Annonce
Annonce

Un dimanche à la campagne chez nous

La rédaction

Extrait d’un épisode Un dimanche à la campaagne à l’Espace Mosaik au Lac Brome

Depuis le début mars, Canal Évasion diffuse la deuxième saison de Un dimanche à la campagne, une série d’émissions à caractère documentaire dont la recherche et la réalisation ont été assurées par François Renaud, un collaborateur régulier du journal le Saint-Armand. Curieux d’en savoir davantage sur la petite histoire entourant la création de cette série, nous avons rencontré l’auteur et réalisateur.

Le Saint-Armand : François, comment l’idée d’une telle série vous est-elle venue ?

François Renaud : Comme ma compagne et plusieurs de mes amis œuvrent dans le milieu des métiers d’art, j’avais, depuis plusieurs années, élaboré un projet de série télé visant à révéler au public l’exceptionnelle créativité et l’habilité qui animent certains de nos meilleurs artisans québécois. J’ai proposé mon projet à une bonne demi-douzaine de producteurs, mais, à chaque fois, je me suis fait répondre que c’était un sujet dépassé et sans grand intérêt. En fait, sans qu’ils ne me le disent aussi clairement, je devinais que, dans leur esprit, ils associaient les métiers d’art à un truc ringard et quétaine, complètement dépassé.

Extrait d’un épisode Un dimanche à la campagne au Vignoble des Côtes d’ardoise de Dunham

St-A. : Et comment avez-vous réussi à les faire changer d’idée ?

F.R. : Je ne crois pas qu’ils aient changé d’idée, du moins ils ne le savent pas encore ! C’est plutôt le hasard qui a servi ma cause et celle des artisans. Un jour, j’ai été approché par Jean Leclerc, un ami producteur à qui Canal Évasion proposait de concevoir une série axée sur le shopping. Au départ, le diffuseur avait imaginé une émission où la « fièvre du magasinage » de l’animatrice devenait le prétexte à la découverte de quelques belles régions du Québec. À partir de cette idée, j’ai proposé un concept où la traditionnelle animatrice fait place à un personnage fictif que la famille, les amis et le métier de « designer à tout faire » obligent à partir à la recherche d’un objet bizarre, rarissime ou purement fantaisiste, recherche qui devient le prétexte pour s’échapper de la ville et sillonner nos jolies routes de campagne.

St-A. : Mais pourquoi avoir laissé tomber l’idée de l’animatrice ?

F.R. : Je pense que, quand on fait appel à un animateur ou une animatrice pour une série télévisée, on subordonne le sujet traité à la personnalité de l’individu qui assume la fonction. Au final, le public retient davantage les réactions de la « vedette » que le message que livrent ses invités. L’exemple le plus évident est celui d’Oprah Winfrey. Même si elle avait interviewé Albert Einstein, au final, c’eût été l’opinion d’Oprah qui aurait importé aux yeux du public… Si Oprah estime ou juge qu’elle peut aller plus vite que la vitesse de la lumière, trois zilliards de personnes vont être d’accord avec elle !

St-A. : Donc, exit l’animatrice.

F.R. : Attention ! Exit le « concept » d’animatrice. Parce que ça prend tout de même quelqu’un pour guider le public.

St-A. : D’où l’idée du personnage fictif.

F.R. : Exact. Et là, on entre dans une autre dimension, beaucoup plus cinématographique. Dans notre série, Hélène, le personnage fictif, ne regarde jamais la caméra et ne s’adresse jamais directement au public. Pourtant, le public est dans une relation d’intimité très forte avec elle… parce qu’il découvre l’univers des invités en même temps qu’elle !

Extrait d’un épisode à l’atelier de Taxidermie Dubois à Val David

St-A. : Hélène, votre personnage, a tout de même un petit côté « vedette » avec sa belle Mustang blanche décapotable.

F.R. : Ça, c’est purement le fruit de ce que j’appelle le « hasard créatif ». Croyez-le ou non, mais dans mon concept original, Hélène se déplaçait en Smart décapotable ! Cependant, comme la directrice des services financiers d’Évasion est la fille du propriétaire de Dupont Ford à Saint-Jean-sur-Richelieu, elle n’a pas supporté qu’on mette autre chose qu’une Ford à l’écran ! Elle m’a présenté son père, un personnage très agréable et sympathique, qui nous a gracieusement fourni une magnifique Mustang durant tout l’été 2010 !

St-A. : Et le choix des artisans, comment l’avez-vous fait ?

Extrait d’un épisode à l’atelier de Taxidermie Dubois à Val David

F.R. : En commençant par des amis proches qui sont eux-mêmes des artisans que je respecte. Je pense ici à ma compagne, Rosie Godbout, une designer textile remarquable qui m’a fait découvrir Saint-Armand ; à Sara Mills et Michel Viala, un couple d’amis potiers qui ont leur atelier à Pigeon Hill ; à deux résidents de Mystic, Jacques Marsot, céramiste, et Sylvie Bouchard, qui pratique la peinture sur soie.

