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La Seigneurie de Saint-Armand (5)

L’industrie navale en Nouvelle-France
Charles Lussier

Le Jupiter construit en France vers 1745.  Un exemple de l’architecture navale des vaisseaux construits en Nouvelle-France (Photo : Musée Stewart (Montréal))

L’industrie navale en Nouvelle-France prend naissance sous l’intendance de Jean Talon, qui avait compris son importance stratégique pour le progrès économique et la défense du nouveau pays. La production de vaisseaux pour la Marine royale a toujours été variable selon les administrateurs en fonction. Le 8 mai 1731, Louis XV (né en 1710 – roi de 1715 à 1774) décide de subventionner la construction navale. Entre 1732 et 1735, grâce à l’appui des autorités royales, dix-huit navires sont construits en Nouvelle-France avec du bois provenant surtout de la seigneurie de Terrebonne.

Suite aux explorations de Joseph Corbin et Levasseur, c’est à partir de 1745 que l’exploitation des forêts du lac Champlain pour la construction navale connaît un certain essor. Dans une lettre au ministre de la Marine datée du 10 octobre 1748, l’intendant Bigot l’informe que les bois exploités au lac Champlain par Corbin et Antoine Lupien dit Baron suffiront pour construire L’Orignal. Le plus grand vaisseau jamais construit s’échoua à son lancement devant une foule et le gratin mondain néo-français sur les berges du chantier royal à Québec. La construction de navires est nécessaire car, à cette période, il n’y a que trois bateaux ou goélettes pour desservir toute la Nouvelle-France.

Voici les derniers navires construits sous la supervision du seigneur de Saint-Armand, René-Nicholas Levasseur :

  • Canada : flûte de 500 tonneaux qui pouvait porter 40 canons. Construite du 22 septembre 1739 au 4 juin 1742. Équipage de 120 hommes.
  • Le Caribou : flûte (navire de transport) de 700 tonneaux qui pouvait porter 45 canons. Dimensions : 130 pi de longueur par 35 pi de largeur. Construite de 1742 au 13 mai 1744. Équipage de 150 hommes. Fit une campagne en Nouvelle-France.
  • Le Castor : frégate de 26 canons dont la construction commence en juillet 1744, lancée le 16 mai 1745. Dimensions : 115 pi par 31 pi.  Elle portait un équipage de 200 à 250 hommes. Seul navire construit à Québec à avoir fait quelques campagnes en Nouvelle-France.
  • La Martre : frégate de 22 canons construite de septembre 1745 au 6 juin 1746.
  • Le Saint-Laurent  : vaisseau de 60 canons construit de septembre 1746 au 13 juin 1748.
  • Le Carcajou : corvette de 70 à 80 tonneaux armée de 12 canons. Elle coula lors d’une tempête sur les côtes de France en 1748.
  • L’Algonquin : vaisseau de 72 canons mis en chantier en octobre 1750, lancé en juin 1753. Il arrive à Brest le 3 octobre 1753.
  • L’Orignal : vaisseau peint de 60 canons dont l’armement pouvait être porté à 72 canons. Mis en chantier vers le 1er octobre 1748, lancé le 2 septembre 1750. Il se brisa sur un banc de rochers à son lancement.
  • Abénaquise : frégate de 30 canons mise en chantier à l’été 1753, lancée au printemps 1756. Prise par les Anglais en 1758.
  • Québec : frégate de 30 canons mise en chantier en septembre 1756. Ne semble pas avoir été terminée. Bombardée par les Anglais.

Sources :

  1. Mathieu, J. 2007. Bateaux du roi construits à Québec à la fin du Régime français, communication par courriel, Dép. Histoire, Université Laval
  2. Lacoursière, J., 1995. Histoire populaire du Québec – Des origines à 1791. Éd. Septentrion, 481 p.

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