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- Exodus -

Ma Gaspésie à moi

Mathieu Voghel-Robert

Philippe Voghel-Robert

18 août 2007, 7 heures, j’embarque dans l’auto, me voilà parti. Enfin ? Je ne le sais pas encore. Pour de bon ? Au moins pour trois ans. Pourquoi ? Pour aller au « Far-Est », Gaspé, pour aller étudier dans le seul programme de ce genre, une technique en tourisme d’aventure. Avec qui ? Seul, rendu là-bas, personne que je connais, mais au moins, pour le voyage, je suis avec ma mère et ma sœur.

J’ai 16 ans, le secondaire est à peine fini et je pars à l’autre bout de la province. Le voyage est long, très long. Quand on pense que, rendu à Rimouski, seulement la moitié du trajet est fait. Les kilomètres déboulent ainsi que les villes qui commencent à avoir un petit cachet gaspésien : Grosses Roches, Les Boules, Les Méchins, Ruisseau-Castor, Anse-Pleureuse, Manche d’Épée, Murdochville (selon les premières impressions, une véritable ville fantôme au milieu de nulle part, digne du « Far-Est ») Enfin, après 11 heures de voiture et quelques arrêts : Gaspé. Wow ! De l’eau, des montagnes et une petite ville charmante, peut-on rêver d’un meilleur endroit pour faire des études en plein air ?

Une partie de notre terrain de jeux : Les Mines-Madeleine (Photo : Philippe Voghel-Robert)

Gaspé est la métropole de la Gaspésie, d’une population de 5 000  habitants pour le centre-ville et près de 16 000 habitants pour le grand Gaspé, qui s’étend sur plus de 100 kilomètres le long de la côte. Cette année, elle fête le 475e anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier et vit l’année au rythme des festivités : feux d’artifice, spectacles, festivals. Cette ville, qui vivait de la pêche et de la coupe de bois, axe de plus en plus son industrie vers le tourisme et l’éolien.

De plus, le Cégep de la Gaspésie et des Îles occupe une place des plus importantes pour le dynamisme de la ville. Réparti en quatre campus, Grande-Rivière, Carleton, Îles-de-la-Madeleine, c’est celui de Gaspé le plus important avec près de 600 étudiants.

La technique en tourisme d’aventure (TTA) offerte à Gaspé est unique en son genre. Un diplôme d’études collégiales  sur trois ans qui allie cours de base de niveau collégial, cours en plein air et stages en entreprises. Trois années qui s’annoncent trippantes.  Au menu : ski de montagne, trekking, secourisme en région éloignée, canot-camping, sauvetage en avalanche, kayak de mer, cuisine… Le programme se donne en français et en anglais, et comprend 80 étudiants, ce qui en fait l’un des plus gros programmes du Cégep.

Qui va suivre un tel programme ? Des personnes d’un peu partout au Québec, de la France, de l’Île de La Réunion, de la Pologne et même de la Nouvelle-Calédonie. Des personnes de tous genres qui aiment le plein air, mais surtout, tripper.

La première année a pour but de nous donner des compétences techniques pour que tout le monde puisse être au même niveau. C’est une année bien encadrée où nous faisons plusieurs petites sorties de deux ou trois jours. La deuxième année, nous prenons de plus en plus de leadership et nous préparons nous-mêmes nos expéditions, qui durent alors de trois à six jours. Ainsi, le groupe peut déjà grandement évoluer. Durant l’été, entre la deuxième et la troisième année, un stage en entreprise de plein air est demandé. Je suis présentement en train de le faire au camp Kéno, un camp spécialisé dans le canot-camping. J’occupe le poste de canot-master : cours de canot, réparation et événements spéciaux. La troisième année nous prépare à entrer dans l’industrie du tourisme d’aventure. Pendant cette année, deux expéditions de six jours nous attendent, une en trekking dans les monts Groulx (à 330 km au nord de Baie-Comeau) et la deuxième en kayak de mer en Nouvelle-Écosse. De plus, un deuxième stage doit être fait durant l’hiver.

Un tel programme permet de tisser des liens très forts avec des personnes d’un peu partout au Québec grâce aux expéditions et aux sorties que nous faisons ensemble.

Qu’est ce qui m’attend après la prochaine année ? Je ne sais pas encore exactement. Peut-être un bac en géographie et environnement marin à Rimouski, peut-être des voyages, de longues expéditions, ou encore travailler comme guide. Je n’en sais rien, probablement un mélange de tout ça, tant et aussi longtemps que je puisse être entouré d’eau et de grands espaces.

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