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Un toit pour ailes, un nid pour œufs

Vum, Ova, Oeuf
Marie-Hélène Guillemin-Batchelor

Brouillés, pochés, mollets, une chose est certaine, les œufs, on les aime frais.

Sur l’emballage, la date de péremption est indiquée. Mais sait-on quand ils ont été pondus ? Et dans quelle condition ? Que non ! Pour ceux qui n’ont jamais visité un poulailler industriel, voici un aperçu de la vie de la poule dont vous mangez l’œuf.

Chair de poule

Cette industrie profitable a débuté avec l’ère de l’automatisation, à l’issue de la deuxième Guerre Mondiale. La création d’équipements de plus en plus sophistiqués a conduit à l’élevage des poules en batterie. Confinées dans des cages étroites, privées de la lumière du jour, sans air extérieur, elles ne peuvent bouger que la tête entre deux barreaux afin d’ingurgiter une moulée enrichie de vitamines chimiques, d’antiviraux, d’antibiotiques, et, parfois, d’un supplément d’oméga-3 en prime. De l’autre côté des barreaux, elles pondent inlassablement des œufs. Acheminés sur convoyeurs, ces derniers sont lavés, calibrés, inspectés, datés et emballés pour se retrouver chez votre épicier.

Savez-vous que la poule chante quand elle pond un œuf ? Par contre, celle qui travaille à la chaîne ne chante pas. Le spectacle de ces industries aviaires n’est pas réjouissant.

Il est même carrément cruel. Quiconque a visité ces poulaillers développe une réaction épidermique à la vue d’une douzaine d’œufs dans son carton grisâtre. Cela s’appelle avoir la chair de poule. Au Québec, on compte une centaine de producteurs d’œufs industriels, qui possèdent plus de trois millions de poules pondeuses, lesquelles pondent 86 millions de douzaines d’œufs. (Par jour, par semaine, par mois, par an ?)

C’est payant, cela nourrit du monde, mais l’œuf n’a plus le goût de l’œuf. Quant au sort des poules… quelle tristesse !

Gallus gallus domesticus  ou « Ah, si j’avais des poules… »

Mis à part la beauté de sa forme pure, lisse et parfaite, l’œuf est, dans toutes les civilisations, toutes les coutumes et la plupart des religions, le symbole du renouveau et de la création. C’est aussi un superbe aliment complet. À condition qu’une poule le ponde dans de bonnes conditions. Un œuf pondu par une poule en liberté n’a absolument rien de comparable avec un œuf de production industrielle. Une fois qu’on y a goûté, on le sait. Et on veut toujours en retrouver la saveur. Alors pourquoi ne pas garder une poule ou deux ? Pourquoi ne pas s’offrir le plaisir de récolter un œuf tout chaud que poupoule nous aura pondu dans la paille ? Compliqué ? Pas du tout.

C’est en discutant avec Renée Ducharme, une jeune femme charmante de Dunham, que toutes les questions du genre « par quoi commencer et comment faire pour avoir de bons œufs » ont trouvé réponses.

Faites vos œufs…

Renée Ducharme est agronome. Ayant travaillé une quinzaine d’années dans la production industrielle aviaire, elle en connaît un bout sur le sujet. Et ses connaissances l’ont incitée à concevoir des poulaillers à la portée de tous. Afin que l’on connaisse  le plaisir d’avoir des œufs frais mais aussi celui d’avoir un animal de compagnie inusité et utile : la poule. Contrairement à la croyance populaire, la poule est loin d’être stupide ou dénuée de sentiments. C’est un animal sociable, intelligent et qui, comme le chien ou le chat, a son caractère propre. Comme tout animal domestique, elle a besoin qu’on lui donne de bonnes choses à manger, de l’eau fraîche à boire, un abri douillet pour dormir et beaucoup de tendresse. Avec tout ça, elle vous donnera gracieusement environ un œuf par jour. Idée géniale et pratique : Renée Ducharme a conçu des abris de poules ambulants, des poulaillers mobiles dont elle offre trois modèles. Ils sont grillagés de partout : dessous et côtés pour éviter les prédateurs (renards, rats, ratons laveurs, vautours et compagnie). À l’étage, il y a la « chambre » avec perchoir et nichoir, le tout protégé par un toit et des structures construites en cèdre ou en épinette. Le cèdre est imputrescible et n’est pas attaqué par les insectes. Pas besoin de le peindre ou de le teindre, ce qui évite aux poules de renifler des odeurs chimiques. À l’extérieur, une porte dans les nichoirs permet d’aller récolter les œufs.

