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- Dossier Eau -

LES CYANOBACTÉRIES ET NOUS

De la magie et des actions
Christian Guay-Poliquin

Lors du dernier budget provincial, l’organisme Bassin Versant de la baie Missisquoi (OBVBM) s’est vu retirer, comme tous les autres OBV, le financement qu’il recevait dans le cadre du plan de sensibilisation aux algues bleues. Bien que le financement statutaire de l’organisme n’ait pas été touché, cette coupure force les responsables à mettre fin à leur Fonds d’aide qui appuyait les initiatives citoyennes et les associations riveraines désireuses de prendre en main la santé de leur plan d’eau. Depuis 2012, l’OBVBM a ainsi reçu puis redistribué 43 000$ permettant la réalisation de projets structurants totalisant des investissements de plus de 105 000$.

Alternativement, une nouvelle source de financement intéressante se dessine du côté des programmes d’adaptation aux changements climatiques. Monsieur Pierre Leduc, président de l’OBVBM, estime qu’il serait possible de faire appel à ce programme pour réaliser des gains sur la qualité de l’eau en améliorant la résilience de notre territoire aux grands coups d’eau, déjà de plus en plus fréquents avec les changements climatiques. Toutefois, il reste à voir comment, en pratique, avoir accès à ces fonds.

Par ailleurs, la promesse du gouvernement Trudeau d’injecter cinq milliards sur cinq ans pour des investissements dans les projets d’infrastructure verte, d’approvisionnement et de traitement des eaux, laisse miroiter certains espoirs. À ce titre, le député fédéral Denis Paradis, qui s’est fait élire avec le mandat de sauver les plans d’eau de Brome-Missisquoi, a garanti qu’il était en mesure de débloquer l’argent nécessaire pour engager la lutte contre les cyanobactéries.
Par contre, une chose est certaine : le fameux traitement choc tant souhaité par Monsieur Paradis pour régler la situation de la baie Missisquoi à l’intérieur d’un mandat semble un souhait utopique. Bien sûr, il existe certaines solutions plus radicales pour séquestrer le phosphore des plans d’eau. D’ailleurs, au moment d’écrire ces lignes, le lac Bromont est en demande d’autorisation en vue de mettre en branle un projet pilote pour un traitement déjà utilisé en Allemagne et en Angleterre. Il s’agit d’une intervention à l’aide du Phoslock, un agent chimique. Si cette solution peut enthousiasmer certains observateurs, il faut toutefois noter qu’elle ne semble être envisageable que pour les petits plans d’eau, l’application dudit produit étant très coûteuse, comme on pouvait s’y attendre… Ainsi le coût du traitement pour les 48 hectares du lac Bromont s’élève à près de 600 000$. Rappelons au passage que la baie Missisquoi est 150 fois plus grande que le lac Bromont. Ça commence à faire des gros chiffres…

De plus, toute intervention de ce genre, pour être durable, doit être accompagnée d’actions majeures visant la source du problème. Il n’y a donc pas de solution miracle ni de traitement choc envisageable à court terme. C’est pourquoi l’OBVBM insiste sur la poursuite et le développement des projets en cours, car ceux-ci visent surtout à travailler en amont du problème, c’est-à-dire dans les champs et dans les agglomérations. Si ces initiatives n’ont pas l’éclat souhaité d’un éventuel traitement choc, elles ont toutefois le mérite de prendre en charge concrètement notre lourd héritage écologique et de tenter de renverser progressivement la vapeur. Voici donc, dans les cartons de l’OBVBM, deux projets importants qui contribueront sensiblement à l’amélioration de la qualité de l’eau dans la baie Missisquoi.

Afin de diminuer l’érosion des rives dans certains cours d’eau particulièrement affectés, l’OB-VBM, en étroite collaboration avec la MRC Brome-Missisquoi, a proposé un projet qui vise essentiellement à s’attaquer au problème à la source. S’il est accepté, ce projet soumis dans le cadre du volet 3.1 du programme Prime-Vert, permettra l’embauche d’une personne à temps plein dont le mandat sera de mettre en place des plans d’intervention détaillés pour chacun des secteurs agricoles ciblés. Une réponse est attendue sous peu.
Dans un deuxième temps, le MAPAQ (ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec) a sélectionné 5 enjeux majeurs à travers le Québec qui pourraient faire l’objet d’un projet de bassin versant agricole. La candidature déposée par l’OBVBM pour l’enjeu « Impact de l’eutrophisation de la baie Missisquoi sur la prise d’eau potable et le secteur récréotouristique » a été retenue. Suivra un appel de propositions du MA-PAQ auquel l’OBVBM entend bien répondre dans les prochains mois avec un projet détaillé.

De plus, l’OBVBM continue à épauler les municipalités qui désirent protéger et mettre en valeur les cours d’eau sur leur territoire. Dans cette perspective, il présente son Plan directeur de l’eau devant les différents conseils municipaux afin de les informer et de les encourager à initier et à soutenir des actions locales.
Pour ceux et celles qui souhaitent obtenir davantage d’informations, l’OBVBM tiendra son assemblée générale annuelle le 20 juin prochain, à 19 heures au Chalet des générations de Venise-en-Québec. Tous les intéressés sont les bienvenus.

* Dans le prochain numéro, nous verrons ce que font nos voisins du Vermont pour protéger leurs cours d’eau et comment se porte la collaboration transfrontalière.

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