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- Dossier Eau -- Édito -

BANDES RIVERAINES

Pierre Lefrançois

Éditorial

Par : Pierre Lefrançois

Dans la foulée de l’adoption, par la municipalité régionale de comté (MRC) de Brome Missisquoi, du Cadre réglementaire sur la gestion des eaux de surface et du contrôle de l’érosion (le REGES, pour employer le jargon des gestionnaires de la MRC), les autorités offrent aux citoyens une formation gratuite pour apprendre comment aménager et entretenir une bande riveraine. (Voir l’annonce en page 15)

Ah bon ! Pourquoi ?

Parce que l’interdiction, pour les propriétaires riverains, de tondre leur gazon jusqu’au bord de l’eau nécessite d’aménager autrement certaines parties de leur propriété. Si vous êtes l’un de ces nombreux propriétaires riverains, cette formation gratuite vous apprendra comment vous y prendre.

Sur tous les terrains qui bordent un cours d’eau répertorié, large ou étroit, long ou court, on devra laisser une bande riveraine à l’état naturel (il sera interdit d’y passer la tondeuse) ou l’aménager en y plantant des végétaux (arbres, arbustes ou herbacées vivaces rustiques). Pour les terrains résidentiels déjà bâtis, cette bande sera d’une largeur minimale de trois mètres (10 pieds), tandis que pour les terrains vacants, elle devra avoir un minimum de cinq mètres (16½ pieds). Sur une terre agricole en culture il faudra qu’elle compte au moins 2 mètres (6½ pieds) de largeur.

Rien que sur le territoire de la municipalité de Saint-Armand, il n’y a pas moins de 150 km de cours d’eau répertoriés. Considérant que, par définition, un cours d’eau possède deux rives, c’est environ 300 km de bandes riveraines qu’il faudra laisser en friche ou, plus sage et mieux avisé encore, aménager convenablement en y implantant les végétaux appropriés. En fait, ce sera un peu moins de 300 km puisque, à Saint-Armand, il n’y a qu’une seule rive pour la portion de la baie Missisquoi qui va de la frontières jusqu’aux limites de Pike River, l’autre rive se trouvant chez quelqu’un d’autre…

Mais pourquoi ces exigences réglementaires ?

Si vous avez lu les numéros dans lesquels nous avons publié notre Dossier Eau (d’août 2014 à janvier 2015), vous savez que les végétaux implantés le long des rives d’un cours d’eau captent une grande quantité de l’eau de ruissellement et absorbent les nutriments qu’elle charrie. Or, quand ces nutriments, notamment le phosphore, ne sont pas captés par les végétaux implantés sur une bande riveraine, ils se retrouvent systématiquement dans les cours d’eau. C’est la principale source de pollution de nos cours d’eau. On le sait et on a enfin décidé d’agir avant qu’il ne soit trop tard et qu’on ne puisse plus renverser la situation.

Elles sont vraiment efficace ces bandes riveraines ?

De plus en plus en plus d’experts croient que des bandes de protection plus larges seraient plus efficaces et qu’il faudrait y ajouter bien d’autres mesures. Ils ont certainement raison, mais bon… Deux à cinq mètres sur les rives de tous les cours d’eau, c’est déjà beaucoup mieux que rien du tout, ou presque, comme c’est actuellement le cas, pas vrai ?

Et si un propriétaire riverain ne respecte pas le règlement ?  

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(photo : Johanne Ratté)

eaupenalitesCet été, à Saint-Armand en tout cas, les rives de tous les cours d’eau seront inspectées et, en cas de non-respect de la réglementation, un avis d’infraction sera remis au propriétaire et on lui expliquera ce qu’il devra faire pour que sa rive soit conforme. S’il ne l’a pas fait avant l’été 2017, des pénalités sont prévues et les travaux nécessaires pourraient être effectués par la municipalité et facturés au propriétaire délinquant. Dans les autres municipalités, on n’est pas certain que les inspecteurs pourront passer en revue toutes les rives, mais l’échéance de l’été 2017 sera la même partout : ça pourrait coûter cher aux proprios dont les rives n’auront pas, en 2017, leur bande de protection réglementaire.

Et ça s’appliquera aux terres agricoles aussi ?

Oui.

Sérieusement ? ! ! !

Il semble bien que oui…

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