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- COVID-19 et son impact -

Bonduelle, la COVID et la PCU

Guy Paquin

Malgré l’arrivée de plus de 80 Guatémaltèques en juin à son usine de Bedford, Bonduelle est toujours en pénurie de travailleurs. Selon Stéphane Deguire, spécialiste des ressources humaines pour l’entreprise, il reste encore 30 postes à combler. Et, croit-il, la COVID n’aide certainement pas.

« Le paradoxe, c’est que le taux de chômage est en hausse, à cause des ravages de la COVID, mais que ça n’a jamais été plus dur d’embaucher, encore à cause de la COVID, estime celui qui se décrit comme un « spécialiste d’acquisition de talents ».

Que la pandémie ait entraîné la hausse du taux de chômage, cela se comprend facilement. Ce qui est apparemment plus compliqué à saisir, c’est la difficulté accrue d’embaucher alors que tant de personnes sont en panne d’emploi.

« Nous recevons moins de C.V. qu’avant la COVID, croit M. Deguire, parce que beaucoup de gens préfèrent recevoir la Prestation Canadienne d’Urgence (PCU) et rester à la maison que de retourner tout de suite au travail. »

Ce point de vue contredit la perception de Denis Beauchamp, directeur du service de développement économique du Centre local de développement (CLD) de Brome-Missisquoi, qui nous a affirmé que la PCU n’avait pas vraiment d’impact sur les entreprises et leur capacité à embaucher du personnel.

Quoi qu’il en soit de ce débat, Bonduelle a besoin de monde et encore plus que d’ordinaire. Pourquoi ? La COVID, encore et toujours.

La demande pour les aliments congelés de l’entreprise est en hausse depuis le début de la pandémie. « Nous vendions régulièrement aux institutions et aux restaurants mais là, c’est le consommateur qui veut du surgelé. »  C’est que le légume frais n’est généralement pas emballé ce qui peut, d’après la perception du public, transmettre le coronavirus par suite de manipulations par des personnes infectées. Pas le surgelé, pense-t-on.

 Séduire les chômeurs et les autres

Bonduelle met la dernière main à un programme de publicité choc pour attirer de nouveaux travailleurs à son usine de Bedford. On verra bientôt des camions porteurs de publicité circuler à Cowansville, Farnham et Saint-Jean dans le but de convaincre les gens d’y travailler.

« Nous avons beaucoup d’atouts, assure M. Deguire. Nous sommes en croissance, donc les postes à pourvoir sont stables et durables. Nous ne demandons aucune expérience préalable et nous formons nous-mêmes les candidats. »

L’homme reconnaît que le peu de différence monétaire entre les salaires versés aux travailleurs de l’usine et le montant de la PCU peut expliquer qu’on ne se bouscule pas aux portillons pour l’instant. « Ça et les vacances d’été » ajoute-t-il.

Pourtant, le légume, lui, n’attend pas. Le petit pois, par exemple. Ce capricieux exige qu’il ne s’écoule pas plus de quatre heures entre sa récolte et toute la transformation industrielle qu’il doit subir, cuisson, emballage etc. Sans compter que la saison des pois ne dure que six semaines. D’où l’embauche des travailleurs guatémaltèques et la recherche frénétique des trente talents manquants.

Bonduelle en deux mots

Bonduelle emploie 14 500 personnes dans le monde, dont 3 000 en Amérique, 1 400 occupant un poste permanent. Elle réalise un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros (700 millions de dollars canadiens) sur notre continent. Selon la fiche du journal Les Affaires, elle emploie 710 personnes au Québec et son chiffre d’affaires annuel y est de 515 millions de dollars.

 

 

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