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- Cinéma -

Le festival des films… du monde de Saint-Armand

François Renaud

Il y a quelque temps, dans la foulée des fusions municipales, la nouvelle municipalité de Saint-Armand se dotait d’un journal bimestriel dont le mandat était de contribuer à resserrer le tissu social d’une communauté reconstituée à partir de deux fibres distinctes : Philipsburg et Saint-Armand.

Portraits de citoyens remarquables ;  articles concernant l’agriculture, la culture ou l’éducation ;  comptes rendus d’événements locaux ; humour, caricatures et horoscope ;  entrevues d’élus locaux ;  billets d’opinion… Vingt-quatre mois après sa création, Le Saint-Armand a réussi son décollage et arrive à une étape où il doit non seulement prendre de l’altitude mais également apprendre à voler de ses propres ailes.

Si, jusqu’à maintenant, le contenu de notre journal a été assuré grâce au dévouement de son équipe de bénévoles – rédacteurs, graphiste, caricaturiste, administrateurs – en revanche, en ce qui a trait à son contenant – papier, impression et distribution – Le Saint-Armand doit l’essentiel de sa survie à la complicité de ses commanditaires et, surtout, à l’appui du Conseil municipal qui, à deux reprises, lui a accordé une subvention annuelle. Or, aujourd’hui, comme un adolescent qui fait craquer les coutures de son costume de premier communiant, notre journal est en pleine crise de croissance : acheter une caméra numérique pour les rédacteurs, assumer les frais de déplacements et les communications téléphoniques de ses bénévoles,  augmenter le tirage,  améliorer la distribution, développer une version Internet du journal, etc.  De toute évidence, dans un tel contexte de croissance, le nerf de la guerre c’est le dollar, les dollars… quelques milliers de dollars.

Comme un ado responsable qui ne veut plus demander d’argent à ses parents et qui décide de se trouver un petit boulot on the side, Le Saint-Armand ne veut plus dépendre exclusivement des subventions et a pris la décision de prendre le taureau par les cornes (après tout on est dans une région de ruminants, non ?) pour s’inventer lui-même une source de financement.

C’est dans ce contexte qu’a germé l’idée d’organiser un événement qui, tout en ayant pour objectif d’assurer la survie économique de notre journal, serait susceptible d’offrir à nos concitoyens un divertissement de qualité tout en attirant chez nous des curieux sympathiques qui accepteront, avec un grand sourire, de se faire vider les poches !

Le Saint-Armand se devait d’articuler sa collecte de fonds autour d’un événement mettant en vedette une des ressources naturelles de sa région : soit la vache laitière, soit la culture du maïs, soit l’étonnant chatoiement verdâtre du lac Champlain à la saison estivale. Mais, comme Bedford a déjà sa foire agricole et que la générosité des quelques baigneurs attirés par les eaux malodorantes du lac arriverait difficilement à combler les besoins financiers du Saint-Armand, la direction du journal a su faire preuve d’audace en misant à fond sur sa troisième ressource, le maïs.

Maïs… Maïs soufflé…

Maïs soufflé = Cinéma !

L’équation est naturelle et facile, certes, mais ô combien pertinente pour Saint-Armand !  Car, au-delà de ses tracteurs et de ses moissonneuses-batteuses, de ses cerfs et de ses wapitis, des hélicoptères de la SQ et de ses grands crus de cannabis, Saint-Armand se caractérise également par la densité exceptionnelle de sa population de cinéastes, attirés chez nous par les charmes énumérés plus tôt.  La présence en nos terres des Jacques Godbout, Raoul Duguay, Jean Pierre Lefebvre, André Leduc, Yves Langlois, Ève Lamond et plus récemment de Charles Binamé, n’est certainement pas étrangère à l’éclosion d’une vocation cinématographique locale telle que celle de Guy Édoin.  Et, comme tout ce beau monde qui fait des films vit à Saint-Armand, l’idée s’imposait d’elle-même : on organise un Festival de films…  Le Festival des films… du monde de Saint-Armand !

