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- À tire-d'aile -

Les hiboux et les chouettes

Jean-Guy Papineau

Le Harfang des neiges  (Photo ;  Archives Jean-Guy Papineau)

Les hiboux et les chouettes suscitent parfois du dégoût et de l’appréhension. Par le passé, ces oiseaux ont été victimes de superstitions, qui ont comme origine les mœurs de ces oiseaux.

Ils sont nocturnes, ils poussent des cris plaintifs durant la nuit. Certains passaient la journée dans les clochers d’église ou dans les vieux arbres des cimetières et les quittaient seulement la nuit venue.

En Angleterre, on crucifiait les chouettes effraies sur les portes des maisons pour empêcher les esprits malveillants d’entrer dans les demeures. Maintenant, de mieux en mieux connues, elles sont moins persécutées.

Les hiboux et les chouettes aident à régulariser et à contrôler les populations de rongeurs.

On compte quelques 134 espèces de hiboux et de chouettes dans le monde, dont 11 au Québec. Le plus commun au Québec est assurément le grand-duc d’Amérique. On l’entend dès le mois de janvier. Son hululement est résonnant. À la mi-février, la femelle couve ses œufs. Les jeunes quitteront le nid vers la fin mai – début juin. Un couple niche dans le Refuge H. Montgomery depuis très longtemps, et le nid est souvent très visible.

La chouette rayée niche également dans le Refuge H. Montgomery. Elle est plus difficile à voir, mais son chant est tout aussi percutant que celui du grand-duc. Elle fait son nid dans un trou d’arbre et elle est donc très difficile à repérer, car les adultes quittent le nid avant notre arrivée. Les jeunes quittent le nid en juin. À ce moment, il est plus facile de voir la chouette rayée, car elle doit chasser le jour pour nourrir les jeunes.

Le petit-duc maculé est habituellement gris, parfois roux. Ce petit hibou de 22 cm est assez répandu dans notre région. C’est un autre résident permanent du Refuge H. Montgomery. Son gémissement lugubre ne laisse aucun doute sur sa présence. On peut l’entendre durant l’été, mais plus régulièrement en décembre, en avril et en mai. Par contre, il est très difficile de voir ce petit hibou qui a la taille d’un merle d’Amérique, même si sa population dans la région est la plus abondante chez les strigidés.

Une chouette très rare au Québec et même dans le Nord-Est américain est la chouette effraie. Son cri nous donne la chair de poule, un genre de chuintement grinçant. Elle affectionne surtout les vieilles granges et les vieilles maisons abandonnées, qui lui servent d’abri durant le jour.

La petite nyctale, notre plus petite chouette, mesure à peine 20 cm. Très discrète, migratrice, elle vient nous visiter durant l’hiver. Elle préfère les endroits densément peuplés de thuyas, de jeunes bouleaux, et un sol humide. Elle doit aussi nicher dans la région mais nous avons très peu de documentation à son sujet. J’en ai entendu une chanter en mai dernier sur le chemin Pelletier sud.

Le hibou des marais est un migrateur lui aussi. Rare en hiver au Québec, il niche surtout le long du fleuve Saint-Laurent. Il affectionne les terrains marécageux peu profonds et les terres agricoles. C’est le hibou le plus diurne.

J’en ai vu un une seule fois dans la région, en novembre, à Sainte-Sabine. Trois individus ont passé plus de deux semaines à cet endroit.

Le hibou moyen-duc, comme son nom l’indique, a une taille qui se situe entre le grand-duc et le petit-duc. Son habitat est un bosquet de conifères très dense entouré de terres agricoles. Il utilise habituellement un ancien nid de corneille pour élever ses petits. Rare dans la région, il est parfois visible en automne et en hiver.

Le harfang des neiges est visiteur et hiverne dans le sud du Québec. Pour le trouver, il faut sillonner les terrains très ouverts. Il lui faut des endroits ressemblant à sa toundra natale, donc des terres à perte de vue ou presque. Il se nourrit principalement de campagnols des champs, de souris et aussi à l’occasion, d’oiseaux. Son apparition dans le sud de la province est due principalement au manque de nourriture sur son territoire du Nord. Les fluctuations de population de lemmings, sa nourriture principale, tous les trois ou cinq ans, font en sorte qu’il doit quitter son territoire lorsque sa nourriture se fait rare.

Les trois autres espèces ne viennent pas vraiment dans nos régions. Il s’agit de la chouette épervière, de la nyctale de Tengmalm et de la chouette lapone. Superbes, ce sont des chouettes peu farouches parce qu’elles ne voient pas souvent des humains (elles habitent des régions presque désertes du nord de la province). On peut cependant les voir dans la région de Montréal lors d’invasions. La chouette lapone est le plus gros strigidé au Québec, d’une taille de 75 cm en moyenne.

Si vous entendez ou voyez des hiboux, vous pouvez m’en informer au 450-248-7989. Je serais heureux de connaître leur territoire dans la région. Il faut protéger ces oiseaux. Il est interdit de les chasser.

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