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- L'horloge du chemin -

La saga des Demers

13e partie, chapitre 3
Robert Demers

La campagne électorale

Alexis-Louis connaissait bien l’organisation d’une élection. Ayant démissionné de son poste de maire d’Henryville, il fit le tour des diverses paroisses et municipalités du comté. À tour de rôle, il alla rencontrer les organisateurs locaux du Parti Rouge. Il leur tenait le même discours. La Confédération des Conservateurs était un fait accompli. Le Parti Rouge devait s’unir avec les Réformistes Libéraux pour voir à améliorer la Confédération naissante. Il demandait à ce qu’on organise une assemblée locale où les candidats Molleur et Béchard seraient les principaux discoureurs, accompagnés de plusieurs personnalités du comté.  Molleur, Béchard et leur organisateur en chef, Alexis Louis Demers, firent le tour de chaque paroisse : St. Grégoire, Ste. Brigide, St. Sébastien, St. Alexandre, St. George d’Henryville, St. Athanase.  On avait compté les votants qui les appuieraient. On laissait à Dufresne la ville d’Iberville.

Le résultat des élections

La Loyale Opposition

François Bourassa, Alexis Louis Demers et leurs candidats, Louis Molleur et François Béchard, furent les grands gagnants de cette élection. Charles Laberge, Alexandre Dufresne et Joseph Napoléon Poulin, les membres de l’ancien  triumvirat annexionniste, furent éliminés. Charles Laberge fut battu par François Bourassa tandis que Louis Molleur et François Béchard furent tous deux élus avec de fortes majorités, plus du double des voix obtenues par Alexandre Dufresne, qui fut battu à plates coutures tant au fédéral qu’au provincial. Joseph Napoléon Poulin fut défait par Guillaume Cheval dit St. Jacques. Élu, Félix-Gabriel Marchand fut le seul des alliés de Charles Laberge à sauver sa peau. Dès lors, Charles Laberge cessa de participer comme député aux élections. Sa carrière politique était terminée. Il quitta St. Jean en 1872 et, déçu, retourna à Montréal. Le résultat de l’élection de 1867 dans le comté d’Iberville fut publié en détail dans le journal de l’époque, Le Franco-canadien.

 Alexis Louis Demers devient député

Alexis Louis avait appuyé Louis Molleur et contribué à le faire élire comme député en 1867. Il resta son organisateur. Après avoir été élu 4 fois et avoir été dans l’opposition de façon continue, sauf pour les 18 mois du Gouvernement Joly, Molleur décida d’abandonner la politique pour se concentrer sur les affaires. Entrepreneur né, il décida de ne pas se représenter à l’élection de 1881. Il fit donc appel à Alexis Louis Demers pour le remplacer et lui offrit son appui total. Alexis Louis s’y prépara et fit un retour en politique. Il redevint maire d’Henryville en 1879, puis accéda au poste de préfet du comté d’Iberville en 1880. Il était prêt à se présenter lors de l’élection de 1881. Alexis Louis était un homme bien différent de son oncle Édouard René. On admirait le notaire, on le craignait même, mais il avait beaucoup d’ennemis même en dehors des Conservateurs. Alexis Louis était un homme du peuple, il parlait la même langue. Tout le monde l’aimait sauf les Bleus, bien sûr, mais même eux ne le détestaient pas. Suivant les leçons de Joseph Gariépy, il avait toujours aidé ceux qui avaient de la difficulté à le payer quand, avec son cousin Xavier Darche, il était marchand général.

Louis-Philippe Demers
Adhémar Demers

Les élections lui donnèrent tout de même du fil à retordre. Il avait contre lui l’avocat A.N. Charland, un libéral qui vira son capot de bord et se présenta comme candidat conservateur. Il était sans doute furieux de ne pas avoir été choisi comme candidat par le Parti Libéral. Les conservateurs mirent le paquet, voyant enfin une occasion de se débarrasser de ces Rouges libéraux. D’un côté, il y avait Alexis Louis accompagné de son fils aîné Adhémar, cultivateur de la municipalité de St. Sébastien agissant comme son organisateur et de l’autre, l’avocat Charland avec le curé de la paroisse de St. Sébastien. Ce dernier disait à ses paroissiens que c’était un péché de voter en faveur d’un Rouge. Alexis Louis possédait une terre dans la paroisse de St. Sébastien et payait une forte dîme, ce qui n’empêchait pas le curé de se mêler de politique. Louis Molleur, le député provincial sortant du comté d’Iberville, fit une campagne active pour Alexis Louis de même que François Béchard, le député fédéral. Le journal conservateur L’Écho d’Iberville publia une diatribe contre Demers, Molleur et Béchard, les traitant de tous les noms. Le 2 décembre 1881, Alexis Louis Demers fut élu député du comté d’Iberville avec une majorité de 600 voix. Une majorité importante pour l’époque. Libéral, il faisait maintenant partie de la Loyale Opposition.

Décès d’Alexis Louis Demers

Alexis Louis Demers fut réélu par acclamation en 1886. En compagnie de Bourassa et de son fils cadet, Louis-Philippe Demers, il participa pendant la période électorale aux assemblées en faveur de son collègue libéral Félix-Gabriel Marchand. Quelques jours après l’élection, il fut emporté par une pneumonie. Il est mort dans les bras de ses fils Adhémar et Louis-Philippe.

Le 23 octobre 1886, le texte suivant fut publié dans le journal La Patrie :

Nous avons la douleur d’annoncer la mort d’un vieux patriote, d’un député                libéral, d’un homme de bien, de Mr, Alexis L. Demers MPP. Député du comté                d’Iberville au parlement provincial. Mr. A.L. Demers, ancien marchand                d’Henryville est décédé hier subitement à l’âge de 61 ans. Le 7 octobre dernier               Mr. Demers avait été élu par acclamation député du comté d’Iberville. Il entre en chambre en 1881, après une lutte effarante contre Mr. A. Charland, le traître, qu’il battit par une écrasante majorité. Mr Demers fut marchand pendant de longues années et avait amassé une belle fortune. Il était à la tête d’une riche et   brillante famille. Un de ses fils, (Louis-Philippe Demers) qui avait été clerc chez     Mr. David (L.O.), a été reçu avocat au mois de juillet après un remarquable examen. C’est un jeune homme d’avenir. Mr Demers était un homme au jugement sain et habile. Il était très utile en chambre et rendaient d’énormes services dans les comités. Il était aimé de ses collègues et estimé de ses adversaires. Mr Demers parlait facilement et d’une façon pratique. C’est une perte énorme pour le parti libéral.

 

 

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