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- Aînés -

LA MALTRAITANCE ENVERS LES AÎNÉS ÇA EXISTE VRAIMENT !

La rédaction

L’histoire qui suit est inspirée de plusieurs cas bien réels. En fait, des choses semblables se produisent régulièrement dans la région. Et on n’en parle pas assez.

À 75 ans, Gérard est veuf depuis deux ans. Il habite encore sa maison. Pour ses repas, il profite des services de la Popote roulante. Un employé de la coopérative de services à domicile vient faire son ménage une fois par semaine. Il est bien heureux de ces services parce qu’il ne voit pas comment il ferait autrement. Il trouve difficile de finir ses jours seul.

Son fils de 52 ans a un problème de santé mentale et consomme de la drogue depuis l’adolescence. Il accumule constamment des dettes et, quand il a besoin d’argent, il va voir son père. Gérard a du mal à refuser de l’aider. C’est son seul fils. Au fil des ans, le fils a ainsi grugé presque toutes les économies du père. Gérard en est réduit à s’endetter pour l’aider. Au train où vont les choses, il devra bientôt vendre sa maison ou déclarer faillite.

Un jour, la crainte l’envahit : son fils est devenu agressif lorsqu’il lui a expliqué qu’il ne pouvait continuer à lui donner de l’argent, lui criant après, le poussant et le frappant. Gérard a vu la rage dans son regard. Il sait que son enfant est malade… dans sa tête, dans son cœur et dans son corps. « Va chercher de l’aide professionnelle », lui a-t-il conseillé, mais le fils a refusé, convaincu de ne pas en avoir besoin de cette sorte d’aide.

Gérard ne pouvait plus tolérer la situation ; il avait peur de finir par craquer. Il ne voulait pas dénoncer son fils à la police ; il ne voulait pas lui faire de mal. Mais il se demandait tout de même jusqu’où ça pouvait aller si son fils continuait à le frapper chaque fois qu’il refuserait de lui donner de l’argent. Il en a donc parlé à son ami Pierre qui habite dans une résidence pour aînés pas très loin de chez lui. Son ami lui dit que ça n’avait aucun sens et qu’il fallait aller chercher de l’aide. Pierre avait récemment participé à une activité qui se tenait à sa résidence : une séance d’information sur la maltraitance envers les aînés.

Gérard a commencé par dire qu’il n’était pas victime de maltraitance mais, devant l’insistance de son ami, il a pris son courage à deux mains et a composé le numéro de téléphone que Pierre lui avait donné. Au téléphone, une intervenante l’a écouté, l’a rassuré et lui a proposé une rencontre avec elle. Il a accepté.

Ça s’est bien passé. Ensemble, ils ont fait le point sur la situation. La dame lui a donné de l’information sur les différentes sources d’aide possible et lui a fait comprendre qu’il devait penser à lui-même, à sa propre sécurité, à son bien-être. Elle l’a aidé à comprendre qu’il ne pouvait venir en aide à son fils malade, que si celui-ci ne voulait pas aller chercher l’aide dont il a besoin, Gérard ne pouvait rien y faire. Elle lui a expliqué qu’il devait absolument se protéger et assurer sa propre sécurité afin d’éviter que lui et son fils fassent l’objet d’une histoire d’horreur dans les journaux à sensation. Elle l’a aidé à faire des choix éclairés, à prendre les bonnes décisions.

Finalement, Gérard a accepté de briser le silence et l’intervenante l’a accompagné au poste de police. Ce fut difficile, très difficile ! Comment un père peut-il faire ça à son fils ? Déposer une plainte contre son propre enfant ! Heureusement qu’il pouvait compter sur le soutien de l’intervenante !

Pour les procédures judiciaires qui ont suivi, et ce n’est pas terminé, c’est une intervenante du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) qui l’accompagne à chaque étape. Pour l’instant, le fils est dans une maison de désintoxication. Il peut enfin avoir de l’aide professionnelle. La démarche de Gérard l’a forcé à faire face à ses problèmes. C’était la thérapie ou la prison, le juge a été clair.

Face à un problème comme celui de Gérard, on se sent seul au monde. On a peur et, surtout, on a honte d’en parler. On se tait, on cache la vérité à son entourage. On en vient aussi à se mentir à soi-même, à fermer les yeux sur ce qui se passe, à nier la réalité. Puis on sombre dans la détresse parce qu’on a l’impression qu’on n’en sortira jamais. C’est alors qu’il faut en parler à quelqu’un. C’est ce que Gérard a fait en se confiant à son ami Pierre. Heureusement celui-ci savait quoi lui dire et à qui référer son ami. Qui sait ce qui serait arrivé autrement ?

 

LIGNE AIDE ABUS AÎNÉS

Vous êtes maltraité, vous croyez l’être, ou vous craignez qu’une personne aînée de votre entourage le soit ? N’hésitez pas, téléphonez à la ligne d’écoute et de référence AIDE ABUS AÏNÉS.

C’est un service anonyme et confidentiel, sans frais, accessible partout au Québec, tous les jours, de 8 h à 20 h. Des professionnels expérimentés sont là pour vous écouter, vous conseiller et vous orienter vers les ressources les plus appropriés pour répondre à vos besoins.

Parlez de ce que vous vivez ou de ce dont vous êtes témoin. Ne restez pas indifférent à la maltraitance. Composez le 1 888 489-ABUS (2287).

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