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- Des nouvelles de Dunham -

La Factrie, un modèle à perpétuer

Marie Braeuner

Quelques-uns des nombreux événements organisés par la Factrie au cours de ses cinq années d’existence.

Quelques-uns des nombreux événements organisés par la Factrie au cours de ses cinq années d’existence.Quelques-uns des nombreux événements organisés par la Factrie au cours de ses cinq années d’existence.Au bout de cinq ans d’un foisonnement créatif et militant, la coopérative de solidarité La Factrie de Dunham fermera définitivement ses portes à la fin de l’année, ses fondatrices étant appelées vers de nouveaux horizons. J’ai eu le privilège d’y être employée comme coordonnatrice et j’aimerais rappeler pourquoi la Factrie est un modèle d’engagement citoyen et communautaire nécessaire au dynamisme de nos villages.

La Factrie, c’était d’abord un lieu physique, un atelier fonctionnant comme une ruche, ouvert et accessible à tous. On y croisait cet homme, la soixantaine, apprenant à recoudre ses boutons de chemise, ou cette artiste en pleine recherche, qui étalait ses couleurs sur un coin de table. La radio fonctionnait, mais on l’écoutait peu tant il y a à apprendre des autres, de ces rencontres inopinées qui nous enrichissent parce qu’elles nous confrontent. La Factrie était un lieu de socialisation, à l’instar du café du village ou du parvis de l’église d’autrefois. Les citoyens l’ont compris, nombre de curieux ont passé la porte toujours ouverte et les dons n’ont cessé d’affluer, transformant l’atelier en véritable grotte aux trésors. Si les enfants ont tellement aimé la Factrie, c’est parce qu’on pouvait toucher, sentir, explorer ces textures chatoyantes tout en apprenant à les manipuler.

La coop a aussi été pensée comme un espace de partage des savoirs et une invitation à une réflexion citoyenne collective sur des enjeux sociaux, écologiques ou politiques ancrés dans la réalité de la communauté. Au cours d’ateliers divers, on a testé l’approche de la sociocratie*, suivi des cours d’herboristerie ou été initié à la couture. La valorisation et la transmission des savoir-faire manuels, de la permaculture à la création textile en matières recyclées, ont été les grands enjeux militants de la coop et de ses fondatrices.

Derrière toutes ces initiatives, il y a ces trois femmes exceptionnelles : Maryse Messier, Myriam Bernier et Jolaine Beauregard. Elles ont fait de la Factrie ce qu’elle a été, avec la collaboration de plusieurs membres de passage, dont Marie-Julie Prévost et Francis Coupal. C’est grâce à leurs énergies créatives que des animations comme la Maison Hantée ou la Parade ont coloré le village. Souvent gratuits, ces évènements pour lesquels tous les villageois étaient invités à s’impliquer, ont ainsi favorisé le plaisir collectif et les rencontres de voisinage. Le plus fréquenté est indéniablement le Marché de Noël des Pas Pressés, qui a accueilli près de 1800 visiteurs l’an passé. C’est cette même initiative qui clôture aujourd’hui l’aventure de la coop, comme une parfaite synthèse de tous les mandats qu’elle s’était donnés lors de sa création : favoriser les liens entre les citoyens et les artisans de la région, promouvoir les savoir-faire manuels et la production locale, transmettre aux plus jeunes la connaissance de techniques particulières, sensibiliser à la création écoresponsable et travailler en partenariat avec les villages alentours. En effet, le Marché de la Factrie aura lieu en même temps que celui de Frelisghburg les 15 et 16 décembre. Une programmation complémentaire facilitera la circulation d’un marché à l’autre. La Factrie oriente son offre sur l’artisanat utilitaire, décoratif et textile, tandis que Frelisghburg propose une production gourmande et un artisanat se concentrant sur les arts de la table. Les deux marchés sont installés dans de magnifiques bâtiments patrimoniaux, soit l’église anglicane de Frelighsburg et le Relais de la Diligence de Dunham. Dans les deux cas, vous pourrez rencontrer les talents de notre communauté.

Maryse, Myriam et Jolaine font partie de ces talents. La Factrie ne pourrait poursuivre son mandat sans elles, car elles l’ont marquée de leurs riches personnalités, de leurs pratiques et de leur art. Je crois toutefois qu’elles ont réussi à allumer quelque chose chez beaucoup d’entre ceux qui ont fréquenté la coop. Cette petite lueur qui permet de prendre le pas sur le désengagement et le manque de vision de certaines décisions politiques, en sachant que c’est nous, les citoyens, qui détenons une partie de la solution en créant des villages dynamiques et écologiques. À nous de nous retrouver ensemble autour d’évènements joyeux, inclusifs, créatifs pour favoriser encore plus de « relations colorées » !

Le Marché de Noël des Pas Pressés en est un bel exemple. S’il ne sera plus officiellement organisé par la Factrie, la reprise est assurée et sera un très beau legs à poursuivre encore de nombreuses années !

*La sociocratie est un mode de gouvernance qui permet à une organisation, quelle que soit sa taille — d’une famille à un pays — de fonctionner efficacement sans structure de pouvoir centralisée, selon un mode auto-organisé et de prise de décision distribuée. Elle s’appuie sur la liberté et la coresponsabilisation des acteurs. Source : Wikipédia.

 

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