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- Agriculture -

CARBONE 101 : BOURSE DU CARBONE, EMPREINTE CARBONE, ETC.

Pierre Lefrançois

 

Les changements climatiques ont entraîné une transformation de la gestion financière. On range désormais l’investissement dans la filière fossile dans la catégorie des investissements risqués pouvant devenir des « actifs échoués ». De grandes banques telles que la HSBC et la Deutsche Bank parlent désormais en termes de risques pour l’investisseur. De fait, les entreprises doivent composer avec des coûts appelés à croître de façon exponentielle en raison de la réglementation en matière de gaz à effet de serre et de résidus miniers, et des nouveaux paramètres climatiques. Répondant aux enjeux du réchauffement climatique, banquiers et assureurs ont multiplié leurs engagements à réduire, voire interrompre, le financement du charbon ou à investir davantage dans les énergies vertes (lors d’une réunion tenue à Paris le 22 mai dernier). Il est désormais de bon ton de calculer son empreinte carbone et de chercher à la réduire. Dans le jargon financier, on dit que les pressions sont fortes pour que l’on trouve une façon d’intégrer le coût écologique et celui des externalités dans le prix des biens que l’on fabrique.

Le concept d’externalités, ou d’effets externes, vient de l’écologie et de la biologie. Jusqu’à tout récemment, on le définissait ainsi : effets dus à l’évolution du climat (ou à d’autres changements environnementaux), qui ne peuvent être évalués sur un marché concurrentiel en raison d’une information insuffisante ou de l’impossibilité de tenir compte de cette information.

Elle est bien finie l’époque où l’on considérait les effets externes comme des choses dont on ne pouvait pas réellement tenir compte parce qu’il était impossible de les évaluer et de calculer leur impact sur le plan économique. Celui-ci est désormais bien réel et implacable. Impossible de l’ignorer et de faire comme si de rien n’était. Il faut désormais payer quand on pollue… payer pour de vrai, avec du véritable argent, qui sort pour vrai des poches de ceux qui exercent une activité polluante.

Ce ne sont plus seulement les écologistes (« et autres intellectuels de ce monde », pour reprendre la célèbre phrase de Jean Tremblay, maire de Saguenay) qui en parlent : ce sont maintenant les banquiers, les assureurs, les politiciens, les gestionnaires publics, les industriels et autres gens d’affaires et investisseurs du monde entier, même si quelques dinosaures font encore la sourde oreille, gardant leur tête bien enfouie dans le sable, faisant mine de ne pas voir ni entendre ce qui apparaît désormais comme une évidence à la face de la majorité.

Cela change la donne à bien des égards : non seulement dans le domaine de la production et de la consommation énergétiques, mais également en ce qui concerne l’agriculture et l’agroalimentaire. Et il en sera de plus en plus ainsi, au fur et à mesure que nous avancerons dans ce 21e siècle qui nous réserve encore quelques surprises. Ce qui semblait utopique hier s’impose aujourd’hui par la force des choses.

Depuis l’an dernier (janvier 2014), le Québec et la Californie sont réunis au sein d’une bourse du carbone et l’Ontario annonçait le mois dernier qu’elle s’y joignait. Résultat ? Les fonds générés seront d’autant plus importants. Au Québec, ces sommes alimentent notamment le « Fonds vert » qui doit servir à soutenir le passage de notre société vers des modes de production moins énergivores et moins polluants. On estime que le Fonds vert québécois permettra des investissements de l’ordre de 3,3 milliards de dollars dans les cinq prochaines années. C’est dans cette cagnotte que le ministre entend piger pour verdir notre agriculture.

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