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- COVID-19 et son impact -

Des entreprises qui souffrent, d’autres moins

Guy Paquin

La pandémie de COVID a entraîné nombre de fermetures d’entreprises, temporaires ou permanentes. L’impact sur les emplois a entraîné un chômage d’autant plus dommageable que, précédemment, nous vivions la situation exactement contraire, soit une pénurie de main d’œuvre.

En juin 2019, le taux de chômage au Québec était de 5 %. Un an plus tard, en avril 2020, 17 % de la main d’œuvre se retrouvait sans travail. Depuis, il y a eu un rétablissement partiel de la situation, avec des taux de chômage de 13,7 % en mai et de 10,7 % en juin.

En Montérégie, le taux de chômage était de 14 % en juin 2020, contre 13 % le mois précédent et c’est sans nul doute dû à la pandémie. Selon Catherine Poulin, responsable des relations médias pour le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité Sociale, 2 300 emplois ont été perdus entre mai et juin. Le secteur des services, surtout celui de la vente au détail, a été durement frappé. Ceux de la construction, de l’hébergement et de la restauration sont aussi atteints.

En cela, nous ne différons pas du reste du Canada. Tout le pays a vu les revenus des ventes au détail subir une dégringolade vertigineuse depuis le début de la pandémie. Selon le rapport le plus récent de Statistiques Canada, entre février et mai 2020, les ventes au détail ont reculé de 17 % dans l’ensemble du pays. Pendant ce temps, les consommateurs canadiens se rabattaient sur l’achat en ligne, qui a augmenté de 99 % pour s’établir à près de 4 milliards de dollars en mai 2020.

 Ventes à la baisse

 Selon Statistiques Canada, en janvier et février les ventes au détail au Québec se portaient très bien, avec des revenus autour de 11 milliards de dollars. En avril, ils étaient tombés à 6,8 milliards pour remonter à 9 milliards en mai. La COVID est la grande responsable de cette perte de revenus.

Selon Denis Beauchamp, directeur du service de développement économique du Centre local de développement (CLD) de Brome-Missisquoi, les commerces de notre région ont aussi été frappés. « Alors que d’autres secteurs s’en tirent bien, nos commerces de détail sont globalement dans une situation fragile. La pandémie a accéléré la migration de la clientèle des magasins vers l’achat en ligne et les commerces qui ne pratiquent pas cette approche ont beaucoup souffert. »

Afin de contrer le manque à gagner dans ce secteur, le CLD a créé un outil pour stimuler la fréquentation des commerces et des autres entreprises locales. On a mis en ligne cette année un répertoire de 400 commerces locaux sous le chapeau jachetebromemissisquoi.com. C’est ainsi que 24 petits détaillants et autres petites entreprises de Dunham figurent dans ce répertoire. Il y en a 17 à Bedford, 8 à Frelighsburg et 2 à Saint-Armand.

Denis Beauchamp prévoit que d’ici l’automne le gouvernement du Québec annoncera un nouveau programme financier pour soutenir les commerces qui souhaitent passer à la vente en ligne. « Je crois aussi qu’il y aura aussi avant l’automne un nouveau programme pour les commerces qui ont dû investir pour assurer un accueil sécuritaire de la clientèle. »

Programme d’aide provinciale

Jusqu’ici, Brome-Missisquoi a reçu 1,5 million de dollars de Québec pour soutenir les PME de la région. M. Beauchamp confirme que depuis le mois d’avril, le CLD a reçu 163 demandes d’information de la part des PME concernant ce programme. Par la suite, 64 petites et moyennes entreprises ont déposé une demande en bonne et due forme dans le but de tenter un redressement face aux ravages causés par la COVID. De ce nombre, 75 % ont satisfait les critères et ont effectivement reçu de l’aide financière.

S’ajoutent à cela l’aide fédérale aux entreprises, comme la subvention salariale d’urgence du Canada, la subvention salariale temporaire de 10 %, des reports d’impôt et de taxes ainsi que des exemptions de tarifs douaniers.

Tourisme en santé

 Curieusement, alors que le secteur des services a accusé des pertes d’emplois au moins temporaires, selon M. Beauchamp, le tourisme vit une jolie reprise chez nous. Il y a eu une fermeture partielle en mars, mais les établissements ont pu continuer leurs opérations en suivant les directives sanitaires.

Quant au confinement des Américains sur leur territoire, si cela a été catastrophique à Montréal ou à Québec, ce n’est pas le cas dans notre région. « La fermeture des frontières n’a guère eu d’impact sur l’accueil touristique, assure M. Beauchamp. C’est que les étrangers ne contribuent que pour 3 % des visiteurs dans Brome-Missisquoi, contre 97 % de Québécois. »

Plus curieux encore, la pénurie de main d’œuvre persiste encore dans l’hôtellerie. Ainsi, le site web du Château Bromont affiche des demandes d’emplois aussi bien pour l’accueil de la clientèle qu’en cuisine et au restaurant. On cherche aussi des préposés à l’entretien des chambres.

C’est également vrai pour plusieurs restaurants et hôtels de la région. N’allez toutefois pas croire que la restauration n’a pas souffert de la pandémie. « Nos restaurants ont été beaucoup fragilisés » confirme M. Beauchamp.

D’ailleurs, dans les grands centres, l’hôtellerie souffre terriblement. L’Association des hôtels du Grand Montréal affichait un taux d’occupation des chambres de 12,7 % en juin 2020, en baisse de 71 % par rapport à 2019. Les revenus ont fondu de 93 % !

Quant à notre secteur hôtelier, il maintient son achalandage touristique habituel. Cependant, selon le directeur du service de développement économique du CLD Brome-Missisquoi, la subite disparition des congrès, foires commerciales et autres rassemblements d’affaires risque de lui faire beaucoup de mal.

Restera à voir l’impact de l’aide provinciale de 446 millions de dollars pour les établissements d’hébergement et les attraits touristiques. Par ailleurs, la main d’œuvre pourra-t-elle se convaincre que les hôtelleries sont dorénavant sécuritaires et retourner au travail ?

 

 

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