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- Aînés -

Le bouton argenté

Qualité de vie

Assurer une qualité de vie adéquate aux aînés étant une responsabilité collective, le Réseau FADOQ demande à la société québécoise de s’engager formellement à en faire une priorité et à s’imposer, comme un devoir, le respect des conditions de santé, de sécurité, de bien-être et d’appartenance envers toutes les personnes de 50 ans et plus. Le Réseau FADOQ souhaite que le plus grand nombre possible d’organisations gouvernementales et non gouvernementales, de groupes d’intérêt, d’entreprises et de simples citoyens adoptent des approches et des plans d’action en ce sens.

Contrat social

en faveur d’une qualité de vie adéquate pour les aînés du Québec

Le bouton argenté est le symbole d’un mouvement pour une qualité de vie adéquate des aînés mis en œuvre par le Réseau FADOQ dans le contexte d’un Québec qui occupe le deuxième rang des sociétés industrialisées qui vieillissent le plus rapidement. Ce petit objet à quatre trous se veut représentatif des quatre piliers fondamentaux qui sont à la base d’un nouveau contrat social proposé par le Réseau FADOQ afin de promouvoir la qualité de vie, soit la santé, la sécurité, le bien-être et l’appartenance.

En portant ce bouton argenté, vous affirmez votre engagement à soutenir le mouvement en faisant la promotion d’actions concrètes qui auront une incidence directe sur une qualité de vie adéquate pour les aînés d’aujourd’hui et de demain. Le Réseau FADOQ invite donc la société civile, les organisations, les entreprises et les élus à signer le contrat social et à porter fièrement le bouton argenté.

Le Québec, à l’instar de la plupart des pays occidentaux, est une société vieillissante. Notre province occupe en effet le deuxième rang, derrière le Japon, des sociétés qui vieillissent le plus rapidement. Dès aujourd’hui, les enjeux concernant les aînés doivent être prioritaires et doivent impérativement se trouver au cœur des préoccupations politiques, économiques et sociales.

Le Réseau FADOQ est inquiet des impacts du vieillissement de la population sur la qualité de vie des aînés, notamment ceux qui découleront de la précarité des régimes de retraite et de la pression exercée sur le réseau de la santé et des services sociaux par la prise en charge des personnes vieillissantes. En tant que société, il est essentiel que nous prenions pleinement conscience de la nécessité de nous engager de façon responsable à ce que la qualité de vie adéquate des aînés soit une priorité.

Une société qui vieillit vite

Au Québec, les personnes de 50 ans et plus représentent 37 % de la population. Cette proportion atteindra 42 % en 2021 et 44 % en 2031.  D’ailleurs, le Québec est sur le point de vivre la période au cours de laquelle les 50 ans et plus surpasseront en nombre les 20-49 ans, du jamais vu.

Le phénomène du vieillissement de la population, dont les effets se font déjà sentir à bien des égards, ira donc en s’accentuant au  cours des prochaines décennies. Le faible taux de natalité, qui se situe en deçà du taux de remplacement de la population, est en partie responsable de ce déséquilibre démographique. Si ce n’était de la politique d’immigration, dont l’un des objectifs est de pallier le déficit des naissances et de faire contrepoids au ralentissement de la croissance de la population, le choc serait encore plus brutal.

Autre facteur à considérer : l’amélioration de l’espérance de vie, rendue possible par les progrès de la science, qui permet dorénavant une vie plus longue, mais surtout en meilleure santé.

Un réseau d’entraide familial de plus en plus limité

Historiquement, le Québec s’est développé selon un modèle où la famille constituait le noyau du tissu social. Comme les familles étaient nombreuses, chaque individu disposait d’un réseau de soutien plutôt étendu. Traditionnellement et naturellement, les aînés ont été pris en charge par leurs familles.

Les baby-boomers sont les premiers à avoir marqué une rupture nette avec ce modèle. Contrairement à leurs parents, ils ont fait peu d’enfants. Désormais, la famille comme organisation n’a plus la capacité d’assurer donc la société dans son ensemble qui doit assurer une qualité de vie adéquate aux aînés, et ce, peu importe les services et ressources requis par l’état de santé d’une personne.

