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- Des nouvelles de Saint-Armand -

LA FIN D’UNE ÉPOQUE À PHILIPSBURG

Jean-Pierre Fourez

Dimanche, le 31 juillet 2016, après une dernière célébration du culte, l’église méthodiste de Philipsburg a fermé ses portes pour de bon. Il ne manquait que trois ans pour qu’elle fête son bicentenaire. En effet, une première assemblée méthodiste s’est tenue le 20 septembre 1806 puis, en 1819, une chapelle a été érigée qui deviendra le temple que nous connaissons. Son âge vénérable en fait la doyenne des églises méthodistes du Québec.

Le 7 octobre 1819, Philip Ruiter et James Taylor signent l’acte de cession du terrain devant le révérend Richard Williams et les fiduciaires Garett Sixby, A.V.V Hogle, Charles Miller, James Abbott, Jacob Galyor, Arthemus Turner et Alangon Kilborn. Un solide bâtiment à structure de bois est construit sur ce terrain et, petit à petit, les paroissiens vont en revêtir les murs extérieurs de blocs de marbre récupérés dans une carrière locale. Il a fallu trois hivers pour transporter ce marbre par traineau et plusieurs années encore pour achever la construction.

Au début du 19e siècle, les pasteurs missionnaires allaient de village en village et y prêchaient, en échange d’un repas et d’un lit pour la nuit. Pour s’assurer que ces missionnaires s’affranchissaient bien de leur tâche avec toute la foi et la fougue nécessaires, ils étaient souvent « espionnés » par des pasteurs seniors (pratique qui cessera en 1848).

Lors de la rébellion des patriotes, le temple aurait servi de caserne aux soldats et de refuge pour les femmes et les enfants pendant que les hommes étaient au combat. Depuis les grandes fenêtres de la façade, les soldats pouvaient surveiller les bateaux navigants sur le lac Champlain. On raconte que, en décembre 1839, après une journée exécrable de pluie et de neige, le pasteur avait préparé pour la troupe un repas chaud de pommes de terre et de viande…, de quoi ragaillardir du monde bien fatigué ! Après ces périodes de révolte, l’église est revenue à sa vocation première qui était de « convertir les Sauvages et maintenir les colons dans le droit chemin ».

Au début des années 1900, les bancs fermés ont été remplacés par des bancs en arc de cercle fabriqués par des artisans émérites. C’est aussi à cette époque que les fenêtres de verre blanc ont été changées pour des vitraux payés 150 $ le quart de fenêtre par les paroissiens fortunés afin d’honorer la mémoire de leurs familles. En 1906, toutes les fenêtres avaient été changées. À la fin des années 30, l’église a été fermée faute de pasteurs et la congrégation s’est jointe à celle de Bedford jusque dans les années 1940. Dans les années 1950, il y avait une chorale de jeunes qui a poursuivi ses activités musicales jusqu’à la fin des années 1970.

united-church-3Avec le temps et la désaffection de la pratique religieuse, le nombre de paroissiens se réduisant sans cesse, les deux ou trois membres de cette communauté ont pris la douloureuse décision de fermer leur lieu de culte. Ainsi, un dernier service a été célébré ce dimanche 31 juillet, une assemblée joyeuse portée par les chants qui arrivaient à peine à masquer une profonde tristesse. Comme chaque été, le Men’s Gospel Choir (Union United Church de Montréal) a animé pour une dernière fois avec ses hymnes et ses cantiques ce lieu chargé de l’histoire des gens qui ont fait ce pays.

Que va devenir cette église qui reste de toute façon un élément patrimonial de Saint-Armand ? Quelle sera sa vocation future ? Histoire à suivre.

Un grand merci à Velma Symington pour sa grande implication dans la vie de cette communauté et aussi pour les notes qui  ont alimenté cet article.

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