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- Agroforesterie -

Évolution internationale des forêts

Mathieu Voghel-Robert

Photo : Johanne Ratté

L’évolution du couvert forestier mondial tend vers l’équilibre. Dans la dernière décennie, la déforestation a ralenti à plusieurs endroits dans le monde parallèlement à l’explosion des surfaces reboisées par l’homme. Selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur l’état des forêts dans le monde, la déforestation est passée de 8,3 millions d’hectares annuellement durant la décennie 1990-2000 à 5,2 millions pour les dix dernières années.

Du côté des changements majeurs, il faut compter avec l’arrivée d’un poids lourd dans l’univers du reboisement intensif : la Chine, avec ses objectifs colossaux de reboiser 200 millions d’hectares. Cela représente plus que la superficie des provinces du Québec et des maritimes réunies.

Le reboisement peut sembler une solution intéressante, mais il en résulte des forêts de piètre qualité, comparativement aux forêts primaires. Parfois elles forment carrément de véritables déserts verts. Les immenses plantations d’eucalyptus du Brésil destinées à la production à grande échelle de pâte à papier en sont un bon exemple. Bien que ces initiatives bénéficient de crédit de carbone, ce n’est pas d’une grande utilité pour la biodiversité, ni même pour réduire les émissions de CO2.

En Europe, c’est la régénération naturelle des forêts qui permet d’améliorer le bilan, tandis que, en Amérique du Nord, le reboisement intensif, conjugué à une accalmie des coupes résultant de la crise économique, a permis d’obtenir un bilan positif.

Malgré tout, chaque année, près de 10 millions d’hectares de forêts primaires disparaissent. En décembre dernier, lors du sommet sur le climat de Cancun, un accord a été signé par 190 pays pour tenter de protéger les grandes forêts tropicales du Brésil, de la République démocratique du Congo et de l’Indonésie par des aides financières. Paradoxalement, ces pays représentent plus de 50 % de la déforestation mondiale.

Au Québec, avec l’effondrement de l’industrie forestière, des programmes massifs de reboisement et un moratoire sur la création de nouvelles terres agricoles, le bilan est plutôt réjouissant. Mais des années de coupes intensives et de déboisement avaient déjà hypothéqué une grande partie des plus belles forêts de la province. L’étalement urbain en périphérie des grands centres continue de gruger les dernières belles forêts et les meilleures terres agricoles du sud du Québec.

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