Julie, puis en Amérique du Sud où il rencontre sa femme et complice, Nancy Violi, Robert Boulais aboutit à Val-Alain et finalement à Saint Guillaume, où il s’ennuie des paysages vallonnés de Brome-Missisquoi. Pour lui, Saint Guillaume n’a rien d’intéressant à offrir, que des terres trop plates. Un grave infarctus et les pontages qui s’en suivirent, et surtout la convalescence réparatrice, l’ont ramené ici, chez lui.

  C’est donc en 2004 que sa femme et lui achètent cette parcelle de terre en plein centre du village de Dunham. Des vignes abandonnées y poussaient tant bien que mal. C’est alors que nos deux complices, aidés de spécialistes, dont Christian Barthomeuf, vinificateur, et David Cottineau, œnologue, y injectent une sérieuse dose d’amour et de soins. On y cultive aujourd’hui  près de 5 000 plants des cépages suivants : Seyval blanc, Vidal, Frontenac, Maréchal Foch et Somerset.

Raconté comme ça, ça a l’air très facile, mais le travail de ce couple ne commence à être rentable que depuis cinq ans, et encore. Aujourd’hui, le vignoble produit entre 12 et 14 mille bouteilles, tous cépages confondus. Les quatre alcools qu’ils nous proposent sont Tesoro, Lagrima, Cristina et Eos. Les amalgames que produit ce vignoble sont exceptionnels, car les recettes requièrent souvent du moût ou du vin de glace. C’est le cas de Tesoro qui a remporté une Médaille d’or à sa première sortie à la Coupe des nations de Québec, dans la catégorie des vins blancs de prestige.

photo Nancy Violy

« Toute les fois, c’est pareil avec toi. T’en finis plus de raconter des histoires. Moi, ce qui m’intéresse, c’est le vin !  », cracha le voisin qui, ce jour-là, n’entendait pas à rire. Les amis, amateurs de vins, se sont rencontrés pour donner leurs impressions sur les produits du vignoble dont il est question dans cette chronique. Et ils en avaient long à dire, en commençant par le rosé nommé Cristina, désigné ainsi d’après le deuxième prénom de la conjointe de M. Boulais. Son nez de fraise et de miel renferme des arômes de pommes cuites ou encore de pommes trempées dans le sucre rouge de nos tendres jeunesses. En bouche, les pommes cuites sont encore présentes tout en gardant une belle fraicheur et un bel équilibre. Étant donné qu’il est agrémenté de vin de glace à 25 % on n’est nullement étonné du résultat. On le voyait aisément accompagner presque n’importe quel dessert.

   Puis il y a Eos, du nom de la déesse grecque de l’aurore. Ce vin rouge issu d’un amalgame de Frontenac et de Maréchal Foch est élevé en fût de chêne. Son nez est vanille, fumée et fruits sauvages, mûres et baies ayant atteint leur plein développement. Il est souple, rond et a un bel équilibre. En fin de bouche, on y perçoit un soupçon de torréfaction, une larme de café. L’œil discerne un alcool opaque s’apparentant au Grenache du Languedoc. Nos experts l’accompagneraient d’un poulet grillé, d’un filet de porc ou encore d’un tagine.

Il faut aussi découvrir, je vous y convie, les deux autres produits de ce vignoble qui, à mon humble avis, est hors norme. Lagrima de Centauro qui est en soit une explosion de saveurs, un feu d’artifice, une expérience pour les papilles gustatives dont on garde un souvenir intarissable. Et Tesoro, ce vin blanc fortifié de vin de glace, frais et rafraichissant, à lui seul a déjà remporté une Médaille d’or à la Fête des vins et a été nommé Choix du public en 2013, à La Coupe des nations de Québec, ainsi qu’une Médaille de bronze à la Finger Lakes International Wine Competition (New York). Pas mal pour un petit nouveau. Son grand frère, Lagrima, lui, est détenteur d’une Médaille d’argent à ce même concours prestigieux des Finger Lakes en 2012 et d’une Médaille de bronze cette année.

Au vignoble Centaure, on a transformé des bâtiments grâce à l’expérience et aux connaissances qu’avait M. Boulais en entreprenariat du bâtiment et en construction. On a travaillé d’arrache-pied pour remettre en état des parcelles de terre à l’abandon. On y a mis cœur et courage avec un but à atteindre : accomplir un rêve, celui d’épater par de nouveaux amalgames. Chapeau Madame, Monsieur ! Nous en sommes fiers !

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