Mais attention !  Nos cinéastes à nous ne se contentent pas de profiter passivement du spectacle grandiose de la nature, du gigot de wapiti ou du gazon-maudit qui a échappé aux rotors des hélicoptères ;  nos cinéastes à nous ne peuvent résister à la tentation d’utiliser Saint-Armand et sa banlieue comme une puissante source d’inspiration et, souvent, comme décor de leurs films.  « Les fleurs sauvages » et « Les dernières fiançailles » de Jean Pierre Lefebvre ont été scénarisés et tournés ici, au cœur même de Saint-Armand. Quand Jacques Godbout tourne « Traître ou héros », son documentaire sur Adélard Godbout, il y a dans son film quelques segments d’archives qui nous ramènent sur le chemin Saint-Armand des années 40. Quand Yves Langlois, résident de l’arrondissement la Falaise, tourne « L’envol du monarque », le héros de son documentaire est nul autre que Claude Messier dont la famille est originaire de Bedford, banlieue de la couronne Nord de Saint-Armand.  Quand, entre deux longs métrages, Charles Binamé souhaite entretenir la vivacité de son regard cinématographique, il remonte sa rue Des Érables, s’arrête au coin du Chemin Guthrie et nous concocte un magistral portrait de son excellent ami Pierre Gauvreau, le citoyen le plus illustre de l’arrondissement Pigeon Hill.  Quand Guy Édoin décide que la ferme paternelle devra se passer de ses bras parce que lui veut faire du cinéma, il ne part pas au bout du monde, mais au bout de son jardin et tourne son premier court métrage de fiction, en prenant pour décor naturel de son film un des fleurons du génie routier saint-armandois : le Pont Guthrie, le plus petit pont couvert du Québec. Quand la documentariste Ève Lamond lâche ses squatters et ses sujets urbains pour faire un film sur les problèmes de l’agriculture transgénique, c’est un peu beaucoup parce qu’elle a subitement découvert la complexité du monde rural en passant ses quatre derniers étés sur les rotules, dans un potager biologique de Pigeon Hill.  Et quand André Leduc, cinéaste d’animation, décide, lui, de jouer avec l’élasticité du temps et de faire un film d’une durée de 2 minutes avec un événement qui dure, en réalité, 1/1000e de seconde, il ne tourne pas le coït du mâle occidental moyen, mais choisit plutôt de s’inspirer de son environnement immédiat pour filmer, à très grande vitesse, l’éclatement d’un grain de maïs.

Décors somptueux, rencontres historiques, inspiration fulgurante… depuis près d’un demi-siècle, Saint-Armand fournit à ses cinéastes une large portion de la matière première de leurs films ;  aujourd’hui, dans un souci de reconnaissance et de générosité citoyenne, ces remarquables créateurs ont, à leur tour, consenti à mettre au service de leur communauté le produit de leur génie, afin qu’il devienne la matière fondatrice de la campagne de collecte de fonds de notre journal.  Dès lors, chers lectrices et lecteurs, la direction du journal Le Saint-Armand vous invite cordialement à réserver votre fin de semaine de la Fête du travail pour participer activement à l’événement culturel le plus original de l’année : la toute première édition du Festival des films… du monde de Saint-Armand.

CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS ET DES ACTIVITÉS AU PLAN B DU VIGNOBLE DE LA SABLIÈRE DE SAINT-ARMAND

Informations : 248-2634

15 juin-28 août 2005 : Zoom sur la photographie :

Concours amateur de photos Mémoire rurale

Pour plus de renseignements, appelez le 248-2634 ou surveillez les affichettes.

4-5-6 juillet :

CAMP DE DANSE

12-13-14 août ;

LES TROIS JOURS WESTERN DE SAINT-ARMAND comprenant un show Western
le samedi 13 août : journée familiale
Spectacle de théâtre pour enfants : 16 h 30
Exposition de photos sur le thème de la Mémoire rurale au Saloon photographique

du 2 septembre au 16 octobre Exposition dans les commerces locaux :

au café Brin de folie et au Magasin général du village et au vignoble de la Sablière, des oeuvres photographiques primées

le samedi 17 septembre

la Fête des vendanges

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