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Les débuts de l_occupation de l_Armandie

CARTOGRAPHIE ANCIENNE
Charles Lussier

Le territoire missisquoien élargi a commencé à être occupé de façon structurée après 1792. Les nouveaux cantons correspondaient aux limites des seigneuries de Foucault (à l’ouest de la baie Missisquoi), de Noyan et de la partie nord de celle de Saint-Armand, soit les 22 % de cette seigneurie situés au nord du 45e parallèle. Cette carte-plan illustre le lotissement, suivant le système britannique, de l’ancienne seigneurie française de Noyan. La surface moyenne des lots est de 100 à 120 arpents (85 à 100 acres). Les lignes horizontales A, B, C, D et E représentent les limites des deux grandes propriétés foncières appartenant au lieutenant- général Gabriel Christie (A à B et C à E). À cette époque, Christie était l’un des plus grands propriétaires terriens du Bas- Canada.

La carte a été réalisée par Jesse Pennoyer, un arpenteur expérimenté qui a aussi délimité les cantons de Stanbridge, Sutton et Potton le long de la nouvelle frontière américaine, sur le 45e parallèle. La ligne oblique des seigneuries de Foucault et Noyan constitue toujours l’actuelle limite ouest de Saint-Armand dans la baie Missisquoi. Les lots sont tracés à l’ouest de cette ligne oblique suivant la trajectoire du 45e parallèle, sur une bande de 1 kilomètre au nord de la baie. Les contours des cours d’eau de la carte sont précis. Depuis la venue de l’arpenteur français Auger, en 1731, et jusque vers les années 1850, le nom « Missisquoi » changera souvent sur les cartes. « Missiskouie bay » en est ici un bel exemple. Au coin sud-ouest de la carte, l’ « isle aux têtes » est inscrite. Elle se nomme aujourd’hui l’île Ash, sur laquelle se trouve le pont Jean-Jacques Bertrand qui relie Lacolle et Noyan. La ligne D (lettre absente sur le plan-limite) au sud de la grille des lots, correspond au tracé de l’actuelle route 202 à l’ouest de la baie. La route 133, à l’ouest d’Henryville, suit le tracé de la ligne B.

Ce plan de lotissement témoigne aussi d’une transition de la toponymie locale vers l’anglais, sous l’effet de la présence britannique. De 1796 à 1860, les noms français de territoires déjà occupés sous le régime français, comme la vallée du Richelieu, seront parfois changés pour des noms anglais. Bientôt, les familles pionnières avanceront dans l’actuelle Armandie, prenant possession de leurs lots. Imaginons passer le temps des fêtes à Missisquoi Bay (aujourd’hui Philipsburg) en 1796 ! Les gens avaient-ils des patins ? Joyeuses fêtes à tous et bon repos. Plan of the outlaies of the seigniory of Noyan with the subdivisions of that part of belonging to lieutenant general Christie surveyed in the year of 1796 / Jesse Pennoyer, 1796, Bibliothèque des Archives nationales du Québec (BAnQ)-Centre d’archives de Québec.

Source: Asnong, J. 2007. Chronique de Pike River. Éd. La Soleillée, 271 p. Remerciements à Annie Bigaouette, Bibliothèque des Archives nationales du Québec (BAnQ)

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