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Des déchets nucléaires maintenant !

D’après Le Devoir

Un projet fédéral visant à déplacer par camion des déchets nucléaires hautement radioactifs, sous forme liquide, provoque une levée de boucliers de la part de maires québécois. Une quarantaine de municipalités ont adopté une résolution demandant à Ottawa de renoncer à transporter ces résidus d’uranium enrichi de qualité militaire, qui proviennent des laboratoires de Chalk River, en Ontario. Les gouvernements Harper et Obama ont signé un accord pour traiter ces déchets à l’abri des terroristes dans un laboratoire de Savannah, en Caroline du Sud. Moins d’un mois après la catastrophe de Lac-Mégantic, les maires du Québec comptent « tout mettre en œuvre » pour empêcher Ottawa de faire transiter ses déchets nucléaires les plus toxiques par des zones habitées. Les élus réclament des « consultations publiques approfondies », au Canada et aux États-Unis, avant toute décision sur ce sujet sensible.

Ce qui inquiète les maires dans le cas de ces déchets de Chalk River, c’est qu’il s’agit de résidus parmi les plus radioactifs, qu’on déplacerait en grande quantité et sous forme liquide. Les conséquences d’un accident seraient inimaginables, surtout en cas de déversement dans les Grands Lacs, qui alimentent en eau potable 8,5 millions de Canadiens, font valoir les élus municipaux. Les camions transportant les matières radioactives devraient franchir les Grands Lacs pour aller de Chalk River vers la Caroline du Sud. Le parcours prévu des convois est gardé secret par Ottawa et par Washington, pour des raisons de sécurité nationale. « On a fait aveuglément confiance à des entreprises pour le transport ferroviaire. On a vu ce que ça a donné à Lac-Mégantic », dit Gaëtan Ruest, maire de la petite ville d’Amqui, en Gaspésie. Il dirige le Regroupement des municipalités québécoises pour un futur énergétique socialement responsable, qui avait réclamé la fermeture de la centrale Gentilly-2. Cette organisation informelle et d’autres groupes de la société civile ont aussi forcé Ottawa à renoncer à envoyer des déchets nucléaires de la société ontarienne Bruce Power en Suède, en passant par le fleuve Saint-Laurent. « Les élus municipaux ont le devoir de se mêler de ces questions-là. Chaque voix compte. On ne peut pas juste présumer que les entreprises et les gouvernements agissent en bons pères de famille », dit Gaëtan Ruest d’un ton indigné.

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