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- Édito -

Le bonheur

Éric Madsen

Le jour avant l’arrivée du printemps, tous les pays membres de l’Organisation des Nations Unies souligneront le 20 mars de diverses façons. Une résolution signée par les États membres annonce officiellement  la Journée internationale du bonheur. C’est donc dire que le 20 mars prochain, l’humanité presque entière sera dans un état de complète satisfaction, de plénitude, de joie et de plaisir, selon l’ONU et Le Petit Larousse.

Personnellement, je ne sais pas dans quel état d’esprit je serai cette journée-là, mais je vais faire mon possible (un mercredi, en plus !). On dit que le bonheur se résume parfois à de petites choses, comme une caresse du vent sur le visage au coucher du soleil, une parole gentille, les arômes subtils du lit conjugal duquel on sort du bon pied. Bref, il existe une multitude d’excitations sensorielles pour notre plus grand bonheur. En tant que Franco-canadien québécois bien nanti ou presque, je n’ai pas trop de problème à m’imaginer nageant dans le bonheur le 20 mars prochain. À moins bien sûr que cette journée soit ponctuée de drames et de malchances et que durant ces 24 heures tout marche tout croche. Car un rien peut entacher le bonheur. Il suffit d’une journée froide et pluvieuse, d’une crevaison, d’un boss qui fait la gueule, d’une dispute de couple, d’un sac d’épicerie qui s’éventre sur le trottoir, d’une fermeture éclair qui brise, d’une bouteille de vin bouchonnée, d’un chien arrosé par une moufette pour que soudainement le bonheur soit le dernier de nos soucis en ce jour résolument onusien.

Malheureusement, j’ai le vilain pressentiment que la planète entière ne nagera pas dans le bonheur cette journée-là, selon le bon vouloir des Nations Unies. Malgré la meilleure des volontés, quelqu’un quelque part sera malheureux. Comme il est coutume, une catastrophe climatologique par-ci, une guerre par-là, et quoi encore, aura tôt fait de saper le moral de milliers de gens. Entre vous et moi, une mère de famille syrienne n’entrevoit pas le 20 mars dans la joie et l’allégresse, tout comme des enfants haïtiens vivant depuis trois ans dans les gravats post-tremblement de terre de leur maison, n’auront certe pas la mine joyeuse au lever du jour.

Qui a inventé cette phrase : « Le malheur des uns fait le bonheur des autres… » et celle-ci : « Quand on se compare on se console » ?

Le bonheur étant une notion parfois abstraite et suggestive, un genre de secret qu’on garde pour soi, une sensation éphémère, un plaisir passager unique en chacun de nous, il faut le prendre quand il passe. Et ici dans cette belle région tranquille, les occasions de le vivre ne manquent pas. Pensez-y, il est là, tout près, il attend juste que vous passiez.

Un rendez-vous à ne pas manquer le 20 mars prochain, à l’aube d’une saison qui immanquablement nous fait revivre des bonheurs oubliés.

Bonne lecture.

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