Une tendance à l’appauvrissement des aînés

Tandis que leur nombre va en s’accroissant, les aînés sont aux prises avec une diminution globale des ressources financières mises à leur disposition. Depuis plusieurs années, nous assistons à une disparition progressive des régimes de retraite privés. La génération des baby-boomers sera-t-elle la dernière à bénéficier de la protection financière rendue possible par les régimes de retraite à prestations déterminées ? Aujourd’hui, seulement un Québécois sur trois dispose de ce type de régime de retraite alors qu’une personne sur deux ne dispose d’aucun régime de retraite collectif. La pérennité des régimes de retraite publics suscite donc une inquiétude généralisée.

Dans le contexte où les finances publiques sont sous pression, l’épargne individuelle – plus précisément l’épargne-retraite – devrait faire partie d’une stratégie à long terme. Toutefois, un sondage réalisé en 2012 par Léger Marketing révélait que 68 % des Québécois âgés entre 30 à 64 ans n’avaient aucune stratégie d’épargne en vue de leur retraite. En outre, bon nombre de travailleurs peinent à évaluer les revenus dont ils auront besoin à la retraite. Assurément, les individus doivent se préparer à pérenniser eux-mêmes leur retraite. Autrement, un nombre effarant de Québécois dépendront exclusivement des régimes publics.

Ces tendances risquent de provoquer une baisse importante du niveau de vie des aînés et des retraités, en plus d’accentuer l’iniquité intergénérationnelle, puisque les travailleurs devront absorber le déficit de ces régimes publics par l’entremise des taxes et des impôts.

Une campagne de sensibilisation doit être menée par les gouvernements afin que tous les citoyens puissent avoir l’heure juste quant aux ressources dont ils disposeront au moment de leur retraite.

Les défis à relever au plan socioéconomique quant à la pérennité des différents programmes publics sont autant de facteurs qui soulèvent des enjeux collectifs majeurs puisqu’ils sont porteurs de réformes inévitables.

Le Réseau FADOQ est d’avis que cette situation constitue une opportunité de repenser la place réservée aux aînés au sein de la société. Engageons-nous à mettre en œuvre les conditions qui garantiront le maintien d’une qualité de vie adéquate, et ce, afin de permettre à chacun de contribuer à sa juste mesure à la prospérité et à l’épanouissement du Québec.

Autre défi majeur posé par notre profil démographique : la perte d’autonomie des aînés. Là encore, des changements structurels majeurs influeront sur la qualité de vie des personnes vieillissantes.

Est-ce que le poids du nombre obligera les décideurs à une meilleure écoute des besoins et de la réalité des aînés ?

Des enjeux multiples

De façon concrète, assurer une qualité de vie adéquate aux aînés implique une variété de gestes qui touchent toutes les facettes du quotidien. Pour cette raison, nous préconisons une approche globale qui place les aînés au centre de la réflexion devant mener au développement et à l’adoption de programmes, de politiques publiques ou de comportements citoyens  plutôt que d’exiger des aînés qu’ils s’adaptent et qu’ils ajustent leurs besoins en fonction des systèmes en place.

« Je voulais absolument rester chez moi. Mais je voyais bien que je commençais à être de plus en plus dépendante de mon entourage. Si j’avais eu accès à du soutien à domicile pour tenir maison,  faire les courses et me donner un coup de main pour  gérer mes rendez-vous chez le médecin, il me semble que j’aurais pu rester chez moi. Ici, au CHSLD, j’ai l’impression d’être trop en forme et d’alourdir le système. »

– Rose Ouimette, 79 ans

« J’aimerais qu’on nous explique ! Nous avons vécu dans ce paradis toute notre vie. Nous avons bâti cette  maison, qui était à la base un chalet, de nos propres mains. Oui, la maison a connu une hausse fulgurante de sa valeur et c’est tant mieux. C’est  un legs que nous voulions remettre à notre famille. Mais, maintenant que nos revenus  sont fixes, nous n’avons plus les moyens d’acquitter nos taxes foncières. C’est avec tristesse que nous sommes forcés de vendre. Nous devons recommencer ailleurs. Mais par-dessus tout, nous sommes désolés de devoir déménager et de ne pas pouvoir couler nos vieux jours ici. »

– Jacques et Yvonne Tremblay, 76 ans et 73 ans

Éviter à tout prix d’accentuer le clivage intergénérationnel

Nous sommes déjà conscients qu’il deviendra de plus en plus difficile pour les générations plus jeunes d’assumer l’augmentation des dépenses publiques liées au vieillissement de la population.