St-A. : Saint-Armand, Pigeon Hill, Mystic… Vous ne vouliez pas mettre trop de kilomètres au compteur de la belle Mustang !

F.R. : On ne peut parler éloquemment que de ce que l’on connaît bien, et je prétends bien connaître notre région. Durant quinze ans, je l’ai sillonnée de part en part en moto et je me suis servi des connaissances acquises durant ces années pour construire la série. En fait, j’ai structuré chacun des épisodes sur le modèle des balades à moto que j’ai faites durant toutes ces années : la randonnée démarre sur un prétexte quelconque, comme dénicher une théière, une chaise ancienne ou faire fabriquer une enseigne, puis cette recherche devient le prétexte à une forme de découverte touristique.

St-A. : À cette différence que votre personnage se déplace en belle voiture décapotable !

F.R. : Exact. Mais, au fond, c’est comme ça que la plupart d’entre nous voyageons. Si je prends l’exemple de l’épisode qui nous a servi de « démo » pour convaincre le diffuseur, le personnage incarné par Hélène Morissette part à la recherche d’un potier qui vit à Mystic. Sur sa route, elle s’arrête pour visiter un magnifique jardin, découvre le pont couvert de Notre-Dame-de-Stanbridge, visite les boutiques de Sylvie Bouchard et Jacques Marsot, puis entre à L’Œuf où elle achète des chocolats qu’elle va déguster durant sa visite de la grange Walbridge.

St-A. : Et vous avez réussi à recréer un rythme aussi soutenu durant vingt-six épisodes ?

F.R. : Sans problème. Et le plus beau, c’est que sur les vingt-six épisodes, vingt-cinq ont été tournés en Montérégie, dans un rayon de moins de 100 km de Saint-Armand ! C’est vous dire la richesse culturelle et touristique de notre région.

Extrait d’un épisode chez l’antiquaire Au fil du temps à Dunham

St-A. : Et à chaque épisode, c’est un peu le même menu ? Un artisan ou deux et découverte touristique ?

F.R. : En gros, oui… Mais il y a parfois des variantes. J’ai tourné deux épisodes en prenant pour thème La Tournée des 20, le circuit de visites d’ateliers d’artistes qui se tient à l’automne dans notre région. Dans ce cas, on ne découvre que des artisans. Même chose pour les deux épisodes que j’ai consacrés au Tour des Arts, dans la région de Sutton.

En revanche, il y a des épisodes où l’on ne rencontre aucun artisan, uniquement des commerçants qui proposent des produits très originaux, comme Les Jardins lac Brome, où les propriétaires ont créé le plus grand jardin d’hémérocalles dans l’Est du Canada, ou encore la boutique Espace Mosaïk, à Knowlton, où monsieur Prud’homme propose, en exclusivité, divers éléments de mobilier en teck importés de Thaïlande. Je me suis également débrouillé pour que, au fil des épisodes, le public puisse découvrir l’originalité et la qualité exceptionnelle de certains produits de notre terroir, tels le vin de glace du vignoble Chapelle Sainte-Agnès, près de Sutton ; les chocolats Colombe, créés à l’Ange-Gardien ; les produits de La Girondine, à Frelighsburg ; ou la passion du boulanger Phil Baker, à Stanbridge East.

St-A. : Croyez-vous que votre série connaîtra une troisième saison ?

F.R. : Pour le moment, je n’en sais rien. Le diffuseur devrait prendre une décision sous peu. C’est une décision qui relève d’un ensemble de facteurs complexes : cotes d’écoute, budgets publicitaires, crédits d’impôts, etc. Et ce monde-là, ce n’est vraiment pas mon rayon. Mais, avant de penser à une troisième saison, je vous suggérerais de bien profiter de la deuxième… Vous allez y découvrir des créateurs remarquables et, dans certains cas, vous rendre compte que ce sont vos voisins !

Un dimanche à la campagne est diffusé à l’antenne de Canal Évasion

Vendredi : 18 h 30

Dimanche : 6 h 30

Mercredi : 12 h 30

Jeudi : 17 h

Extrait d’un épisode Un dimanche à la campagne au Vignoble des Côtes d’ardoise de Dunham

 

Extrait d’un épisode à l’atelier de Taxidermie Dubois à Val David

Extrait d’un épisode chez l’antiquaire Au fil du temps à Dunham

Laisser un commentaire

Nous n’acceptons pas les commentaires anonymes et vous devez fournir une adresse de courriel valide pour publier un commentaire. Afin d’assumer notre responsabilité en tant qu’éditeurs, tous les commentaires sont modérés avant publication afin de nous assurer du respect de la nétiquette et ne pas laisser libre cours aux trolls. Cela pourrait donc prendre un certain temps avant que votre commentaire soit publié sur le site.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Avez-vous lu?
Consulter un autre numéro: