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- L'horloge du chemin -

La saga des Demers

14e partie et fin
Robert Demers

L’horloge couleur acajou

L’horloge du chemin de Chambly entra dans la succession d’Alexis Louis et fut en possession de sa veuve Marie Goyette dans la maison de pierre de Henryville pendant 20 ans. Sentant que la fin de sa vie approchait, Marie vendit à sa fille Maria la maison de pierre. La photo de la maison prise vers 1903 montre Marie et sa fille Maria avec des membres de sa famille.

Maria Demers

Maria a épousé Arthur Pigeon, notaire puis avocat de Henryville. En 1908, elle vendit la maison et déménagea avec sa famille à Québec. Je n’ai pas connu Maria Demers Pigeon, la sœur de mon grand-père Louis-Philippe Demers. Par contre, j’ai bien connu son fils Louis-Philippe Pigeon qui était né à Henryville. Il était le filleul de mon grand-père. Il pratiquait le droit à Québec mais venait à Montréal chaque année souhaiter la bonne année à son parrain. Il fut le conseiller juridique du gouvernement Lesage pendant la Révolution tranquille. Toute la législation était passée au crible par lui afin d’assurer une rédaction correcte. Il donna une conférence sur la rédaction des lois cadres du gouvernement à laquelle j’ai assisté. Il fut nommé plus tard juge de la Cour suprême du Canada.

Le notaire Édouard René Demers avait vu juste en misant sur Alexis Louis Demers pour lui succéder dans l’arène politique. Il avait pourtant quatre fils qui auraient pu jouer ce rôle. Il avait sans doute noté les qualités exceptionnelles d’Alexis Louis. Non seulement ce dernier a-t-il été député, mais quatre de ses descendants l’ont été aussi par la suite, deux au pallier fédéral, soit Louis-Philippe Demers et Joseph Demers, et deux au niveau provincial, soit Philippe Demers et Michel Pigeon.

La maison de pierre

 Épilogue

Louis-Philippe Pigeon

Mon grand-père, Louis-Philippe Demers, a hérité de l’horloge du chemin de Chambly lors du décès de sa mère en 1906. Ayant acheté la maison de pierre et ses meubles, sa sœur Maria aurait pu la garder, mais elle s’empressa d’exécuter la volonté de sa mère qui l’avait léguée verbalement à Louis-Philippe. Dans les années qui ont suivi, ce dernier fit décaper l’horloge afin de faire disparaître la peinture verte dont on l’avait revêtue. Il reçut alors un appel téléphonique du décapeur qui lui dit : « Vous savez, Monsieur le juge, votre horloge, elle est en acajou ! ». Mon père m’a raconté que ce fut une surprise totale. À l’époque, personne ne l’avait vue autrement que peinte en verte, ce qui avait été fait dans le but de camoufler son origine lors de la fuite en pleine Rébellion et d’éviter à la famille Demers du chemin de Chambly d’être reconnue. L’horloge du chemin de Chambly existe toujours et j’en suis le sixième propriétaire. Dans douze ans, elle aura 200 ans.

 

 

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