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- Dossier Santé -

COOP de solidarité santé Bedford & région… derniers développements

François Renaud

La dernière fois que Le Saint-Armand s’est intéressé à la Coopérative de solidarité santé Bedford & région, c’était au lendemain de son assemblée générale annuelle du 30 mai dernier. À la mi-novembre, nous avons rencontré Mme Lise Gnocchini afin qu’elle informe nos lecteurs sur le travail accompli au cours des six derniers mois.

LE SAINT-ARMAND –

La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, vous assumiez la présidence de la Coop ; je crois comprendre que, depuis lors, il y a eu quelques changements au sein de votre conseil d’administration.

LISE GNOCCHINI –

Exact. D’abord un de nos administrateurs,  M. Michel St-Louis, a dû démissionner pour des raisons de santé. Ensuite, après quatre années à la présidence, j’estimais que le temps était venu pour moi de céder ma place à quelqu’un d’autre, question d’injecter un nouveau dynamisme à notre organisation. Aujourd’hui, c’est M. Kevin Craft qui assume la présidence du C.A., Mme Claudine Paris est notre trésorière et nos trois autres administrateurs sont Mmes Maryse Lorrain et Martine Groulx et M. Guy Lambert ; quant à moi, j’assume désormais le rôle de vice-présidente de la Coop.

Finalement, notre coordonnateur, Jean-Patrick Lebœuf, a décidé de ne pas renouveler son contrat, et nous avons choisi de le remplacer par Mme Johanne Labrecque, qui assume la tâche d’adjointe administrative à mi-temps.

St.-A. – Lors de la dernière assemblée générale, le conseil d’administration avait informé ses membres que la Coop était sur le point de conclure une transaction immobilière qui lui permettrait de relocaliser les activités de l’actuelle clinique médicale ; où en est ce projet ?

L.G. – Je suis forcée d’avouer que nous avons dû abandonner notre projet d’acquisition. Pour toutes sortes de raisons techniques, la transaction n’a pas pu se réaliser.

St.-A. – Je vous sens très déçue…

L.G. – On le serait à moins ! Pendant un moment, nous avons tous eu le sentiment d’avoir investi quatre années d’efforts pour rien.

St.-A. – Et aujourd’hui ?

L.G. – Aujourd’hui, cette rebuffade nous a permis de réorienter nos priorités. Plutôt que de prioriser l’acquisition d’un bâtiment pour héberger nos activités, nous avons compris que nous devions plutôt faire porter l’essentiel de nos efforts sur le recrutement des membres et sur le recrutement de nouveaux médecins.

St.A. – Parlant du recrutement des médecins, avez-vous une idée exacte de la situation concernant la desserte médicale pour Bedford et sa région ?

L.G. – Certainement. D’abord, je dois préciser que le territoire de notre Coopérative couvre en priorité neuf municipalités – Bedford, Canton de Bedford, Saint-Armand, Frelighsburg, Stanbridge East, Stanbridge Station, Notre-Dame-de-Stanbridge, Pike River et Saint-Ignace-de-Stanbridge – qui totalisent entre 8 500 et 9 000 citoyens.

Accessoirement, nous pourrions aussi étendre nos activités à Dunham, Saint-Alexandre et Sainte-Sabine, auquel cas nous aurions 10 000 citoyens sur l’ensemble de notre territoire.

St.-A. – Lorsqu’on sait que le ratio du Ministère est de 1 médecin pour 1 200 patients, le moins qu’on puisse dire, c’est que nous sommes juste au bord de la limite acceptable, non ?

L.G. – Exact. Mais la situation n’est pas encore catastrophique : d’après un sondage que nous avons réalisé récemment, 95 % des gens de la région ont un médecin de famille. La vraie question est de savoir combien de temps ce fragile équilibre va se maintenir. Les médecins de la clinique de Bedford ne rajeunissent pas et le nombre de médecins au CLSC est limité à quatre par le CSSS. La seule solution pour parer au pire est de travailler sérieusement au recrutement de nouveaux médecins pour la clinique, et c’est ce que notre Coopérative fait depuis deux ans en louant un kiosque à la Journée Carrière Québec, un événement qui s’adresse aux étudiants et aux jeunes diplômés en médecine.

St.-A. – Et vous avez du succès ?

L.G. – Pas évident, parce que plusieurs facteurs jouent contre nous. D’abord, notre région est considérée comme économiquement « dévitalisée », ce qui revient à dire que nous avons de moins en moins de ressources en matière de commerces, de services, de loisirs et de culture…moins d’un peu tout, quoi. Vous conviendrez que, pour un jeune médecin, cette situation n’est pas franchement attirante.

D’autre part, il faut également tenir compte du fait que la tendance privilégiée par le CSSS est de regrouper ses services autour de plus grands centres comme Farnham et Cowansville, ce qui a pour résultat d’isoler Bedford et sa région. Et c’est ce contre quoi nous devons lutter activement, sinon, dans très peu de temps, nous devrons nous déplacer sur de longues distances pour obtenir nos soins de santé.

St.-A. – Sans chercher à être faussement pessimiste, je vous dirais que la situation que vous décrivez ressemble à un cul-de-sac.

L.G. – Justement, il ne faut pas être pessimiste!Oui, un danger nous guette, mais nous pouvons encore éviter la catastrophe en réagissant et en agissant collectivement.

St.-A. – Pouvez-vous développer cette idée ?

L.G. – Bien sûr. Imaginez que vous êtes un jeune médecin… Seriez-vous intéressé à pratiquer dans un milieu apathique, désorganisé, pour qui la prise en main de la santé représente une visite annuelle chez son médecin ? Je ne crois pas.

Mais si on vous présente un milieu dynamique où les citoyens ont collectivement décidé de faire des efforts pour prendre leur santé en main et défendre leur accès à des soins médicaux de proximité, je crois que, là, vous allez être intéressé.

C’est en ce sens que la Coop a décidé de faire porter une large partie de son action sur le recrutement de membres, en proposant une large gamme d’actions concrètes toutes liées à une meilleure prise en main de notre santé. Au cours des prochains mois, notre Coopérative veut faire porter ses efforts sur l’information et l’action, en organisant diverses rencontres qui permettront à nos concitoyens de mieux comprendre les enjeux de l’alimentation, du tabagisme et de l’activité physique sur leur santé. Nous voulons travailler de concert avec les organismes existants pour permettre à nos membres d’avoir accès, par exemple, aux conseils de nutritionnistes ou d’orthophonistes, ce qui n’est pas possible actuellement.

À la Coop, nous sommes convaincus que c’est en mobilisant un maximum de citoyens autour d’activités liées à une meilleure prise en main de leur santé que nous allons jouer pleinement notre rôle et que nous allons réussir à convaincre de jeunes médecins à venir s’établir chez nous.

St.-A. – Et vous avez un objectif concret en matière de recrutement ?

L.G. – Notre premier objectif est de recruter 500 nouveaux membres d’ici la mi-février. D’ailleurs, j’invite chaleureusement tous vos lecteurs à nous appuyer en se procurant leur carte de membre pour la modique somme de 10 $… Pensez-y, une carte de la Coop santé pour concrétiser les vœux traditionnels de la nouvelle année : du Bonheur et de la Santé !

Note de la rédaction : vous pouvez vous procurer votre carte de membre de la Coopérative de solidarité santé Bedford & région en téléphonant au 450-248-2339.

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