Dans ce contexte, il est approprié de craindre un clivage intergénérationnel. Si les besoins des aînés accaparent trop lourdement les ressources, les plus jeunes, par exemple les familles, les étudiants et les jeunes travailleurs, pourraient ressentir un sentiment d’injustice. D’un côté, la masse des 20-49 ans pourrait avoir le sentiment de devoir soutenir financièrement les aînés et percevoir qu’ils ont fait preuve d’un manque de prévoyance en n’épargnant pas suffisamment quand ils en avaient les moyens. De l’autre, les aînés pourraient traduire l’attitude des plus jeunes comme un bris de solidarité, ayant eux-mêmes l’impression de s’être dévoués pour faire fonctionner le système et l’offrir en héritage aux générations qui les suivent.

Bref, il est impératif de faire en sorte qu’il se tisse une solidarité intergénérationnelle authentique afin d’éviter une amplification du clivage qui pourrait dégénérer en conflit plus profond et ainsi mettre en péril la qualité de vie des aînés d’aujourd’hui et de demain.

Le rôle du réseau FADOQ : exercer un leadership essentiel

Parce que les enjeux touchant les aînés sont fondamentaux, nous croyons qu’il est de la première importance de prendre conscience dès maintenant que nous avons tous la responsabilité de nous engager et un rôle à jouer pour assurer une qualité de vie adéquate aux aînés.

Pour que ce contrat social puisse être mis en œuvre, il faut qu’un leadership fort soit exercé auprès du gouvernement, mais qu’il soit également partagé avec les organismes sociaux en toute collégialité. Le Réseau FADOQ entend exercer ce leadership essentiel avec ses partenaires pour mobiliser l’ensemble de la société civile et l’inciter à adhérer à ce changement majeur.

Ce manifeste et le contrat social qui en découle constituent donc un plaidoyer en faveur d’une qualité de vie adéquate pour les aînés d’aujourd’hui et de demain. Soutenu par la force de son réseau implanté dans toutes les régions du Québec, le Réseau FADOQ entend poursuivre ses efforts de mobilisation pour faire en sorte que la qualité de vie des aînés devienne une priorité partagée par tous et portée en commun par toutes les générations.

Les quatre principes d’une qualité de vie adéquate pour les aînés

Notre société doit cesser de voir le vieillissement comme un problème. Voyons-y plutôt une belle occasion de tirer profit du savoir, de l’expérience et de la sagesse de ces générations d’aînés. Cessons d’envisager le vieillissement comme une série de problématiques nécessitant autant de guichets de services dans un système qui manque cruellement d’une vision d’ensemble. Envisageons l’importance d’assurer aux aînés une qualité de vie adéquate comme un investissement pour le présent et le futur.

L’Organisation mondiale de la santé définit ainsi la qualité de vie : « […] la perception qu’a un individu de sa place dans l’existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquels il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes. C’est un concept très large influencé de manière complexe par la santé physique du sujet, son état psychologique, son niveau d’autonomie, ses relations sociales, ainsi que sa relation aux éléments essentiels, à son environnement. » Il devient impératif de compléter cette définition et de la préciser en établissant les quatre principes fondamentaux de la qualité de vie des aînés : santé, sécurité, bien-être et appartenance.

Santé

La santé est essentielle à la qualité de vie. Les aînés ont des besoins spécifiques, propres au vieillissement et à ses conséquences. Le vieillissement n’est pas une maladie, c’est un acte d’être, un état biologique, une étape de la vie qui passe et à laquelle personne n’échappe. Tout le monde vieillit, seule l’année change. Le système de santé québécois doit s’adapter adéquatement aux maux dont sont victimes les personnes vieillissantes. Il faut  assurer l’accès à un éventail de soins, tant spécialisés que généraux, de courte ou  de longue durée, à domicile ou en institution publique. Pour ce faire, nous devons allouer les ressources nécessaires aux bons endroits tout en soutenant les proches aidants qui jouent un rôle indispensable. Donnons-nous l’objectif collectif d’assurer l’autonomie des aînés, et ce, aussi longtemps que possible.

