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Assemblées à venir sur les éoliennes

Encore 18 à 24 mois de consultations populaires
Guy Paquin

Bientôt dans un champ près de chez vous ? Parc d’éoliennes du type GE 1.5 MW en milieu agricole (Photo : Gracieuseté du Groupe SM International inc.)

Les 50 éoliennes que le Groupe SM souhaite voir se bâtir à Pike River et Stanbridge Station ont un bout de chemin à parcourir avant de commencer à brasser de l’air. Selon David Cliche, ancien ministre de l’Environnement et maintenant directeur du secteur éolien au Groupe SM, deux processus d’examen de la conformité du projet aux normes provinciales doivent avoir lieu avant de penser à construire des éoliennes : « Tout ça peut prendre de 18 à 24 mois », affirme-t-il.

Actuellement, M. Cliche en est à superviser une analyse d’impact environnemental des éoliennes tel que l’exige le ministère de l’Environnement. Ces études sont complexes et mesurent divers impacts, comme on peut en voir sur le site du ministère sous « évaluation environnementale ».

Chauves-souris myopes

« D’abord : la faune », énumère M. Cliche. Au tout premier chef, les collisions d’oiseaux et, encore pire, de chauves-souris. Certains parcs d’éoliennes en Europe ont décimé des centaines voire des milliers de chauves-souris chaque année. En milieu agricole, les chiroptères sont un moyen économique de contrôle des insectes ravageurs. Hélas, les petites bêtes ne font pas renouveler leurs prescriptions de lunettes assez souvent et se cognent régulièrement dans les pales des éoliennes.

Remède ? Le radar. Une onde radar fait fuir les chauves-souris et les collisions cessent. On ne sait trop ce qui agace les chauves-souris dans les systèmes radars, mais des observations faites par des biologistes confirment qu’elles évitent systématiquement ces installations même quand elles se trouvent dans des milieux qu’elles affectionnent d’ordinaire.

« Nous devons aussi mesurer le niveau de bruit occasionné par nos machines. Nous avons également l’obligation de mesurer les courants parasites qu’émettent les génératrices et leur impact sur la réception télé, les communications radios etc. Le plus dur, c’est l’impact visuel. Les dépouilles d’oiseaux ou de petits mammifères volants aux pieds des éoliennes, on peut les compter et faire des projections. Le son se mesure en décibels et les ondes se détectent et se quantifient facilement. L’impact visuel, aucunement. C’est totalement subjectif. Et donc dur à prévoir. »

Cela, il le sait d’expérience, M. Cliche, lui qui a mis à bord d’un autocar quelques dizaines de nos voisins pour leur montrer un parc d’éoliennes dans l’État de New York. « On a recueilli les commentaires au retour et c’est  tranché au couteau. On aime ou on n’aime pas, on trouve cela beau ou laid et puis c’est tout. » Dur à gérer.

Quand l’étude en cours sera complétée, le Ministère décidera si elle répond à toutes ses questions. Si c’est non, SM retournera faire ses devoirs. Si c’est oui, le Ministère fera suivre l’étude auprès du BAPE qui convoquera éventuellement le public à des séances d’information publiques et recevra citoyens et mémoires.

Territoire agricole

D’autres audiences publiques pourraient être convoquées par la Commission de protection du territoire agricole. « Les socles de nos éoliennes sont grands et lourds et ancrés profondément dans le sol. Nuisent-ils au drainage des terres ? C’est le genre de question que peut poser la Commission. »

Pour préparer les esprits et informer sur le projet du Groupe SM, ce dernier prépare des assemblées publiques devant avoir lieu à Bedford fin avril ou début mai. Au moment de notre entretien avec M. David Cliche, la date définitive n’était pas arrêtée. Le projet d’éoliennes de Stanbridge/Pike River s’inscrit dans une demande d’accroissement de la contribution des éoliennes au réseau de production et de transport d’Hydro Québec. La présente tranche vise à augmenter de 50 MW l’apport de l’énergie des vents. Le projet local fournirait 1,5 MW, avec une cinquantaine de machines.

Il va de soi que ce projet avancé chez-nous par le Groupe SM est loin d’être le seul. Pas mal d’entrepreneurs et de coopératives rêvent de remuer de l’air. Le site web du ministère de l’Environnement fait état de projets à Baie des Sables, aux Méchins, à Matapédia, Matane, Rivière-du-Loup, aux Monts Miller et Cooper, à Saint-Hubert, à Beaupré et au parc du Granit.

Tout ce monde-là ne bâtira pas d’éoliennes puisque l’offre excède la demande d’Hydro. Et, on l’a vu, il y a les impacts de toutes sortes, y compris visuel. Ajoutons les impacts économiques. La construction peut créer un peu d’emplois mais une fois le parc d’éoliennes déployé, son entretien requiert peu de main d’œuvre et rarement une main d’œuvre locale. On ne s’improvise pas réparateur de génératrices haut de gamme.

Pour atténuer les impacts visuels et compenser les municipalités déçues du peu de gagne-pain local dérivant des projets d’éoliennes, certains entrepreneurs ont offert des compensations financières aux municipalités, et certaines d’entre elles les ont acceptées se disant sans doute que ça valait mieux que du vent.

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