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- Gens d'ici -

Il suffit de passer le pont…entrevue avec Guy Édoin

Jean-Pierre Fourez

Guy Édoin pendant le tournage de Marécages (Photo : Philippe Bossé – Max Films)

Rencontré entre deux prises de vues sur le plateau de tournage de Marécages, Guy Édoin a bien voulu passer un peu de son précieux temps à nous parler de son attachement à Saint-Armand.

Dans l’œuvre toute jeune de Guy Édoin apparaît une constante : la présence du pont Guthrie, le plus petit pont couvert du Québec, situé à deux pas de la ferme paternelle. En effet, dans les trois court métrages de la trilogie des Affluents, l’action tourne autour du pont, si bien qu’il en devient presque un personnage à part entière.

Le cinéaste explique que ce lieu est indissociable de son existence ; c’est le complice de son enfance à Saint-Armand, et il y est très attaché, car ce pont l’a vu grandir et a été le témoin de ses jeux, de ses plaisirs et de ses chagrins. Ce pont, Guy le connait par cœur ; il fait partie de la famille comme s’il était au beau milieu de la cour de la ferme de ses parents et de ses grands-parents : il reste gravé dans sa mémoire affective.

 

Si le pont apparaît dans ses films, et encore cette fois dans Marécages, son premier long métrage, c’est, explique Guy Édoin, parce qu’il est l’image d’un lieu de passage, de transition, et de façon métaphorique, l’incarnation de son parcours de l’enfance à l’âge adulte, du court au long métrage, et de toutes les traversées de la vie qui l’ont entrainé jusqu’à l’ici et maintenant.

« À 29 ans, dit-il, il faudrait bien que je termine mon adolescence une bonne fois ! Ce thème du passage du pont est ancré dans mon subconscient, et un jour peut-être je découvrirai pourquoi je me sens appelé à tourner ici. »

En attendant, Guy Édoin trouve que Saint-Armand a un côté sécurisant, les lieux lui sont connus, familiers, et il sent son village de façon charnelle. Il a donc une facilité instinctive à le mettre en valeur. « Quand on se sent confortable et en harmonie avec un lieu qui nous appartient, ce n’est pas difficile d’y trouver les plus beaux cadres ou des angles de prises de vues originaux… et puis on sauve un temps fou ! »

Son expérience armandoise de bientôt quatre films est comme une espèce de piste de décollage d’une carrière p r o m e t t e u s e . Déjà Guy a un projet futur qui mijote dans sa tête mais qui, cette fois, ne se passera pas à Saint-Armand. Le cordon ombilical sera-t-il coupé ? L’enfant du pays sera-t-il devenu adulte ?

Dans la tranquille et bucolique campagne de Saint-Armand, on pourrait imaginer une histoire évoquant le bonheur et les jours heureux. Or, les thèmes de prédilection de Guy sont diamétralement opposés ; des drames sombres, lourds, chargés émotivement. Quand on lui demande si c’est dû à un trait de son caractère ou à un choix délibéré, il répond tout simplement : « Dans la vie, je suis d’un naturel plutôt enjoué mais dans la fiction je suis un amateur de grands drames comme dans les tragédies grecques. J’ai plus de facilité à raconter les tourments de mes personnages que leurs joies. D’ailleurs, je me verrais mal tourner une comédie. »

Pour lui, camper une scène tragique dans un endroit paisible n’est pas contradictoire, c’est un contrepoint qu’il adore utiliser car les personnages au vécu difficile sont plus contrastés et plus vrais dans un lieu magnifique. « J’aime jouer avec ce contre-point, les drames ne sont pas l’apanage des lieux sordides, ils se passent aussi dans des endroits idylliques. Les drames de famille arrivent dans tous les lieux et le bonheur de vivre n’empêche pas la souffrance ni les catastrophes. »

Ici, Guy Édoin se sent à l’aise : l’accueil de la population et l’appui de la municipalité facilitent le travail. Il a l’impression de tourner en famille et la certitude de partager son amour pour son village d’origine. Quoi qu’il fasse dans le futur, il reste un enfant d’ici. Ses parents et grands-parents sont ses premiers « fans ». Il est fier de leur faire partager avec la fabuleuse équipe de MaxFilms une expérience qui contribue à magnifier Saint-Armand.

Marécages

Long métrage tourné à Saint-Armand et dans les environs.

Synopsis

Sur une ferme laitière des Cantons-de-l’Est, alors que sévit la sécheresse et que les terres se dessèchent, un drame vient bouleverser la vie de la famille Santerre. Confrontés les uns aux autres, ils devront apprendre à se pardonner.

Scénario-réalisation : Guy Édoin

Production : Max Films

Producteur exécutif : Roger Frappier

Producteurs : Luc Vandal et Félize Frappier

Acteurs : Pascale Bussières, Gabriel Maillé, Luc Picard, François Papineau, Angèle Coutu, Denise Dubois, Julien Lemire, Michel Perron, Guillaume Cyr, Alain Cadieux.

Sortie en salles prévue en 2011.

Guy Édoin : scénariste et réalisateur ; quelques dates

2000 : Certificat en scénarisation (UQAM)

2002 : Deux courts métrages, Comme une image et Placébo

2004 : Le Pont, premier court métrage de la trilogie des Affluents

2006 : Les Eaux Mortes, deuxième de la trilogie, avec Monique Miller et Gabriel Gascon (Prix Jutra du meilleur court métrage en 2007)

2008 : La Battue, troisième de la trilogie, présenté à de nombreux festivals et récipiendaire du prix du Meilleur court métrage au Festival du Nouveau Cinéma

2010 : Tournage de Marécages, premier long métrage

Les films de Guy Édoin ont été présentés et certains mis en nomination dans plusieurs festivals internationaux de cinéma.

 

 

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