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- Gens d'ici -

Lise Voghel, un petit bout de femme à l’énergie extrême

Éric Madsen

En route pour la première place chez les dames, Louise Voghel au Marathon de Québec en 2004.  (Photo : Marasport)

Il y a cinquante et un an arrivait sur terre une fille qu’on prénomma Louise. Une véritable petite boule d’énergie !

Entourée de deux sœurs et de quatre frères, c’est sur une ferme laitière à Saint-Marc-sur-Richelieu que notre boule d’énergie s’active à courir dans l’érablière, à grimper aux arbres, à rêver couchée dans le foin, à trottiner derrière son père, et j’en passe. La maman et le papa travaillent fort, les tâches sont nombreuses, les corvées multiples, et Louise évoque avec plaisir de joyeux souvenirs à la cabane à sucre. « Jeune, j’aimais beaucoup être dehors », de se remémorer Louise. Dans la cour d’école, pratiquant toutes sortes de jeux, elle réussit aussi bien sinon mieux que les garçons. Sage, tranquille et studieuse, c’est sans grandes difficultés qu’adolescente elle parvient, avec un brin de concurrence avec elle-même, à bien réussir sur le plan scolaire. C’est avec facilité qu’elle entre au cégep, puis à l’Université de Montréal, où elle décroche une maîtrise en nutrition. Elle étudie aussi la médecine pendant une année.

À vingt-quatre ans, elle épouse Gilles Robert, un garçon de Farnham, et ils auront trois fils et une fille. La famille grandit dans une belle maison centenaire sur le chemin des Érables, propriété acquise par le couple il y a vingt-sept ans. Depuis l’année des Jeux Olympiques de Montréal (drôle de hasard), elle enseigne l’éducation physique dans une école de Farnham, et à l’école Notre-Dame de Lourdes, à Saint-Armand, depuis cinq ans.

Pendant que la plupart d’entre nous sommeillons encore au creux de l’oreiller, Louise est déjà sur le « piton », améliorant son entraînement pour une prochaine course. Car ce qui fait encore courir cette dame, c’est d’atteindre l’extrême limite de la résistance humaine, en participant d’ici quelques années à une course de type Iron-Man, idéalement celle d’Hawaï, un triathlon d’enfer : vélo, nage,

Elle s’offre une journée de congé par semaine, non sans avoir auparavant couru en moyenne entre 110 et 130 kilomètres, plus de la natation et quelques pointes de vélo, question de garder la forme. Et tout ça ne date pas d’hier, puisqu’elle a fait son premier marathon en 1977 à Rivière-des-Prairies, et qu’à ce jour elle en compte vingt-cinq à son actif. Son meilleur temps à vie : en 1980 à Montréal, avec un chrono de deux heures cinquante et une minutes.

Je vous rappelle qu’un marathon fait 42,2 kilomètres. En 1996, elle participe à son premier triathlon. En 2005, elle est la première Canadienne au fil d’arrivée du prestigieux Marathon de Boston, et elle détient toujours le record canadien du meilleur temps chez les cinquante ans et plus, ce qui fait d’elle une Elite Master au Canada. Ce n’est qu’aux Jeux Olympiques de 1984 que le marathon féminin est inscrit aux compétitions. Il n’y a que le verglas et l’orage qui empêchent notre dame de courir, même que la bordée de neige deviendra un plus à l’exercice et permettra au conducteur de chasse-neige de suivre le droit chemin ! Mais cette course.

athlète aussi performante soit-elle a besoin de soins, d’attentions particulières, et d’une diète appropriée. Bon nombre de mains expertes massent, frictionnent et frottent. Elle consulte des sommités en médecine sportive, et un entraîneur-médecin la suit depuis 2000, permettant d’améliorer ses performances. « Un petit peu de glucosamine avec ça ? » « Oui, depuis que j’en ai donné à ma chèvre malade des hanches, et que j’ai vu le résultat » d’ajouter en riant celle qui aime bien se détendre lors d’un souper tranquille accompagné d’un verre de vin. Une bonne lecture ou un bon film et puis dodo. Louise adore voyager, découvrir les beautés de la planète, sortir des sentiers battus, se dépayser. En 1996, toute la famille s’embarque pour un séjour d’un an dans le sud de la France, les parents profitant d’une année sabbatique.

Pour Louise, qualité de vie et activités physiques vont de pair. Un esprit sain dans un corps sain. Exit la malbouffe. « Éviter la sédentarisation, bouger, faire de l’exercice, changer nos habitudes, on ne s’en portera que mieux », ajoute-t-elle. Sans nécessairement imiter tout ce qui se fait dans les pays scandinaves, par exemple, elle suggère que l’État fasse plus pour inciter, aider, appuyer les parents à inscrire leurs enfants dans toutes sortes d’activités sportives parascolaires. Selon Louise, « il n’y a jamais eu de véritable politique pour encourager l’activité physique ». Cela dit, ce même État profiterait et économiserait sûrement en soins de santé, si sa population était en meilleure forme physique. Et ce n’est certes pas avec un petit « bonhomme peint en bleu » qui incite à le « faire pour toi » que les choses vont s’améliorer. Toutefois le ministère de l’Éducation semble enfin comprendre les bienfaits de l’exercice physique sur les rendements scolaires. À l’école de Saint-Armand, le temps consacré à l’éducation physique a doublé cette année.

Selon Louise, d’autres gestes simples pourraient profiter à tous, comme par exemple, élargir l’accotement de nos routes lorsqu’elles sont repavées nous inciterait  peut-être à enfourcher plus souvent nos vélos. Ces améliorations aux réseaux routiers ne changeraient en rien le cachet actuel et ajouteraient à notre qualité de vie.

Bouger c’est la santé. Bon alors, je vais aller « prendre une marche », et faire comme Louise, apprécier notre bel environnement et souhaiter comme elle qu’on en prenne grand soin.

Pour le plaisir, allez sur Google et tapez Louise Voghel, vous verrez bien.

Merci Louise, à la prochaine !

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