Poulaillers… itinérants

Donc le jour, les poules sont au rez-de-chaussée, picorant l’herbe fraîche, les insectes et les vers là où le poulailler est posé. Ce qui est bon pour son alimentation et complète la moulée de céréales. Donnez-leur des déchets de table, dont elles se régaleront. C’est cette alimentation diversifiée qui fait que les œufs ont bon goût. Quant à leurs rejets, ils enrichissent le sol et forment du compost. C’est alors le temps de déplacer le poulailler vers une autre aire de verdure, gazon, pré ou prairie.

llustrations des poulaillers mobiles : Bruno Poirier

Voilà pourquoi les poulaillers sont mobiles : pas besoin de les nettoyer chaque jour, on change l’emplacement et le tour est joué. Il ne reste plus qu’à mettre de la paille fraîche dans les nichoirs du haut.

Nids de poules

Et l’hiver ? Renée Ducharme vous dévoilera tous les secrets du bien-être des poules. Elle affirme que les cocottes sont garnies de plumes, tout autant que les geais bleus et les cardinaux qui se baladent à -30°C. Les poules dorment les unes contre les autres et se gardent au chaud ; seule la crête peut geler, mais on peut installer une ampoule qui apportera de la chaleur.

Son idée de poulailler ambulant remporte un vif succès dans les zones urbaines, mais convient tout autant pour un petit jardin de campagne. Pendant que les citadins s’évertuent à aménager des fermes urbaines, à planter des toits verts et à installer des ruches sur leurs terrasses, à la campagne, on fait le contraire : on bétonne, on cimente et on asphalte pour ressembler à la ville !

Œufs du jour

Contrairement à ce qu’on a longtemps cru, le cholestérol de l’œuf n’accroît en rien le risque de souffrir de troubles cardiovasculaires. L’œuf renferme des protéines de haute valeur et neuf acides aminés essentiels à l’organisme, notamment pour la santé de la peau, des muscles et des os. La choline (vitamine B) qu’il renferme joue un rôle important pour la mémoire et les facultés cognitives. Le jaune comprend deux puissants antioxydants qui contribuent à contrer le vieillissement et à prévenir la formation de cataracte, la dégénérescence maculaire et les maladies cardiovasculaires.

Va t’faire cuire un œuf…

L’œuf est le meilleur aliment rapide santé. C’est l’aliment dépanneur qui se prépare en un tour de main. De la simple omelette aux fines herbes aux recettes plus élaborées, comme les œufs mimosa ou bénédictine, de la meringue aux œufs durs aux anchois, tout est possible. Aller se faire cuire un œuf tout frais sorti d’un poulailler mobile, sachant que la cocotte a mangé de bonnes choses et qu’elle caquette de bonheur, c’est vraiment se faire plaisir et prendre soin de sa santé à peu d’œufs frais (ah, ah, ah !) Alors, à la question : « l’œuf ou la poule ? », je réponds sans hésiter : « les deux ! ».

Renée Ducharme est à Dunham. Son entreprise a pour nom Un toit pour Ailes, Un nid pour Œufs. Ses poulaillers sont de véritables petites merveilles et même son site Web (www.untoitpourailes.com) est magnifique. Elle vous guidera, au besoin, dans vos débuts. On peut la joindre au (450) 295-2548.

  1. Bonjour,

    Lorsqu’on tente d’accéder au site de « Un toit pour ailes, un nid pour oeufs », on arrive sur un site japonais. Est-ce le bon lien qui est dans votre article?

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