Sécurité

À tout âge, se sentir en sécurité est nécessaire à la qualité de vie. À l’âge où la vigueur et la confiance qui l’accompagne ont trop souvent quitté les aînés, leur vulnérabilité ouvre la porte aux abus de toutes sortes, à la maltraitance, à l’intimidation ou à la fraude. La société civile a le devoir d’assurer leur sécurité. Ce principe de protection des aînés doit s’inscrire obligatoirement dans les responsabilités de la société québécoise, qui se veut égalitaire et solidaire.

Bien-être

Le principe de bien-être se fonde sur la nécessité d’établir collectivement les balises d’un confort minimum garanti et d’une sécurité matérielle adéquate pour tous les aînés. Par ce principe, assurons-nous en tant que société moderne, disposant de suffisamment de richesses et de ressources, que le vieillissement ne devienne pas, comme c’est présentement trop souvent le cas, synonyme d’appauvrissement, d’itinérance, de malnutrition, d’isolement ou de solitude. Assurer à toutes les personnes de 50 ans et plus les moyens de se loger adéquatement, de se nourrir correctement, de s’habiller convenablement, de s’amuser et de se divertir suffisamment aura des répercussions positives pour l’ensemble de la société.

Appartenance

Derrière les caractéristiques visibles d’un aîné se cache le temps. Le temps passé à parfaire l’expérience, à bonifier les connaissances ou à valider des intuitions. Toute cette expérience et toutes ces connaissances ont une valeur inestimable pour la collectivité. Tirons-en profit. Offrons-nous collectivement le luxe d’entendre nos aînés, demandons-leur de s’exprimer sur les enjeux de l’heure, donnons-leur un rôle plus actif, incluons-les dans les processus de décision, tirons parti de leur sagesse et de leur enseignement. Garantissons-leur une participation active et le droit d’être des citoyens à part entière. Assurons-nous de leur pleine appartenance à la société québécoise.

Les engagements

Assurer une qualité de vie adéquate aux aînés étant une responsabilité collective, le Réseau FADOQ demande à la société québécoise de s’engager formellement à en faire une priorité et à s’imposer, comme un devoir, le respect des conditions de santé, de sécurité, de bien-être et d’appartenance envers toutes les personnes de 50 ans et plus.

Le Réseau FADOQ souhaite que le plus grand nombre possible d’organisations gouvernementales et non gouvernementales, de groupes d’intérêt,  d’entreprises et de citoyens adoptent des approches et des plans d’action intégrant le concept de respect d’une qualité de vie adéquate des aînés dans toutes leurs décisions, leurs politiques, leurs modes de gestion et leurs relations avec les autres intervenants de la société civile.

Pour ce faire, nous vous encourageons à vous engager concrètement en signant  le contrat social, puis à arborer fièrement votre bouton  argenté.

Réfléchissons et agissons

Tous les organismes ont leurs préoccupations propres, mais une réalité unique les regroupe : le vieillissement nous concerne tous !

Tout en demeurant fidèle à votre philosophie et votre réalité, nous vous invitons à  mettre de l’avant vos propres actions pour assurer une qualité de vie adéquate aux aînés d’aujourd’hui et de demain.

Ils méritent que nous soyons nombreux à réfléchir et à agir pour une société qui intègre activement tous ses citoyens.

Reconnaissant que nous avons une responsabilité collective de protéger la qualité de vie des aînés, nous nous engageons formellement à :

  1. Prévoir l’impact de toutes nos décisions, pratiques, choix de gestion et relations sur la qualité de vie des aînés, et à faire en sorte que nos actions favorisent le maintien d’un niveau de qualité de vie adéquat pour tous les aînés.
  2. Respecter l’intégrité morale et physique des aînés dans toutes nos actions.
  3. Reconnaître notre responsabilité collective envers les aînés pour leur garantir un accès adéquat à tous les services nécessaires pour assurer leur santé, leur sécurité, leur bien-être, et leur appartenance à la société.
  4. Contribuer dans la mesure de nos capacités, à titre d’intervenants de la société civile, à mettre en œuvre les actions nécessaires pour assurer une qualité de vie adéquate aux aînés.

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